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Collèges privés

L’UPSEE dénonce le tableau noir des doléances du personnel enseignant et non enseignant

17 mars 2026, 12:00

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L’UPSEE dénonce le tableau noir des doléances du personnel enseignant et non enseignant

■ (De g. à dr.) Pushpaanjali Nardeosingh, Yogendra Mohungoo, Arvind Bhojun, Nohabeer Bhookhun, Dainshakti Jahajeeah et Nabeel Ally lors de la réunion organisée par l’UPSEE.

Les cas signalés par l’Union of Private Secondary Education Employees (UPSEE) au sein des collèges privés se multiplient à travers le pays. Manque d’encadrement, décisions prises par certains managers ou recteurs au détriment des enseignants et du personnel non enseignant, absence de suivi des doléances exprimées : selon l’union, ces situations traduisent un malaise persistant dans plusieurs établissements.

Malgré de nombreux courriers adressés à la Private Secondary Education Authority (PSEA), les membres disent avoir le sentiment que leurs préoccupations restent sans réponse. Ces témoignages proviennent d’établissements situés aux quatre coins de Maurice, mais les problèmes décrits présentent souvent des similitudes. Lors d’une récente réunion privée organisée par l’UPSEE, enseignants et personnels non enseignant issus de collèges privés réputés ont exprimé leur désarroi face aux difficultés rencontrées dans leur environnement de travail.

Le président de l’UPSEE, Arvind Bhojun, explique que plusieurs lettres ont été envoyées à la nouvelle direction de la PSEA depuis l’année dernière. «Malheureusement, nous travaillons sous la PSEA, mais heureusement que le ministère de l’Éducation est au-dessus de cette instance. Plusieurs lettres de doléances ont été envoyées à la nouvelle directrice depuis l’année dernière et nous pensions qu’il y aurait un suivi, mais rien», affirme-t-il. Selon lui, les personnes qui témoignent aujourd’hui ne cherchent pas à faire des allégations, mais simplement à relater des situations qu’elles disent vivre au quotidien.

Parmi les cas évoqués figure celui d’un collège situé dans la région de Beau-Bassin–Rose-Hill. Selon l’UPSEE, le poste de recteur par intérim y serait occupé depuis près de trois ans par le fils du manager de l’établissement. Arvind Bhojun s’interroge sur l’absence d’appel à candidatures pour ce poste pendant toute cette période. «Pourquoi ce poste n’a-t-il pas été affiché afin de permettre le recrutement d’une personne permanente ?», demande-t-il, rappelant que les établissements privés subventionnés bénéficient des fonds publics. Il souligne également que le rapport du Pay Research Bureau prévoit que ces postes soient pourvus dans des délais raisonnables. Le président de l’UPSEE affirme que certains collèges publient bien des avis de vacancy, mais uniquement sur leurs pages Facebook. «Ces pages comptent parfois très peu d’abonnés et l’annonce peut passer inaperçue», dit-il, ajoutant que la PSEA aurait été informée de cette situation.

Toujours dans ce même établissement, des enseignants d’éducation physique évoquent des difficultés liées au manque d’équipements pour assurer leurs cours. L’un d’eux affirme avoir reçu un équipement inadapté. Aujourd’hui, dit-il, il n’aurait plus de cours, situation qu’il relie à ses prises de position pour faire valoir ses droits. «J’ai reçu des lettres d’avertissement, mais cela ne m’a pas empêché de faire entendre mes revendications», explique-t-il.

Un autre employé affirme, pour sa part, avoir été sollicité pour effectuer des travaux qui ne relèvent pas de ses fonctions. Engagé comme handyman, il affirme qu’on lui aurait demandé de peindre le bâtiment de l’établissement. «Comme j’ai refusé, j’ai été suspendu et convoqué devant un comité disciplinaire», raconte-t-il. Selon lui, l’appui de l’UPSEE lui a permis de défendre sa position. Arvind Bhojun rappelle que les collèges disposent généralement d’une allocation pour des travaux d’entretien nécessitant l’intervention d’entrepreneurs externes. «Si un employé est blessé en effectuant un travail qui ne relève pas de ses responsabilités, qui en assumera les conséquences ?», s’interroge-t-il.

