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Après la démission du MMM
Paul Bérenger privilégie un mouvement politique plutôt qu’un parti
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Après la démission du MMM
Paul Bérenger privilégie un mouvement politique plutôt qu’un parti
■ Les yeux sont rivés sur Paul Bérenger, qui devrait annoncer le nom de son nouveau mouvement politique ainsi que le logo.
À peine sa démission actée du Mouvement militant mauricien (MMM), Paul Bérenger se tourne déjà vers une nouvelle orientation politique. Contacté hier, l’ancien leader mauve a apporté des précisions. «Nous avons eu une rencontre avec notre petit comité. Nous allons dans la direction d’un mouvement politique.»
Interrogé à propos du nom de ce nouveau mouvement, de son logo et de son symbole, il s’est montré prudent. «Nou pa pou prese, nou pe pran nou letan. Nou pe al ver kreasion enn nouvo mouvman politik. Diferans avek ansien MMM-la, li kler, baze lor tou mo bann kritik», a déclaré Paul Bérenger.
? Mouvement ou parti : Une rupture stratégique
Derrière ce choix sémantique se cache une différence de fond. Un parti politique est une structure institutionnalisée, hiérarchisée, avec des instances décisionnelles claires – Comité central, Bureau politique – et une stratégie électorale assumée. À l’inverse, un mouvement politique se veut plus fluide, moins contraint par les structures traditionnelles.
Pour l’historien Jocelyn Chan Low, la distinction est nette : «Un mouvement, c’est une dynamique de mobilisation de masse. Il se construit de bas en haut, à partir des aspirations populaires.» Là où le parti fonctionne souvent de manière verticale, le mouvement capte une énergie collective, plus diffuse, parfois spontanée.
Dans cette logique, un mouvement politique s’apparente davantage à une plateforme citoyenne, capable de fédérer au-delà des clivages partisans. «C’est quelque chose en mouvement, enraciné dans la rue, dans les réalités populaires», insiste l’historien.
? Une réponse à la crise de confiance ?
Pour le politicien Dev Sunnasy, cette orientation peut traduire une volonté de rupture avec les pratiques classiques. «Un mouvement peut se construire autour d’une idéologie, d’un combat – intégrité, gouvernance, lutte contre la corruption.» Il y voit aussi une tentative de se reconnecter avec une population désenchantée.
Il estime qu’il «existe aujourd’hui un décalage entre les partis traditionnels et les attentes citoyennes». Dans ce contexte, un mouvement offrirait plus de souplesse, moins de lourdeur organisationnelle, et une capacité d’adaptation plus rapide.
Reste la question du temps et de la crédibilité. À 81 ans, Paul Bérenger s’engage dans un chantier politique exigeant. Monter un mouvement, capable de peser nationalement, nécessite une base militante solide et une adhésion populaire durable. «Tout dépendra de l’équipe autour de lui et de la capacité à incarner une véritable alternative», prévient Dev Sunnasy. Car au-delà de la structure, c’est bien l’adhésion collective qui fera la différence.
Nous devrions obtenir des informations supplémentaires à propos du mouvement politique en gestation de Paul Bérenger dans les jours à venir. Hier, d’autres membres du MMM ont démissionné dont Daniela Bastien, Manish Bhikea et Kanen Aneacaounden.
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