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Enquête judiciaire
Mort de John Martingale : Un témoignage clé soulève de nouvelles contradictions
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Enquête judiciaire
Mort de John Martingale : Un témoignage clé soulève de nouvelles contradictions
■ Mᵉ Ricky Bhookhun, représentant du bureau du Directeur des poursuites publiques. Photo: Aurélio Prudence.
L’enquête judiciaire sur la mort de John Mick Martingale a connu un nouveau développement hier après-midi devant la cour de Rose-Hill. Un témoignage est venu accentuer les zones d’ombre entourant les circonstances de son décès en détention, le 8 septembre 2024, à la prison centrale de Beau-Bassin.
Appelé à la barre par l’avocat du bureau du Directeur des poursuites publiques, Mᵉ Ricky Bhookhun, un agent pénitentiaire en service le soir des faits a été longuement interrogé, d’abord sur l’équipement utilisé par les gardiens. Il a confirmé avoir été muni d’un bâton de défense, d’environ 30 à 40 centimètres de long et relativement fin, un élément qui a rapidement pris une importance particulière au fil de l’audience.
Mais c’est surtout sur le déroulement de la fouille de la cellule de John Mick Martingale que les échanges se sont intensifiés. Mᵉ Ricky Bhookhun s’est appuyé sur les déclarations de trois détenus, voisins directs du défunt, pour mettre en lumière des éléments susceptibles de contredire la version des gardiens. Il a bombardé les agents pénitentiaires de questions.
L’un des détenus, occupant la cellule à droite de celle de Martingale, a affirmé avoir été réveillé vers 21 heures par un bruit. Il a dit avoir entendu la porte de la cellule s’ouvrir, suivi de la voix d’un Prison Officer demandant où se trouvait un téléphone. Selon son témoignage, une discussion s’est ensuite engagée à l’intérieur de la cellule avant que les gardiens n’annoncent avoir retrouvé l’appareil.
Cette version contraste avec celle des officiers, qui ont affirmé que le téléphone leur aurait été remis volontairement par le détenu. Pour Mᵉ Bhookhun, le ton de l’échange entendu par le prisonnier laisse plutôt penser à une fouille menée par les gardiens eux-mêmes. Deux autres détenus, dont les cellules se trouvent à gauche et en face de celle de Martingale, ont corroboré ces propos, évoquant eux aussi des bruits ainsi qu’une discussion ayant duré entre cinq et dix minutes.
Interrogé sur la découverte du corps vers 5 heures du matin, le témoin a indiqué qu’il se trouvait alors dans la resting room et qu’il dormait au moment des faits. Des photographies prises par le Scene of Crime Office lors de la découverte du corps ont été produites en cour. Questionné sur la présence de blessures visibles, l’agent pénitentiaire a répondu ne pas en avoir observé.
L’audience a pris une tournure plus marquante encore lorsque l’avocat s’est attardé sur le bâton de défense détenu par le témoin. Celui-ci a reconnu que cet objet n’avait jamais été réquisitionné par le Forensic Science Laboratory pour des analyses. À la question de savoir pourquoi il ne l’avait pas remis dans le cadre de l’enquête, il a répondu que la police ne le lui avait pas demandé. Une réponse qui n’a pas manqué de susciter des interrogations, l’avocat soulignant que cet objet pourrait être une pièce déterminante pour faire toute la lumière sur l’affaire.
Face à ces éléments, l’avocat a demandé le renvoi de l’affaire afin que ce bâton soit produit en cour lors de la prochaine audience. Une demande qui devrait donner lieu à un ordre de la cour pour que cet élément matériel soit présenté. L’enquête judiciaire a été ajournée au 20 avril à 13 h 30.
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