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Réinsertion sociale
Aurélie Decarpentrie : «Aider à faire éclore ce trésor qui existe en chacun»
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Réinsertion sociale
Aurélie Decarpentrie : «Aider à faire éclore ce trésor qui existe en chacun»
Apprendre à mieux gérer ses émotions afin de reprendre confiance en soi, en la vie et en les autres pour augmenter ses chances de réinsertion sociale : tel est l’enjeu du projet mené par l’association Libre en soi cette année auprès des détenus. Soutenir autrui à construire un projet familial et professionnel porteur de sens, aligné avec ses valeurs personnelles, telle est la mission de cœur d’Aurélie Decarpentrie, fondatrice de l’association Libre en soi et porteuse de projet sur Small Step Matters.org.
? Comment est née votre vocation pour le travail social, et plus particulièrement pour le soutien aux personnes détenues ?
Je pense que cette fibre sociale, ce besoin de faire du bien, d’avoir au moins l’impression de servir à quelque chose, ont toujours été présents en moi. Je crois que ce qu’il existe de plus beau en l’homme, c’est sa capacité de résilience et sa capacité à voir le bien en l’autre, et à l’aider à faire éclore ce trésor qui existe en chacun.
? Quelles sont vos qualifications ?
Dans l’ordre : animatrice de centre de vacances, éducatrice spécialisée en accompagnement psycho-éducatif et coach neurosensoriel.
? Est-ce que 2026 marquera votre première expérience en milieu carcéral à Maurice ?
En 2022, j’ai eu la chance de mettre en place mon programme à titre bénévole au sein de la «prison ouverte pour femmes», en m’associant à l’association Parcours, grâce à la bienveillance du Welfare Officer en poste à cette époque.
? Quels étaient et quels sont les défis de cette mission ?
Le principal défi durant la formation est de parvenir à créer un langage et un cadre de réflexion communs avec les détenus. Les approches et les concepts proposés peuvent parfois être nouveaux pour ce public ; il est donc nécessaire de prendre le temps de les rendre accessibles afin de permettre une réflexion approfondie et d’encourager une prise de conscience progressive.
L’association devra également «sélectionner» les détenus prêts à travailler sur eux-mêmes, afin que les sessions ne deviennent pas un simple moment récréatif. Au regard de mon expérience menée en 2022, ce sont les deux principaux défis à relever au stade de la formation. Une fois ces étapes franchies, reste la visée finale, ambitieuse : cheminer vers une réinsertion réussie… C’est là que tout se joue ! L’association Libre en soi proposera aux ex-détenus un suivi mensuel afin d’échanger sur les difficultés rencontrées, de trouver des solutions ensemble, mais aussi de partager les réussites des uns et des autres, toujours porteuses d’espoir.
? Quels sont les objectifs du coaching auprès de ce public de bénéficiaires ?
Le programme se compose de deux phases distinctes. La première est une «formation» sur une période de six mois, destinée à préparer le détenu en fin de peine à sa réinsertion. Pendant cette phase, un coaching individuel peut être proposé, s’il est sollicité par les bénéficiaires ou dans des cas spécifiques, mais il ne constitue pas l’outil principal.
La deuxième phase consiste en un suivi en dehors de la prison, sous forme de coaching de groupe. Les objectifs du programme sont de développer une identité positive chez les participants, de leur redonner confiance en eux, en la vie et en les autres, afin qu’ils se responsabilisent face à leurs actes, mais aussi vis-à-vis de leur vie, qui est entre leurs mains.
Mon but : leur donner les outils pour créer une vie qui fait sens pour eux et qui les rend heureux, car cheminer vers le bonheur s’apprend, comme toute chose.
? L’employabilité vous tient particulièrement à cœur, ainsi que l’augmentation du taux de réinsertion et la baisse du taux de récidive ?
Bien sûr ! C’est le but ultime du projet. Chaque réinsertion réussie sera une véritable victoire pour les membres de l’association Libre en soi.
? Comment l’impact du programme sera-t-il évalué, notamment sur le long terme ?
L’évaluation d’un tel projet se fait sur plusieurs années. En débutant en 2026, nous pourrons véritablement en mesurer l’impact après quelques années, notamment en constatant une hausse du taux de réinsertion. En maintenant un lien avec les ex-détenus et en valorisant le partage de leurs réussites, nous pourrons mieux apprécier la pertinence du programme et, si nécessaire, procéder à des ajustements chaque année.
? Visez-vous uniquement les détenus adultes ou également des interventions auprès des mineurs en conflit avec la loi ?
Les jeunes sont ma priorité. J’ai toujours été particulièrement touchée par les jeunes en difficulté, sans pour autant écarter les adultes.
? Les objectifs sont-ils différents avec les enfants ?
Je dirais que les objectifs restent les mêmes, mais que la manière d’aborder les choses sera différente. Les jeunes signeront également un contrat au début de la formation, mais nous essaierons d’inclure tous les jeunes dans le programme. L’accompagnement individuel sera probablement plus présent qu’avec les adultes.
? La cause de la réinsertion des détenus est-elle facile à défendre auprès des entreprises pour obtenir des soutiens financiers ?
J’ai ressenti, de la part de certains interlocuteurs, un certain désintérêt pour ce projet. Les détenus sont parfois stigmatisés comme des «méchants», des bons à rien, voire comme «les fruits pourris de la société». Pour moi, il n’existe pas de méchanceté gratuite. La violence est un cri. Une personne est plus que la somme de ses actes. Pire encore, on la réduit parfois à un unique acte «mauvais» qu’elle aurait commis.
En posant cette étiquette, on renforce l’image négative que la personne a d’ellemême. Dès lors, comment attendre quelque chose de positif de sa part ? Si elle-même, influencée par nos regards, se définit comme «négative», elle ne pourra rien produire de bon. Il est donc primordial de porter notre attention sur tout le potentiel positif qu’elle possède, afin qu’elle puisse le percevoir, transformer son regard sur elle-même et reconstruire son identité.
? À quoi serviront concrètement les fonds collectés via la plateforme Small Step Matters ?
À financer le matériel nécessaire au bon fonctionnement du projet, mais aussi à permettre aux formateurs de travailler dans de bonnes conditions.
? Quand souhaitez-vous lancer votre projet ?
Tout est prêt. La campagne est en ligne sur www.smallstepmatters.org et je commencerai les formations avec les détenus dès que possible. J’ai toutefois besoin d’obtenir les autorisations nécessaires. Les prises de contact avec le Welfare Officer ont été positives.
Comment soutenir libre en soi ?
• Par juice : Small Step Matters est accessible facilement via Pay a Merchant. Merci de spécifier un mot-clé comme référence avec le virement : Libre
• Numéro de compte MCB – Small Step Matters : 000444289887. Référence : Libre
• Numéro de compte IBAN pour les donations depuis l’étranger : MU59MCBL0944000444289887000
• Pour les contributions CSR, contact : [email protected]
En savoir plus sur cette campagne sur www.smallstepmatters.org
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