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Hausse des prix des carburants

Michael Sik Yuen : «Nou pa kone si pri lesans pou monte ankor. Nou priye ki sa lager-la fini au pli vit»

17 avril 2026, 07:00

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Michael Sik Yuen : «Nou pa kone si pri lesans pou monte ankor. Nou priye ki sa lager-la fini au pli vit»

■ Selon le ministre du Commerce Sik Yuen, «si on appliquait le prix du marché hier, l’essence serait autour de Rs 73,55 et le diesel à Rs 109,77.» © Abel Pel

Le ministre du Commerce, Michael Sik Yuen, a tenu hier une conférence de presse dense et sans détour, abordant à la fois la récente hausse des prix des carburants, les perspectives économiques et les mesures de protection des consommateurs. Pendant près de deux heures, il a multiplié explications techniques, mises en garde et annonces, tout en répondant aux critiques. D’emblée, le ministre a planté le décor: la situation pourrait se détériorer davantage. «Il y a une forte possibilité que les prix des carburants augmentent encore.» Maurice subit, comme le reste du monde, les conséquences de la guerre au Moyen-Orient.

? Taxes : Pas de réduction

Face aux appels répétés à une réduction fiscale, Michael Sik Yuen est catégorique : «Il n’y aura pas de réduction des taxes». Il a justifié cette position par la nécessité de financer les subventions et les services publics. Et a insisté : «Comment finance-t-on les subventions, l’éducation gratuite, la santé gratuite, le transport gratuit? Il faut être sérieux. Si on enlève les taxes ici, il faut compenser ailleurs.»

Le ministre a rappelé que les recettes fiscales issues des produits pétroliers contribuent directement à soutenir des produits de base tels que la farine, le riz, le lait infantile ou encore certains médicaments. Il est longuement revenu sur la situation du Price Stabilisation Account (PSA), qu’il dit fortement déficitaire. À l’arrivée de l’Alliance du changement au pouvoir, le déficit combiné sur l’essence et le diesel atteignait plusieurs milliards de roupies. Il n’a pas manqué de tacler l’ancien régime qu’il accuse d’avoir «vidé la caisse» et «met pri gaz Rs 190 zis pou kouyonn dimounn pou gagn eleksion». «Aujourd’hui, nous avons réduit considérablement le déficit, mais il reste important, notamment pour le diesel», a-t-il précisé, ajoutant que sans ajustement des prix, ce déficit pourrait atteindre Rs 2,3 milliards d’ici juin 2026. «On ne peut pas continuer ainsi. Il faut redresser la situation.»

Michael Sik Yuen a également expliqué que les prix actuels restent inférieurs aux prix réels du marché, grâce à un mécanisme de moyenne sur six mois. «Si on appliquait le prix du marché hier, l’essence serait autour de Rs 73,55 et le diesel à Rs 109,77. Mais grâce au système, on amortit le choc pour les consommateurs.» Ce système, selon lui, permet d’éviter des hausses brutales immédiates, contrairement à d’autres pays.

? Stocks : Situation «sous contrôle»

Sur la question de l’approvisionnement, le ministre a voulu rassurer. Le pays dispose actuellement de réserves suffisantes d’essence pour 39 jours, de diesel pour 41 jours et de gaz pour 49 jours. Il a également souligné que la gestion des stocks a été renforcée depuis 2025, mettant fin aux ruptures fréquentes observées auparavant, notamment à Rodrigues.

? Abus : Tolérance zéro

Le ministre a averti les stations-service ayant refusé de servir des clients avant l’entrée en vigueur des nouveaux prix : «Il y aura des conséquences. Ce genre de pratique est inacceptable.» Par ailleurs, il a encouragé les consommateurs à signaler tout abus via la hotline du ministère.

Sur le front du coût de la vie, Michael Sik Yuen a annoncé la préparation d’une nouvelle liste de produits qui seront intégrés au système de Maximum mark-up. Ce dispositif encadre déjà plus de 25 000 produits, représentant selon lui plus de 80% des biens de consommation. Il impose une marge maximale aux commerçants afin de limiter les hausses abusives. Au moyen de plusieurs exemples, le ministre a affirmé que certains produits sont aujourd’hui moins chers qu’en novembre 2024 : «Le maximum mark-up fait son travail. Sans cela, les prix seraient bien plus élevés.»

? À venir : L’«effet domino»

Interpellé sur le poids des sacrifices demandés à la population, Michael Sik Yuen a assumé une ligne de fermeté : «Le monde entier souffre. Maurice ne peut pas être une exception… et si les prix baissent à l’échelle mondiale, nous les baisserons aussi.» Le ministre a indiqué que l’inflation alimentaire reste contenue pour le moment, avec une tendance autour de 4 % en ce début d’année, en baisse par rapport aux pics observés entre 2022 et 2023. Mais il a averti d’un «effet domino» lié au carburant, susceptible d’impacter l’ensemble des prix.

En conclusion, le ministre a lancé un appel à la responsabilité, tant des acteurs économiques que des citoyens : «Nous devons faire preuve de sérieux. Il faut éviter la démagogie et comprendre les réalités économiques.»

En clair : le gouvernement va s’atteler à maintenir les équilibres budgétaires, tout en limitant l’impact social, dans un contexte mondial incertain. Mais une chose est sûre, de nouvelles hausses restent bel et bien à l’horizon.

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