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Départ du Dr Kawol
«Un signal de peur envoyé aux fonctionnaires»
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Départ du Dr Kawol
«Un signal de peur envoyé aux fonctionnaires»
Cette controverse intervient dans le sillage de la mise à la retraite prématurée du Dr Dhanandjay Kawol, «Secretary for Public Service». Son départ a provoqué une onde de choc dans la haute fonction publique, où plusieurs cadres parlent en privé d’un «précédent préoccupant» pour l’indépendance administrative de l’État.
Le haut fonctionnaire de carrière a été prié de quitter ses fonctions jeudi dernier, quelques semaines après la diffusion d’une circulaire encourageant le télétravail et les horaires flexibles dans la fonction publique afin de réduire l’impact de la crise énergétique liée au conflit au Moyen-Orient. La mesure découlait d’une décision prise par le Conseil des ministres le 10 avril.
Selon deux hauts fonctionnaires ayant requis l’anonymat, le départ du Dr Kawol est perçu comme un signal inquiétant envoyé aux cadres de l’administration. «Beaucoup de 'Senior Chief Executives' sont choqués. Il a simplement exécuté une décision du Cabinet. Si cela peut arriver à quelqu’un de son rang, cela peut arriver à n’importe qui», affirme l’un d’eux. Un autre haut responsable évoque «une atmosphère de peur» au sein de certains ministères. «Les fonctionnaires vont désormais hésiter avant d’agir, même lorsqu’une décision officielle a été prise. On risque une administration paralysée par le calcul politique», dit-il.
La circulaire, connue comme la «Circular Note No. 14 of 2026», demandait aux ministères d’examiner, selon leurs réalités opérationnelles, la possibilité du télétravail, du travail hybride ou d’horaires flexibles. Elle excluait notamment les services essentiels, les forces disciplinées et le secteur de la santé. Le ministre de la Fonction publique et des réformes administratives, Raj Pentiah, avait déclaré mercredi dernier qu’il n’avait «pas été consulté» avant la mise en œuvre de ces mesures.
Pour un ancien «Permanent Secretary» aujourd’hui à la retraite, cette affaire dépasse largement le cas personnel du Dr Kawol. «Dans les démocraties de tradition Westminster, la fonction publique repose sur la continuité et la neutralité. Quand un haut fonctionnaire est sanctionné pour avoir appliqué une décision gouvernementale, cela fragilise toute l’architecture institutionnelle», estime-t-il.
Titulaire d’un doctorat en administration des affaires, le Dr Kawol avait occupé plusieurs postes stratégiques au sein de l’administration et dirigé des délégations officielles à l’étranger. L’affaire intervient dans un contexte de hausse des prix de l’électricité et des carburants à Maurice, alimentant les critiques sur la gestion gouvernementale de la crise énergétique.
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