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Affaire des coffres-forts de Navin Ramgoolam

Mᵉ Robin Ramburn : «L’exécutif ne doit pas utiliser la police pour persécuter au lieu de poursuivre»

3 avril 2026, 04:00

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Mᵉ Robin Ramburn : «L’exécutif ne doit pas utiliser la police pour persécuter au lieu de poursuivre»

■ Navin Ramgoolam à la cour intermédiaire hier. Photo: Vashish Sookrah

Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a comparu de nouveau hier devant la Financial Crimes Division de la cour intermédiaire, dans le cadre du procès lié à l’affaire des coffres-forts. Devant les magistrats Razia Jannoo-Jaunbocus et Abdool Raheem Tajoodeen, les plaidoiries ont pris une tournure particulièrement intense, opposant la défense et la poursuite sur la question centrale d’un éventuel abus de procédure. La décision de la cour est attendue le 8 juin à 13 heures.

À la barre, l’avocat de Navin Ramgoolam, Mᵉ Robin Ramburn, a poursuivi ses arguments dans le cadre d’une motion pour abus de procédure. Selon lui, cette affaire dépasse le simple cadre judiciaire et s’inscrit dans un contexte politique marqué. Il a insisté sur la nécessité pour la cour de se référer aux principes fondamentaux du droit, notamment le droit à un procès équitable. Il a évoqué des éléments qui, selon lui, traduisent une manipulation de la police, mentionnant l’arrestation arbitraire de son client et des démarches entreprises dans un climat de contrainte. Il a aussi fait référence à des précédents, notamment l’affaire Dufry, pour illustrer ce qu’il considère comme des «ingérences politiques» dans des enquêtes sensibles.

Pour la défense, la question centrale reste la suivante : l’exécutif a-t-il utilisé la police pour servir des intérêts politiques ? «Lorsque le pouvoir exécutif détourne les institutions comme la police, la justice doit intervenir.» Il a soutenu qu’il faut définir la gravité des accusations et qu’elles ne doivent pas faire écran à un éventuel abus de procédure. Il a également pointé du doigt le rôle du Central Crime Investigation Department (CCID), qualifié d’outil ayant été utilisé non pas pour poursuivre, mais pour persécuter. L’absence répétée en cour de l’ex-assistant commissaire de police, Heman Jangi, a aussi été soulevée.

Mᵉ Ramburn a dénoncé ce qu’il a qualifié de «procès médiatique», la presse ayant été utilisée pour influencer l’opinion publique, avec la diffusion d’informations exclusives dès les premières étapes de l’enquête. Il a notamment évoqué la présence rapide des caméras de la Mauritius Broadcasting Corporation lors de l’arrestation de Navin Ramgoolam, suggérant des fuites d’informations internes qui auraient contribué à «conditionner l’opinion publique».

Des irrégularités procédurales ont également été mises en avant, comme des lacunes dans les registres policiers, notamment dans l’Occurrence Book, ainsi qu’un manque de respect des Standing Orders de la police. Enfin, il a insisté sur les délais, jugés excessifs, estimant qu’ils portent atteinte au droit fondamental de son client d’être jugé dans un délai raisonnable. Pour la défense, l’ensemble de ces éléments constitue une base solide pour conclure à un abus de procédure.

De son côté, la poursuite, représentée par Mᵉ Nataraj Muneesamy du bureau du Directeur des poursuites publiques (DPP), a fermement contesté les arguments de la défense, soutenant qu’aucune preuve concrète d’abus de procédure n’avait été présentée, qualifiant les allégations de «larges et non étayées». Il a rappelé que les décisions de poursuite relèvent du DPP, agissant dans l’intérêt public et non de la police. Selon lui, ce mécanisme constitue justement une garantie contre toute ingérence politique. Mᵉ Muneesamy a également affirmé qu’aucun retard injustifié n’avait entaché la procédure, soulignant que les enquêteurs, notamment l’inspecteur Ramdoo du CCID, avaient agi dans des délais raisonnables.

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