Publicité
Chiens errants
Après 50 ans d’échec, l’heure de passer à des actions concrètes
Par
Partager cet article
Chiens errants
Après 50 ans d’échec, l’heure de passer à des actions concrètes
■ Face à la surpopulation des chiens errants, Silent Protest Mauritius plaide pour une collaboration avec des experts internationaux.
Face à la persistance du problème des chiens errants, le mouvement Silent Protest Mauritius interpelle les autorités et appelle à une refonte en profondeur des stratégies adoptées jusqu’ici. Selon ses membres, les méthodes utilisées depuis des décennies, notamment les campagnes de capture et d’euthanasie, n’ont pas permis d’endiguer durablement la situation.
«Pendant des décennies, des chiens ont été ramassés et tués en masse sous prétexte de contrôle de population, sans jamais régler le problème à sa source», soutient le mouvement. Pour ses représentants, ce constat traduit un demi-siècle d’échec, marqué par une prolifération continue, des abandons fréquents, des souffrances animales et des plaintes récurrentes de la population.
Dans ce contexte, Silent Protest Mauritius préconise la mise en place d’une campagne nationale de stérilisation canine de masse. Le mouvement invite ainsi le ministère de l’Agro-industrie et la Mauritius Society for Animal Welfare à envisager un partenariat avec des organisations vétérinaires internationales disposant d’une expertise reconnue dans ce domaine.
Parmi les arguments avancés, l’expérience de terrain de ces organisations est mise en avant. Habituées à intervenir dans des pays confrontés à des populations élevées de chiens errants, elles maîtrisent les protocoles de stérilisation à grande échelle, les techniques chirurgicales adaptées ainsi que la logistique complexe liée à ce type d’opérations. «Elles savent comment opérer efficacement, à grande échelle, dans des conditions réelles», souligne le mouvement.
Autre atout évoqué : la capacité à augmenter rapidement le nombre de stérilisations. À Maurice, les chiffres actuels restent insuffisants pour freiner la reproduction. Le recours à des équipes internationales permettrait d’atteindre un seuil critique, en déployant des cliniques mobiles et en intervenant simultanément dans plusieurs régions.
Le gain de temps constitue également un enjeu majeur. Pour le mouvement, faire appel à des experts étrangers éviterait de prolonger des années d’ajustements et de programmes jugés insuffisants. Il s’agirait de s’appuyer sur des méthodes déjà éprouvées ailleurs, afin d’obtenir des résultats concrets plus rapidement.
Par ailleurs, Silent Protest Mauritius insiste sur l’importance du transfert des compétences. L’objectif ne serait pas de remplacer les vétérinaires mauriciens, mais de renforcer leurs capacités grâce à un partenariat structuré. Formation, partage de protocoles et collaboration sur le terrain pourraient ainsi contribuer à bâtir une expertise locale durable.
Enfin, le mouvement évoque la nécessité de restaurer la confiance du public. Le recours à des organisations reconnues à l’international serait perçu comme un signal fort, traduisant une volonté de rompre avec les approches du passé, et d’adopter des pratiques plus modernes et humaines. Au-delà du contrôle des naissances, une campagne de stérilisation de masse aurait, selon le mouvement, des effets positifs plus larges : amélioration du bien-être animal, réduction de la pression sur les refuges, diminution des nuisances et meilleure gestion sanitaire.
Pour Silent Protest Mauritius, l’urgence est désormais d’agir avec ambition et cohérence. «Le pays n’a plus besoin de solutions symboliques», estime le mouvement, appelant les autorités à reconnaître les limites des approches passées et à engager un véritable changement de stratégie.
Micropuçage : Une campagne qui va bon train
L’exercice de micropuçage et d’enregistrement des chiens se poursuit à travers le pays, avec des retours globalement positifs sur le terrain. Les équipes déployées dans différentes régions assurent une couverture élargie, permettant de toucher un maximum de proprié- taires. En parallèle, le service de micropuçage à domicile reste disponible, facilitant la démarche pour ceux qui ne peuvent se déplacer. Les autorités poursuivent leurs efforts pour sensibiliser le public à l’importance de l’enregistrement des chiens, conformément aux dispositions légales en vigueur. Depuis la mise en application de la loi, environ 25 000 chiens ont déjà été enregistrés auprès de la MSAW. Un chiffre qui reflète une prise de conscience progressive des propriétaires quant à la nécessité d’identifier leurs animaux, tant pour leur sécurité que pour une meilleure gestion globale de la population canine. Alors que des interrogations avaient émergé concernant la fin du contrat du vétérinaire engagé auprès de la MSAW, notamment sur la continuité des services assurés par l’organisme, des clarifications ont été apportées. La MSAW a ainsi indiqué que le contrat du vétérinaire concerné a été renouvelé, assurant la poursuite de ses fonctions. Par ailleurs, les démarches administratives liées au renouvellement de son «Occupation Permit» auprès de l’Economic Development Board sont en cours.
Ces mesures visent à garantir la continuité des opérations sur le terrain, dans un contexte où les interventions vétérinaires demeurent essentielles, notamment pour les campagnes de micropuçage, de stérilisation et de suivi du bien-être animal.
Les campagnes de micropuçage se poursuivent également en collaboration avec des vétérinaires ayant signé un protocole d’accord avec l’organisme. Par ailleurs, des accords avec d’autres vétérinaires et des cliniques privées sont en voie de finalisation, notamment pour faciliter l’enregistrement des chiens. Une dynamique qui vise à consolider le dispositif existant et à élargir davantage l’accès à ce service essentiel.
Publicité
Publicité
Les plus récents