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Disparition de Yogeshwaree Bhunjun

Les versions contradictoires et zones d’ombre persistent

18 mars 2026, 13:00

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Les versions contradictoires et zones d’ombre persistent

■ (De g. à dr.) Yogeshwaree Bhunjun, le Dr Arvind Ramchurn, Mamade Imteaize Peeroo, Fadhill Hoossen Dulloo et Khalif Ul Ahmad Raffick.

Entre les principaux suspects, les versions divergent fortement sur le déroulement du meurtre. Mamade Imteaize Peeroo affirme que le Dr Arvind Ramchurn n’était pas sur les lieux à Fond-du-Sac au moment du décès de Yogeshwaree Bhunjun, mais précise ensuite que le médecin y était et aurait donné des instructions pour transporter le corps. Ces contradictions montrent que personne n’assume pleinement la responsabilité du meurtre. Une confrontation entre les suspects est ainsi prévue pour clarifier leurs déclarations et faire toute la lumière sur leur rôle exact.

L’identité du présumé amant de la victime reste également inconnue. Selon la Major Crime Investigation Team (MCIT), il pourrait s’agir d’une mise en scène montée par le Dr Ramchurn, laissant penser que le meurtre a été soigneusement planifié. Ces zones d’ombre renforcent la complexité de l’affaire et l’attention particulière que doivent porter les enquêteurs à chaque détail.

Le 16 mars, une plainte provisoire a été déposée en cour de district de Pamplemousses contre les trois suspects, Fadhill Hoossen Dulloo, un infirmier de 40 ans habitant Dagotière, Khalif Ul Ahmad Raffick, un chauffeur de 46 ans habitant Mesnil, et Mamade Imteaize Peeroo, un maçon de 46 ans habitant Camp-Fouquereaux. La police s’est opposée à leur remise en liberté sous caution et les trois ont été placés en détention jusqu’au 23 mars.

Par ailleurs, la détention du Dr Ramchurn, principal suspect dans le meurtre de Yogeshwaree Bhunjun, continue de susciter de vives inquiétudes. Selon Mᵉ Rama Valayden, Senior Counsel, qui s’est présenté le 6 mars au Line Barracks Detention Centre, surnommé «Alcatraz», il lui a été refusé l’accès ainsi que son junior, Mᵉ Anoup Goodary, à son client malgré plusieurs demandes répétées. Les officiers ont expliqué qu’aucun personnel n’était disponible pour autoriser l’entrevue, malgré l’aval de la MCIT.

Les avocats craignent pour la sécurité, le bien-être et la santé de leur client, qui devait également être examiné par un médecin de la police. Le Dr Ramchurn a passé la nuit en détention et reste sous forte surveillance. Mᵉ Valayden a envoyé plusieurs lettres au commissaire de police, copiées à la Mauritius Bar Association, mais il affirme n’avoir reçu aucune réponse. Il dit rester disponible pour toute entrevue afin de garantir l’accès légal et la sécurité de son client. Les recherches se poursuivent dans la région de Case-Noyale pour retrouver le cadavre de Yogeshwaree Bhunjun.

Il ressort de leur interrogatoire par la MCIT, que Mamade Imteaize Peeroo et Khalif Ul Ahmad Raffick ont impliqué le compagnon de la victime, le Dr Ramchurn, dans l’affaire. Selon leurs propos, ce dernier aurait été présent au moment des faits et aurait participé aux actions pour se débarrasser du corps après le décès. Ils expliquent que le médecin, persuadé que sa compagne lui était infidèle, leur aurait demandé d’intervenir afin de l’intimider. Toutefois, les événements auraient rapidement dégénéré, conduisant à la mort de la victime, qui aurait reçu une injection létale.

L’un des suspects affirme d’ailleurs que la trentenaire était déjà décédée à son arrivée sur les lieux. De son côté, Fadhill Dulloo, présenté comme un proche du médecin, livre une version sensiblement différente. Il soutient ne pas avoir été impliqué dans l’agression et affirme avoir appris les faits après coup. Il reconnaît cependant s’être trouvé à proximité, précisant qu’il serait resté à l’extérieur tandis que les autres individus procédaient au transport du corps.

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