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Nad Sivaramen et Pov célèbrent l’Indépendance avec des élèves
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Nad Sivaramen et Pov célèbrent l’Indépendance avec des élèves
Le rituel est connu. Chaque 11 mars, dans les écoles de l’île, le même cérémonial se déploie comme une petite liturgie civique : le message du Premier ministre, le lever du drapeau, les chants patriotiques repris par des voix encore fraîches, les gâteaux et les rafraîchissements partagés dans les cours d’école. Un folklore familier où les enfants agitent fièrement leur quadricolore, comme pour rappeler que la nation se réinvente d’abord dans leurs regards.
Cette année, l’express a répondu à l’invitation de trois institutions des Plaines-Wilhems : le collège Bon et Perpétuel Secours , à Beau-Bassin ; la Special Education Needs Ruth School, à Rose-Hill ; et l’école pré-primaire Bises Bees, à Belle-Rose.
Le directeur des publications de l’express, Nad Sivaramen, qui a lu le message du Premier ministre, et le dessinateur de presse Pov ont partagé des moments privilégiés avec les élèves de la Ruth School et de Bises Bees. Les deux auteurs du livre Derrière l’arc-en-ciel mauricien – publié à l’occasion du cinquantenaire de l’Indépendance et récemment réimprimé – ont offert quelques exemplaires de leur ouvrage aux responsables des deux établissements. L’occasion aussi d’évoquer devant les élèves le passage de Maurice d’un statut colonial à celui de pays souverain et indépendant, ayant sa voix, depuis 1968, dans le concert des nations.
«L’indépendance n’est pas un aboutissement, expliquait Nad Sivaramen, mais un effort continu, quotidien et précieux. L’affaire des Chagos nous rappelle que tout n’est pas encore achevé, que le processus de décolonisation se poursuit encore aujourd’hui.»
Le livre se présente comme un petit manuel politico-historique. On y suit un personnage né à Port-Louis le 12 mars 1968. «C’est la fille de toutes les cultures. Elle est joliment naïve et ne voit pas les lobbies sectaires et autres forces occultes à l’œuvre derrière l’arc-en-ciel mauricien.» À travers elle, c’est plus d’un demi-siècle d’histoire nationale qui défile, croqué par le trait acéré de Pov et raconté sans complaisance par Nad Sivaramen.
Ce que cache l’arc-enciel mauricien (1963-2063), c’est en réalité un siècle qui s’ouvre avec la création de l’express en 1963, «un acte de foi en un pays qui n’existe pas encore». En s’appuyant sur des parallèles – «de Rault à Lam Shang Leen», notamment en matière de commissions d’enquête sur le trafic de drogue – les auteurs soulignent d’un trait appuyé le fléau persistant de la drogue. Une fois les couleurs de façade estompées, que reste-t-il de cet arc-en-ciel mauricien tant vanté ? Une île «sous la domination de quelques patronymes dynastiques et de lobbies sectaires. Ceux qui sont au pouvoir refusent de changer les règles du jeu démocratique (…) Notre passé colonial nous empêche encore d’entrer pleinement dans l’ère moderne, où le mérite de l’individu devrait primer».
Mais ce 11 mars, dans les cours d’école, les débats d’adultes cèdent la place à une ferveur plus simple. Des visages illuminés, des drapeaux qui flottent comme des papillons de tissu dans la lumière de mars, et cette joie enfantine qui donne au mot patrie sa dimension la plus vivante.
Quelques clichés viennent saisir ces instants hauts en couleurs, où patriotisme et spontanéité se rencontrent.
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