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L’arrivée annoncée d’Uber ravive les inquiétudes des taxis
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L’arrivée annoncée d’Uber ravive les inquiétudes des taxis
■ Alors que l’introduction d’Uber est évoquée à Maurice, la communauté des chauffeurs de taxi exprime ses réserves, notamment sur la question des commissions, du cadre légal et de l’impact sur les tarifs pour les usagers.
L’annonce de l’arrivée prochaine de la plateforme américaine Uber à Maurice continue d’alimenter les discussions dans le secteur du transport. Si le projet est évoqué depuis plusieurs semaines, les autorités ont déjà indiqué que le modèle envisagé ne serait pas identique à celui appliqué dans d’autres pays. Il devrait plutôt être adapté aux réalités locales ainsi qu’au cadre légal mauricien.
Malgré ces précisions, la perspective d’un système de réservation en ligne dans le transport soulève plusieurs interrogations, notamment au sein de la communauté des chauffeurs de taxi qui pourraient être directement concernés par cette évolution. Le président de la Taxi Proprietors Union (TPU), Raffick Bahadoor, affirme que des échanges ont déjà eu lieu avec plusieurs membres du gouvernement à ce sujet. «Nous avons rencontré différents ministres impliqués dans ce dossier, notamment ceux du Travail et des Technologies de l’information et de la communication», explique-t-il.
Au sein de la TPU, plusieurs réunions ont été organisées afin d’évaluer les implications d’un tel système pour les opérateurs du secteur. Selon Raffick Bahadoor, les discussions ont notamment porté sur l’introduction des réservations en ligne. «Après une réunion de l’exécutif de la TPU, la majorité des membres ont fait part de leurs appréhensions concernant l’aspect des réservations en ligne. Sur ces plateformes, il est souvent question de commissions, ce qui peut entraîner une hausse du coût de la course. Au final, ce sont les clients qui risquent de payer davantage», explique-til. Il ajoute qu’une réunion tenue le 12 février a permis aux membres de réaffirmer leurs préoccupations quant à l’intégration de ce modèle dans le secteur.
Raffick Bahadoor souligne également que la National Land Transport Authority (NLTA) a publié plusieurs communications relatives aux services opérant via des plateformes numériques. «Trois communiqués ont été émis. Dans le dernier, daté du 13 février, la NLTA a informé nos conseillers légaux que certaines compagnies opérant en ligne ne disposent pas de permis ou de licence pour fonctionner comme services de réservation en ligne. Il a aussi été précisé qu’elles ne peuvent pas utiliser des voitures privées ou des vans pour ce type d’activité», indique-t-il.
Selon lui, ces éléments montrent la nécessité de clarifier le cadre réglementaire avant toute mise en œuvre. Le président de la TPU rappelle que la question des plateformes numériques dans le transport a déjà été soulevée par le passé, notamment en 2018 et en 2021. «À ces moments-là, nous avions déjà fait ressortir certaines préoccupations concernant le cadre légal. Dans certaines situations, aussi bien le chauffeur que l’opérateur pouvaient se retrouver dans une situation non conforme aux règlements en vigueur», affirme-t-il.
L’idée d’une plateforme locale
Il reconnaît toutefois que le secteur des taxis doit aussi évoluer face aux transformations technologiques et aux attentes des usagers. Dans ce contexte, la TPU estime qu’une solution développée localement pourrait être envisagée. Raffick Bahadoor rappelle qu’il avait proposé la création d’un Taxi Operator Welfare Fund, destiné à soutenir les opérateurs du secteur. Selon lui, ce fonds pourrait éventuellement servir de base à la mise en place d’une plateforme numérique regroupant les taxis mauriciens. «L’idée serait que ce fonds puisse gérer une plateforme permettant d’opérer les taxis à Maurice, tout en respectant les lois et les règlements de la NLTA», explique-t-il.
Il ajoute que certaines personnes disposant de compétences techniques seraient prêtes à accompagner un tel projet, même si sa mise en place nécessiterait des investissements. Pour l’heure, aucune décision finale n’a été annoncée concernant l’encadrement des plateformes de transport en ligne à Maurice. Raffick Bahadoor rappelle que la décision reviendra aux autorités compétentes. «Le dernier mot appartiendra au ministre, en collaboration avec la NLTA et les instances chargées de délivrer les licences», souligne-t-il.
Dans l’intervalle, certains chauffeurs de taxi envisageraient de se mobiliser afin de faire entendre leur position sur l’évolution du secteur, alors que plusieurs d’entre eux se seraient déjà enregistrés auprès de services de réservation. Une réaction officielle du ministère des Transports terrestres est attendue afin de clarifier les modalités d’encadrement de ces nouvelles plateformes dans le paysage du transport mauricien.
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