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Main-d’œuvre étrangère
Le droit à la protection sociale, à l’équité et au respect
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Main-d’œuvre étrangère
Le droit à la protection sociale, à l’équité et au respect
Jane Ragoo, de la CTSP, œuvre pour un meilleur encadrement des conditions de travail et de vie des travailleurs étrangers. ? Dev Ramkhelawon
De la manufacture à l’hôtellerie, en passant par la restauration et la construction, de nombreux secteurs s’appuient désormais sur les travailleurs venus de l’étranger pour pallier le manque de personnel local. Si leur contribution à l’économie est largement reconnue, des voix s’élèvent de plus en plus pour dénoncer leurs conditions de vie et de travail jugées difficiles, voire inéquitables. Des travailleurs affirmeraient ne pas avoir été pleinement informés des réalités auxquelles ils seraient confrontés une fois à Maurice. Promesses non tenues, conditions de travail différentes de celles prévues dans les contrats ou encore difficultés d’adaptation… autant de situations qui alimentent un sentiment de désillusion.
La Confédération des travailleurs des secteurs public et privé (CTSP), dans une récente vidéo, a souhaité mettre en lumière ces problématiques. Sa secrétaire, Jane Ragoo, insiste sur un point essentiel : «Il ne s’agit pas d’être contre la venue de travailleurs étrangers, mais de veiller à ce qu’ils ne soient pas exploités.» La CTSP, souligne-t-elle, accompagne ces travailleurs depuis plusieurs années, mais constate une recrudescence des plaintes depuis la pandémie de Covid-19. Originaires de Madagascar, du Népal, du Bangladesh, de l’Inde, du Sri Lanka ou encore des Philippines, ils rapportent des difficultés récurrentes.
La promesse et la réalité
Parmi les problèmes évoqués figurent la confiscation de passeports, des salaires partiellement versés ou encore des écarts entre les fonctions promises et celles réellement exercées. «Un travailleur recruté comme opérateur peut se retrouver à effectuer des tâches de helper, sans ajustement de salaire», explique Jane Ragoo. Face à cette situation, la CTSP a mis en place un Migrant Resource Center, espace dédié où les travailleurs peuvent s’exprimer librement et chercher assistance. L’organisation évoque des conditions de travail parfois inadéquates, notamment en matière d’équipements de protection ou d’hygiène sur les lieux de travail.
Autre point soulevé : l’accès aux mécanismes de recours. Contrairement aux travailleurs mauriciens, qui peuvent plus facilement se tourner vers les instances compétentes du ministère du Travail, les travailleurs étrangers doivent souvent passer par des procédures plus complexes, notamment via la Migrant Unit. Un manque de ressources humaines au sein de cette unité est pointé du doigt, ce qui pourrait ralentir le traitement des dossiers.
Jane Ragoo déplore par ailleurs certaines idées reçues, notamment celle que les travailleurs étrangers ne seraient pas autorisés à se syndiquer. «C’est totalement faux», affirme-t-elle, précisant que cette désinformation contribue à leur isolement. Elle exprime aussi des inquiétudes quant à la décision récente du Cabinet de légaliser les labour contractors, estimant que cela pourrait compliquer davantage la traçabilité des responsabilités en cas de litige.
Enfin, la question du recrutement via l’Economic Development Board est également soulevée. Alors que ce dispositif était censé concerner des travailleurs percevant des salaires plus élevés, certains cas observés semblent déroger à cette règle, soulevant des interrogations sur l’application des critères. Dans ce contexte, la CTSP appelle à une vigilance accrue et à un renforcement des mécanismes de protection. Pour l’organisation, un principe doit prévaloir : garantir des conditions de travail décentes pour tous, sans distinction de nationalité.
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