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Réseau de vols maritimes

Un baron incarcéré tire les ficelles...

16 avril 2026, 07:00

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Un baron incarcéré tire les ficelles...

■ Kamlesh Bolaky, Jean Steeve Paletan et Irfaan Banyhassan.

Une opération conjointe à Karo-Kalyptus a mené à plusieurs arrestations, tandis qu’un suspect clé affirme avoir agi sur instructions reçues à partir de la prison et évoque l’implication d’un baron basé à Richelieu. En effet, une enquête policière d’envergure, mêlant vol de pièces de bateaux et soupçons de trafic de drogue régional, a connu un développement majeur, le mardi 14 avril, avec l’arrestation de plusieurs suspects lors d’une opération coordonnée dans le nord. Les limiers de la Divisional Crime Intelligence Unit de la Northern Division, de la Maritime Intelligence Cell de la National Coast Guard et de la Criminal Investigation Division de Grand-Baie ont uni leurs forces pour démanteler ce qui pourrait être un réseau structuré, opérant entre Maurice, La Réunion et Madagascar.

Les personnes arrêtées sont Kamlesh Bolaky, un habitant de Pointe-aux-Sables de 51 ans, Irfaan Mohamad Banyhassan, un maçon de 36 ans domicilié à Roche-Bois, Jean Steeve Paletan, un barbier de 31 ans également domicilié à Roche-Bois, ainsi que L. G., 60 ans, résidant à Petite-Rivière, qui n’a pas été arrêté après son interrogatoire. Les suspects ont été interpellés dans le cadre de plusieurs vols enregistrés notamment depuis le début de cette année et liés à la disparition de pièces et d’équipements nautiques.

L’opération policière s’est appuyée sur des renseignements jugés crédibles, recueillis ces derniers jours. Les enquêteurs soupçonnent que ces vols ciblés ne seraient pas de simples actes isolés mais pourraient alimenter une chaîne logistique servant à des activités illicites plus larges, notamment l’importation de drogue dans la région.

Le suspect principal, Kamlesh Bolaky, considéré comme la pièce manquante du puzzle, a été longuement interrogé par les enquêteurs. Au cours de son interrogatoire, il aurait admis son implication dans plusieurs vols et reconnu avoir donné des instructions pour organiser les vols en série de pièces de bateaux. Il aurait également indiqué avoir confié certaines pièces dérobées à un complice, chargé de leur écoulement. Les enquêteurs affirment que le suspect a été positivement identifié par un autre accusé, ce qui vient renforcer la thèse d’une organisation structurée. Lors de son interrogatoire, il aurait aussi reconnu son implication dans au moins deux autres cas de vol distincts, visant des équipements nautiques.

Plus troublant encore, il aurait confié aux enquêteurs avoir agi sur les instructions d’un trafiquant de drogue purgeant actuellement une lourde peine de prison. Selon ses déclarations, les directives auraient été transmises depuis l’établissement pénitentiaire. Ce détenu, décrit comme un ancien baron influent, aurait conservé une certaine autorité sur des relais opérant à l’extérieur. Les enquêteurs s’intéressent de près à son profil, cet individu ayant déjà été impliqué dans plusieurs dossiers majeurs liés à l’importation d’héroïne de forte valeur marchande.

Dans le passé, ce trafiquant avait été au centre d’opérations de livraison contrôlée impliquant des passeurs étrangers et des complices locaux. Il avait réussi à échapper à la justice à deux reprises avant d’être finalement condamné à une peine de 35 ans de prison dans une affaire de tentative de livraison de drogue, estimée à plusieurs millions de roupies.

Des avocats fournis gratuitement

Toujours selon les déclarations attribuées au suspect principal, un individu présenté comme un baron et basé dans la région de Richelieu, aurait également joué un rôle indirect dans cette affaire. Il aurait gracieusement fourni des avocats aux suspects arrêtés dans cette affaire. Les enquêteurs prennent ces affirmations avec prudence mais n’écartent aucune piste à ce stade de l’enquête, cherchant à vérifier les liens éventuels entre les protagonistes.

Ils soupçonnent que les pièces de bateaux volées pourraient être utilisées pour équiper des embarcations destinées à des activités clandestines en haute mer. Ces embarcations seraient potentiellement utilisées pour des traversées entre Maurice, La Réunion et Madagascar, routes régulièrement surveillées dans le cadre de la lutte contre le trafic de drogue.

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