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Note souveraine : mise en garde contre les risques d’un passage en catégorie «Junk»
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Note souveraine : mise en garde contre les risques d’un passage en catégorie «Junk»
Interrogé par le député Raviraj Beechook sur les risques d’une dégradation de la note souveraine de Maurice par Moody’s, le Premier ministre (PM) a dressé un état des lieux préoccupant. Il a attribué la fragilisation de la notation à «une mauvaise gestion économique et une gouvernance budgétaire irresponsable» du précédent gouvernement.
Il a rappelé qu’en 2012, Maurice avait obtenu une amélioration de sa note, passant de Baa2 à Baa1 avec perspective stable, dans un contexte où la dette publique représentait 59,5% du PIB. La tendance s’est inversée à partir de 2020. Avril 2020: perspective abaissée de positive à négative ; mars 2021 : note ramenée à Baa2 ; juillet 2022 : nouvelle dégradation à Baa3 ; janvier 2025: perspective à nouveau négative, plaçant Maurice au seuil du statut spéculatif (junk)
Selon le PM, les critères quantitatifs de Moody’s auraient déjà pu justifier un basculement en catégorie spéculative. Pour éviter cette issue, une délégation de haut niveau a été envoyée à Londres afin de présenter un plan de consolidation budgétaire et des réformes structurelles, notamment sur le système de pension jugé insoutenable par le FMI et la Banque mondiale. Ces engagements, associés à des mesures qualifiées de «courageuses», auraient permis de retarder une dégradation immédiate.
Conséquences d’un déclassement
Le PM a détaillé les effets potentiels d’un passage en catégorie «junk». Une telle décision provoquerait une perte de confiance des investisseurs, entraînant un ralentissement des investissements directs étrangers et possiblement des sorties de capitaux. Cette dynamique exercerait une pression supplémentaire sur la roupie, renchérissant les importations et alimentant l’inflation. La croissance économique serait affectée par la baisse des investissements et l’augmentation des coûts. Les banques commerciales, dont la notation est généralement alignée sur celle de l’État, subiraient également un impact direct, compliquant leurs opérations et celles du secteur financier international.
Autre conséquence majeure : une hausse généralisée des taux d’intérêt. L’augmentation du risque perçu renchérirait le coût de l’emprunt pour l’État, les entreprises et les institutions financières. Les dépôts non-résidents, sensibles au statut d’investment grade, pourraient diminuer, accentuant les sorties de capitaux et la pression sur le marché des changes. Malgré les interventions de la Banque de Maurice (BoM), la dépréciation de la roupie se traduirait par une hausse des prix et une érosion du pouvoir d’achat.
Le PM a indiqué que le Macroeconomic Coordination Committee – réunissant le Bureau du Premier ministre, le ministère des Finances, la BoM, Statistics Mauritius et l’Economic Development Board – suit étroitement la situation. Des analyses de scénarios et des tests de résistance ont été réalisés pour anticiper les risques et orienter les réponses politiques. Il a assuré que Maurice demeure sous surveillance rapprochée de Moody’s et que le gouvernement poursuit son programme de consolidation budgétaire afin de réduire progressivement le déficit et la dette publique, tout en soutenant la croissance.
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