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En marge du budget 2026-2027
A l’integration sociale : Le pari de la transformation d’Ashok Subron
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En marge du budget 2026-2027
A l’integration sociale : Le pari de la transformation d’Ashok Subron
■ En 12 mois, le ministère de l’Intégration sociale, de la sécurité sociale et de la solidarité nationale a multiplié les chantiers.
Depuis son arrivée à la tête du ministère de l’Intégration sociale, de la sécurité sociale et de la solidarité nationale,Ashok Subron imprime progressivement sa marque sur un portefeuille aussi sensible que stratégique. Entre inclusion numérique, réforme des pensions d’invalidité, lutte contre la maltraitance des personnes âgées et refonte des mécanismes d’aide sociale, le ministère a multiplié les annonces et les chantiers de transformation.
L’un des projets les plus visibles, cette année, reste sans doute le Free Internet Scheme. Présenté comme un outil de réduction de la fracture numérique, ce programme, doté d’un budget de Rs 85 millions, vise à offrir une connexion internet gratuite à 7 000 foyers inscrits sur le Social Register of Mauritius, soit près de 27 000 personnes.
À l’Assemblée nationale, le ministre Subron a défendu ce projet comme un levier d’inclusion sociale et d’autonomisation. En seulement deux mois, 5 191 foyers ont déjà été connectés, représentant environ 70 % des bénéficiaires ciblés. Rodrigues affiche même un taux de connexion de 90 %, avec 2 415 foyers déjà reliés au réseau.
Le projet repose sur une plateforme numérique spécialement développée pour faciliter le déploiement du programme. La National Empowerment Foundation a également envoyé plus de 6 000 notifications aux bénéficiaires potentiels afin qu’ils choisissent leur fournisseur d’accès à l’internet.
Au-delà de l’accès au web, Ashok Subron insiste sur les perspectives offertes par cette mesure : accès à l’éducation en ligne, amélioration des compétences numériques et nouvelles opportunités d’employabilité dans une économie de plus en plus digitalisée.
Maisons de retraite sous surveillance
Autre dossier sensible : celui des maisons de retraite. Interpellé au Parlement après plusieurs incidents survenus dans des établissements accueillant des personnes âgées, le ministre Subron a dressé un constat sévère sur l’état du secteur. Aujourd’hui, 85 maisons de retraite sont officiellement enregistrées à Maurice mais 11 établissements opérant illégalement ont été identifiés depuis son arrivée au ministère. Certains cas ont particulièrement marqué l’ac- tualité, notamment à Mon-Goût, Pereybère et plus récemment à Forest-Side, où un meurtre a été signalé dans une maison de retraite.
Face à cette situation, le ministère de l’Intégration sociale a considérablement renforcé les contrôles. Pas moins de 1 044 inspections ont été menées en 2025, avec des visites mensuelles dans les établissements privés et des contrôles renforcés dans les institutions caritatives. Ces opérations ont permis de détecter cinq cas de maltraitance actuellement sous suivi.
Ashok Subron affirme également avoir hérité d’un système où les dispositions légales étaient peu appliquées depuis plusieurs années. Pour y remédier, une série de mesures a été enclenchée : signalement systématique des abus à la police, nouveau protocole de traitement des plaintes, moratoire pour la régularisation des établissements et audit complet du secteur.
Des amendements législatifs sont également en préparation afin de renforcer la protection des personnes âgées, notamment à travers l’application de certaines dispositions de la Protection of Elderly Persons Act.
Vers une réforme des pensions d’invalidité
Le ministère s’est aussi engagé dans une réforme particulièrement attendue : celle des pensions d’invalidité. Mené avec le ministre délégué Kugan Parapen, ce chantier vise à moderniser un système souvent critiqué pour ses lenteurs administratives et certaines décisions jugées incohérentes. Parmi les changements envisagés figurent la révision du fonctionnement du Medical Board, l’amélioration du mécanisme d’appel et une approche jugée plus humaine dans l’évaluation des bénéficiaires. Le ministre Subron a notamment reconnu les difficultés rencontrées par certaines familles et évoqué une volonté d’étendre progressivement les évaluations médicales à domicile aux personnes âgées de plus de 85 ans, voire à partir de 80 ans.
La digitalisation du système constitue également un axe majeur de la réforme. Le projet e-Social Security devrait permettre une numérisation complète des services d’ici deux ans. Autre mesure saluée : l’accélération du paiement des pensions. Désormais, les bénéficiaires reçoivent leurs allocations avant le début du mois, surtout quand le premier du mois tombe soit un jour férié soit en week-end et cela évite les retards récurrents.
Nouvelle approche de la pauvreté
Mais la réforme la plus ambitieuse engagée par le ministère pourrait bien être celle de la politique sociale elle-même. Face à la hausse du coût de la vie et à la précarisation d’une partie de la classe moyenne, Ashok Subron souhaite revoir en profondeur les critères d’aide sociale.
Le ministère travaille actuellement sur un système à plusieurs niveaux d’accompagnement. En sus des aides destinées aux personnes vivant dans la pauvreté absolue, un nouveau mécanisme de dedicated support devrait être mis en place pour les ménages à revenus modestes, mais non éligibles aux aides classiques. Ce soutien pourrait inclure du matériel scolaire, des aides au logement ou encore des contributions pour certaines dépenses essentielles.
En parallèle, le gouvernement finalise l’introduction d’un *Multidimensional Poverty Index, développé en collaboration avecStatistics Mauritius et l’université d’Oxford. L’objectif est de dépasser les simples critères monétaires afin d’intégrer d’autres formes de précarité : logement, éducation, accès aux services essentiels ou conditions de vie. Pour Ashok Subron, cette approche marque un changement de philosophie. «Nous allons vers une révision de ces chiffres car c’est une base de quantification monétaire, qui est inacceptable», a-t-il soutenu.
Après 12 mois, le ministère affiche donc une volonté claire : transformer la sécurité sociale en un outil plus moderne, plus connecté et davantage centré sur les réalités sociales actuelles. Reste désormais à concrétiser ces réformes sur le terrain et à convaincre que ces annonces pourront produire des résultats durables pour les populations les plus vulnérables.
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