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Droit du travail

Des éducatrices spécialisées travaillent gratis depuis des mois

7 avril 2026, 07:01

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Des éducatrices spécialisées travaillent gratis depuis des mois

Dans une école spécialisée du Sud de l’île, la situation de plusieurs employées récemment recrutées suscite l’incompréhension. Engagées depuis janvier pour accompagner des enfants en situation de handicap, ces femmes affirment ne toujours pas avoir été rémunérées, malgré plusieurs semaines de travail effectif.

Selon leurs témoignages, tout a débuté à la suite d’un appel à candidatures lancé par l’établissement, en quête de personnel pour mieux encadrer des élèves à besoins spécifiques. Après avoir franchi l’étape des entretiens, les candidates retenues ont été invitées à fournir plusieurs documents administratifs, notamment un certificat de moralité, un acte de naissance et un certificat médical. Les employées ont compris surtout après avoir obtenu un courriel qu’elles seraient employées par la Special Education Needs Authority (SENA). Toutefois, en raison des délais nécessaires à l’obtention de certains documents, en particulier le certificat de moralité, elles ont été autorisées à commencer à travailler sans dossier complet.

«Nous avons débuté en janvier, dans un contexte où nous apprenions encore le métier. On pensait qu’il était normal de ne pas être payées durant cette période de probation. Mais en février, puis en mars, la situation est restée inchangée», confie l’une des employées. Ce n’est qu’après plusieurs semaines qu’elles auraient été informées que l’absence de certains documents pourrait retarder leur rémunération. Entre-temps, elles ont travaillé sans percevoir de salaire.

Face à cette situation, les employées se sont tournées vers la SENA, instance régulatrice du secteur, afin d’obtenir des explications. Selon elles, il leur aurait été indiqué que la responsabilité incombait à l’établissement employeur. D’autres éléments, tels que l’existence de frais d’enregistrement auprès de la SENA, leur auraient également été communiqués tardivement, ajoutant à leur confusion.

Dans leurs démarches, elles ont également sollicité le Bureau du travail afin d’exposer leur situation. «Nous avons essayé de faire valoir nos droits, mais les échanges ont été compliqués. Nous avons même présenté un courriel mentionnant une liste d’employés enregistrés, mais on nous a expliqué que ce document n’avait pas de valeur officielle», relate une autre employée.

Malgré ces difficultés, ces femmes affirment rester attachées à leur mission. «Ce travail est exigeant. Nous accompagnons les enfants, parfois dans des tâches très délicates comme leur toilette. Cela demande beaucoup d’attention et d’énergie, mais nous le faisons aussi par vocation», souligne l’une d’elles.

Intervenant sur ce dossier, le président d’Inclusion Mauritius et vice-président de la Federation of Special Educational Needs Associations, Bondy Poorasveensingh, se dit préoccupé par cette situation. Il évoque des incohérences dans les procédures administratives et souligne que certaines exigences évoquées ne semblent pas être appliquées uniformément dans les autres établissements. Il appelle ainsi à plus de clarté et de cohérence dans les démarches entourant le recrutement et l’enregistrement du personnel.

Au-delà du sort des employées, cette situation soulève également des inquiétudes quant à la prise en charge des enfants en situation de handicap. Selon certaines informations, une proportion importante d’élèves serait encore à domicile, faute de structures pleinement opérationnelles.

Sollicitée, la SENA n’avait pas encore répondu à nos questions au moment de la publication.

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