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Soupçons de négligence à l’hôpital SAJ

Un jeune de 26 ans décède, sa famille remet en question la prise en charge médicale

31 mars 2026, 13:00

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Un jeune de 26 ans décède, sa famille remet en question la prise en charge médicale

■ Navin Kumar Nathoo exige une enquête sur le décès de son fils, Tanveer.

Un drame inexpliqué à l’hôpital SAJ, à Flacq, a plongé une famille dans une douleur et une détresse indescriptibles. C’est l’histoire d’un jeune de 26 ans, plein d’espoir et de projets, dont la vie s’est brutalement arrêtée dans des circonstances que son père qualifie aujourd’hui de «troublantes».

Tout commence le dimanche 22 mars. Ce jour-là, Tanveer Kumar Nathoo, qui exerce comme mécanicien, ne se sent pas bien. Pris de fièvre, il est conduit par son père, Navin Kumar, à l’hôpital SAJ. Après une consultation au service des urgences, il reçoit des médicaments avant d’être autorisé à rentrer chez lui. Mais quelques heures plus tard, son état se dégrade. Dans la soirée, souffrant de fortes douleurs et toujours en proie à une forte fièvre, il est à nouveau conduit à l’hôpital. Sur place, le personnel médical lui administre un sérum et lui prescrit des médicaments. Malgré ses souffrances, il est de nouveau renvoyé chez lui.

Aucune assistance

Le lendemain matin, le lundi 23 mars, son état ne s’améliore toujours pas. Incapable de supporter la douleur, le jeune homme demande à son père de le ramener d’urgence à l’hôpital. À leur arrivée, ils patientent environ 30 minutes avant d’obtenir un fauteuil roulant. Examiné au service des urgences, Tanveer Kumar Nathoo est finalement admis après des analyses sanguines révélant un taux d’urée élevé. Il est transféré en salle, après avoir attendu plusieurs heures pour obtenir un lit.

La situation prend une tournure tragique dans la nuit. Selon le témoignage d’un patient de la même salle, le jeune homme, tordu de douleur, aurait passé de longues heures à appeler à l’aide. Il aurait tenté à plusieurs reprises d’alerter le personnel infirmier, sans succès.

Désireux de se rendre aux toilettes, il aurait lui-même retiré sa perfusion de sérum, occasionant des saignements. Aucune assistance ne lui aurait été apportée.

Le mardi 24 mars, vers 6h30, son père se rend à l’hôpital pour lui rendre visite. À son arrivée, il ne trouve pas son fils dans le lit. Interrogeant le personnel, il est brièvement invité à attendre.

C’est un autre patient, admis dans la salle, qui lui annonce la terrible nouvelle: son fils est décédé durant la nuit. Un membre du personnel infirmier lui confirmera officiellement le décès par la suite. Un élément particulièrement troublant pour le père car, à aucun moment, il n’a été contacté par l’hôpital pour être informé de la mort de son fils.

Aujourd’hui, Navin Kumar Nathoo est inconsolable. Il décrit son fils comme un jeune homme calme, sociable et passionné de mécanique. Depuis qu’il avait quitté l’école, Tanveer Kumar Nathoo s’était engagé dans cette voie avec détermination. Il nourrissait un rêve : ouvrir son propre garage. Un projet que son père avait commencé à concrétiser en aménageant un espace dans la cour familiale afin de lui permettre de démarrer son activité.

Enquête demandée

Brisé, le père ne cache pas son amertume. Il affirme que son fils ne souffrait d’aucune maladie connue et remet en question la prise en charge médicale dont son fils aurait bénéficié à l’hôpital SAJ. Convaincu qu’il pourrait s’agir d’un cas de négligence médicale, il réclame aujourd’hui l’ouverture d’une enquête approfondie. Dans cette optique, une plainte a été formellement faite au poste de police. Par ailleurs, un courrier a également été adressé au ministère de la Santé afin de signaler les faits et de solliciter une enquête.

À noter que la salle où était admis Tanveer Kumar est équipée de caméras de surveillance. Une demande a été faite pour le visionnage de ces images, qui pourraient permettre de faire la lumière sur les circonstances exactes de sa mort.

Dans sa douleur, ce père lance un appel à la justice. «Si mo ti ena mwayin, mo pa ti pou amenn mo zanfan lopital pou gagn swin.» S’il dit que cela ne ramènera pas son fils, il espère néanmoins que toute la vérité sera établie, afin qu’aucune autre famille n’ait à vivre une telle tragédie.

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