Dans d’autres établissements, l’union affirme avoir été alertée de situations impliquant des proches de la direction qui interviendraient dans la gestion interne du collège. Selon l’UPSEE, certains d’entre eux auraient accès à des documents confidentiels concernant le personnel ou les élèves, voire aux images captées par les caméras de surveillance.

Conditions de travail et infrastructures pointées du doigt

Un autre cas concerne un collège du Nord où un enseignant, membre de l’UPSEE, attendrait depuis plusieurs années une promotion au poste de Head of Department. Selon l’union, cet enseignant totalise plus de 25 ans d’expérience dans l’établissement. «On lui dit qu’il n’est pas qualifié alors que selon les informations que nous avons, la PSEA aurait recommandé sa promotion», affirme Arvind Bhojun. L’UPSEE indique également que deux autres enseignantes de cet établissement rencontreraient des difficultés similaires.

Dans la capitale, un autre incident concerne un employé blessé alors qu’il effectuait une tâche qui, selon lui, ne faisait pas partie de ses responsabilités. Engagé comme handyman, il affirme avoir été chargé de travaux de jardinage. «Je me suis blessé en coupant le gazon et je n’ai pas obtenu d’injury leave», raconte-t-il. Il explique également que des travaux de construction sont en cours dans l’établissement alors que les élèves continuent à utiliser la cour.

Dans certains établissements, les enseignants évoquent également des défis liés à l’organisation pédagogique et aux infrastructures. Un enseignant d’un collège de Beau-Bassin indique que certains dispensent des cours de plusieurs matières à la fois. Il mentionne aussi des difficultés liées à l’aération dans certaines salles, notamment la salle d’informatique. «Nous avons également un nombre très limité de toilettes pour le personnel», dit-il.

Dans un collège de Vacoas–Phoenix, un employé décrit une situation particulièrement difficile. Après une intervention médicale, il dit devoir accéder régulièrement aux toilettes. Un jour, affirme-t-il, celles-ci auraient été fermées et cadenassées après la récréation. «Je n’ai pas pu me retenir», confie-t-il, évoquant un moment particulièrement humiliant. Son épouse, qui travaille également dans le même établissement, affirme ressentir elle aussi des pressions dans son environnement professionnel. Elle explique qu’elle participait auparavant à une initiative humanitaire visant à distribuer des repas à des élèves dans le besoin, une activité qui aurait été interrompue avec l’arrivée d’une nouvelle direction.

Dans un autre collège situé dans les Hautes Plaines-Wilhems, l’UPSEE affirme que certains enseignants seraient invités à participer à des sessions de formation religieuse pendant les vacances scolaires. «Ces sessions ne sont pas pédagogiques mais strictement religieuses. Ceux qui refusent risqueraient d’être convoqués devant un comité disciplinaire», affirme Arvind Bhojun.

L’union formule également une autre demande : elle souhaite connaître les conclusions du comité d’enquête mis en place concernant le collège New Educational. «Nous demandons que ces documents soient rendus publics. La vérité doit être connue», insiste le président de l’UPSEE.

Sollicitée à ce sujet, la PSEA affirme être au courant des problèmes signalés. Dans une réponse écrite, l’autorité indique que les questions soulevées ont déjà été portées à son attention. Elle précise toutefois qu’elle ne peut faire aucun commentaire sur des dossiers qui font actuellement l’objet d’une enquête.

Pour l’UPSEE, ces différents témoignages illustrent la nécessité d’un dialogue plus soutenu entre les autorités, la direction des établissements et les employés du secteur privé de l’éducation. L’union estime qu’un suivi attentif des plaintes et une clarification des procédures pourraient contribuer à rétablir un climat de confiance au sein des collèges concernés.

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