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Victoria Urban Terminal
Des marchands démoralisés dans un désert du commerce
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Victoria Urban Terminal
Des marchands démoralisés dans un désert du commerce
■ Activité commerciale morne au Victoria Urban Terminal.
Quelques mois après leur installation au Victoria Urban Terminal, certains commerçants déchantent. Baisse des ventes, dettes et concurrence accrues… Plusieurs disent aujourd’hui regretter leur ancienne place sur le trottoir. Depuis décembre, la désillusion s’est installée. «Le marché nocturne nous a été très néfaste. Nos chiffres d’affaires ont chuté durant cette période et aujourd’hui, hors fêtes, c’est encore plus difficile», confie Ally*. Comme lui, beaucoup préfèrent garder l’anonymat, par crainte de représailles. Pour Riyad*, vendeur de sousvêtements et de shorts, la dernière période festive n’a pas apporté le coup de pouce espéré. Il évoque notamment la concurrence de la rue Pagoda, où des commerçants ont été autorisés à exposer leurs produits. «Les acheteurs ont préféré aller là-bas. Certains jours, nous ne vendons même pas un seul article», explique-t-il. Une situation d’autant plus difficile qu’il doit continuer à s’acquitter d’un loyer mensuel de Rs 4 000. «Mon chiffre d’affaires a été divisé par deux. Je suis déjà endetté pour janvier et février.»
À quelques mètres, plusieurs échoppes restent fermées. Un marchand, en train d’installer ses articles, raconte que bon nombre de ses voisins ont quitté les lieux. «Zot in al fer enn tracement», dit-il. Selon lui, une meilleure régulation du commerce informel aurait pu atténuer la situation. «Pourquoi ne pas faire venir tout le monde ici ? Il y a des espaces vides. Cela attirerait plus de clients et nous nous sentirions moins délaissés.»
La baisse des ventes est un constat partagé. Shaheel* estime que son activité a chuté d’environ 75 %, et ce, bien avant décembre. «Les prix ont augmenté en général et les clients ont un pouvoir d’achat réduit», analyse-t-il. Malgré tout, il s’efforce de maintenir son activité, au prix de nombreux sacrifices. «On doit couper dans les dépenses pour continuer à payer le loyer.»
Au-delà du pouvoir d’achat, certains pointent un manque de visibilité. «Beaucoup de gens ignorent qu’il y a des échoppes ici. Ils s’arrêtent aux marchands de légumes et repartent», déplore Shaheel. Il s’interroge également sur la promotion accordée à certaines petites et moyennes entreprises, au rez-de-chaussée, jugées plus visibles. Parmi les pistes évoquées: une rotation des emplacements pour offrir à chacun une meilleure exposition.
Du côté de Sheila*, la réalité quotidienne est devenue éprouvante. «Je me retrouve parfois à poursuivre les clients pour essayer de vendre. Certains trouvent les prix trop élevés et demandent des rabais. Mais si on accepte, notre marge disparaît», explique-t-elle. Elle souligne également un paradoxe : «Avant, on souffrait du soleil et de la pluie. Ici, on est à l’abri mais on ne travaille presque pas.» «Au moins, avant, on vendait», résume l’un d’eux. Et maintenant, les commerçants redoutent une nouvelle hausse des coûts d’importation, notamment du fret. Tous réclament des solutions. Car pour beaucoup, il ne s’agit plus seulement de rentabilité mais de survie.
(*) Les prénoms ont été modifiés
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