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Environnement

Pour un usage responsable des herbicides en bordure de route

14 mars 2026, 16:30

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Pour un usage responsable des herbicides en bordure de route

Le vendredi 6 mars, le Conseil des ministres a approuvé des lignes directrices sur les meilleures pratiques en matière de gestion des mauvaises herbes en bordure de route à l’aide d’herbicides. Celles-ci visent à promouvoir un contrôle responsable de la végétation tout en préservant la santé publique, les activités agricoles et l’environnement.

Ces lignes directrices établissent un cadre complet pour une utilisation sûre, efficace et respectueuse des herbicides par les autorités compétentes et les entrepreneurs impliqués dans l’entretien des routes. Elles fournissent des recommandations détaillées couvrant la planification, les procédures d’application, les mesures de protection de l’environnement et les mécanismes de surveillance.

Selon la ministre déléguée à l’Environnement, Joanna Bérenger, les conséquences néfastes des pesticides utilisés pour lutter contre les ravageurs et certaines maladies des cultures vivrières sont déjà bien documentées.

«Des études ont établi un lien entre l’exposition aux pesticides et certaines maladies. L’exposition aux pesticides comporte des risques de développer des pathologies comme le cancer, des maladies neurologiques ou encore des troubles du système reproducteur. D’ailleurs, il est important de savoir que l’importation de pesticides à Maurice a été multipliée par cinq depuis 1982. Parallèlement, le nombre de cancers détectés a également augmenté : entre 2001 et 2023, il a plus que doublé. Dans le même temps, le rendement de nos cultures vivrières diminue, car la fertilité de nos sols se dégrade», a-t-elle expliqué.

Suite à la décision prise par le Conseil des ministres, Joanna Bérenger a également donné des explications dans une vidéo publiée sur sa page Facebook : «Depuis quelque temps, nous avons remarqué que le désherbage dans les espaces publics se faisait souvent à l’aide de produits dangereux, susceptibles d’avoir des conséquences néfastes sur l’environnement et la santé. Avec le soutien du ministre, j’ai donc pris l’initiative de convoquer un comité interministériel réunissant des représentants de différentes autorités, notamment le Laboratoire de l’environnement, le Mauritius Sugarcane Industry Research Institute, le Food and Agricultural Research and Extension Institute, la Road Development Authority ainsi que les municipalités, qui ont l’habitude d’utiliser des produits chimiques pour le désherbage. Grâce à leur contribution, nous avons élaboré un guide présentant les meilleures pratiques en la matière. Bien sûr, la meilleure solution reste d’éviter l’utilisation de produits chimiques et de privilégier le désherbage manuel. Mais lorsque les distances sont longues et que les effectifs sont limités, des solutions alternatives peuvent être envisagées. C’est dans ce contexte que les produits écologiques prennent toute leur importance».

L’un des principaux objectifs de ces lignes directrices est d’atténuer les risques environnementaux potentiels liés à l’utilisation d’herbicides. Une attention particulière est accordée à des questions telles que la contamination des ressources en eau, la dégradation de la qualité des sols et l’apparition de mauvaises herbes résistantes aux herbicides. Pour répondre à ces préoccupations, les lignes directrices préconisent l’adoption d’approches intégrées de gestion des mauvaises herbes, incluant progressivement des alternatives respectueuses de l’environnement, comme les bio-herbicides, en particulier dans les zones écologiquement sensibles.

Les lignes directrices soulignent également l’importance de protéger les écosystèmes environnants et les terres agricoles grâce à la création de zones tampons (buffer zones) où les herbicides ne doivent pas être appliqués. Ces zones agissent comme des barrières protectrices, réduisant les risques de ruissellement chimique, de dérive de pulvérisation et de contamination involontaire.

Les zones tampons recommandées sont les suivantes :

⚫ Plans d’eau (rivières et canaux) : une zone tampon d’au moins 30 mètres doit être maintenue à proximité des rivières et des canaux. Cette recommandation est conforme aux dispositions du Rivers and Canals Act, qui réglemente les activités menées à proximité de ces plans d’eau afin de prévenir la pollution et de préserver la qualité de l’eau.

⚫ Zones agricoles : une zone tampon non traitée d’au moins 10 mètres doit être maintenue autour des zones agricoles afin d’empêcher la dérive ou le ruissellement des herbicides d’affecter les cultures, les sols et les activités agricoles.

Toutes ces mesures requièrent une collaboration étroite entre les différentes parties concernées. Toutefois, selon Joanna Bérenger, «le plus grand défi est de réussir à changer les habitudes. Je compte donc sur la collaboration de toutes les personnes concernées pour appliquer ces recommandations. Je suis également fière de partager que nous avons commencé par nous-mêmes : les herbicides ne sont plus utilisés par Mauri-Facilities depuis que ce comité a commencé à se réunir. Nous continuerons à apporter notre contribution pour avancer dans la bonne direction, mais surtout pour travailler en collaboration avec les autres ministères, car la coordination est indispensable pour progresser».


Le glyphosate, incompatible avec l’agriculture durable

D’après une récente analyse scientifique menée par des chercheurs de l’Université Tufts (Massachusetts), les herbicides à base de glyphosate sont incompatibles avec les objectifs de l’agriculture durable. Le glyphosate est l’ingrédient actif pesticide le plus utilisé au monde. On le retrouve dans de nombreuses formulations d’herbicides, notamment le Roundup. L’utilisation de ce produit chimique n’a cessé d’augmenter depuis l’apparition des cultures génétiquement modifiées conçues pour tolérer le glyphosate.

Or, plusieurs études démontrent que le glyphosate constitue une cause majeure de dommages pour la santé humaine, la faune et les écosystèmes, la toxicité des herbicides ayant doublé depuis 2004. Omniprésents dans l’environnement, les pesticides comme le glyphosate mettent en péril la santé, l’économie ainsi que l’alimentation et les ressources des générations futures.

Une étude menée en Martinique par le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement a ainsi montré une diminution moyenne de 21 % de la biodiversité dans les parcelles de banane fréquemment traitées au glyphosate.

Bio-herbicides

Les bio-herbicides, issus de sources naturelles, constituent une alternative écologique aux herbicides chimiques. Depuis les années 1980, ils suscitent un intérêt croissant en raison de leur dégradation rapide dans l’environnement et de leur faible toxicité. Produits à partir de plantes ou de micro-organismes, ils perturbent les processus biologiques des adventices, freinant ainsi leur croissance. Des extraits végétaux efficaces, tels que la farine de graines de moutarde, ainsi que certains métabolites microbiens ont été identifiés comme de puissants agents bio-herbicides, capables de réduire la germination des mauvaises herbes par différentes voies biochimiques.

Leurs principaux avantages résident dans la réduction de la pollution environnementale, la diminution de la contamination des sols et de l’eau, ainsi que dans la promotion d’une agriculture durable grâce à une moindre dépendance aux produits chimiques de synthèse, contribuant ainsi à l’équilibre écologique.

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