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Recherche interinstititionnelle

Introduction du kreol morisien au Parlement : Un rapport qui ouvre la voie

1 mars 2026, 12:00

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Introduction du kreol morisien au Parlement : Un rapport qui ouvre la voie

La commissaire de la Higher Education Commission Romeela Mohee, la speaker de l’Assemblée Shirin Aumeeruddy-Cziffra et le linguiste Arnaud Carpooran, lors de la présentation du rapport sur l’introduction du kreol au Parlement.

L’université de Maurice (UoM) a récemment accueilli la présentation d’un rapport de recherche interinstitutionnel consacré à l’introduction du Kreol Repiblik Moris au Parlement et dans d’autres institutions publiques. Intitulé Promoting Institutional Democracy through Language Access in Kreol Repiblik Moris and Digital Innovation, ce projet, financé par la Higher Education Commission, s’inscrit dans une démarche visant à promouvoir l’accès linguistique et à renforcer la participation démocratique à travers l’utilisation du kreol dans les sphères institutionnelles.

La présentation s’est tenue en présence de plusieurs acteurs du monde académique et institutionnel, dont la Speaker de l’Assemblée nationale, Shirin Aumeeruddy-Cziffra. Dans son intervention, elle a salué l’ampleur du travail accompli, qualifiant cette initiative de «monumentale». Elle a rappelé que la question de l’introduction du kreol au Parlement n’est pas nouvelle et qu’elle s’inscrit dans un long processus marqué par des débats et des revendications autour de la démocratie linguistique. «Tous les combats liés à la démocratie prennent du temps. Il faut de la patience et du travail», a-t-elle souligné.

Selon la Speaker, les avancées réalisées dans le cadre de ce projet permettent aujourd’hui d’envisager plus concrètement l’introduction du kreol dans les travaux parlementaires. Elle a expliqué que des collaborations étroites sont déjà en cours et que, d’un point de vue technique, plusieurs éléments sont désormais prêts. Toutefois, la concrétisation de ce projet dépendra de décisions politiques. L’acceptation par l’exécutif constitue une étape clé, suivie d’éventuelles modifications de la Constitution et des règlements internes du Parlement. «Le Parlement est suprême, ce sont les députés qui décideront», a-telle rappelé, tout en précisant que l’introduction de la langue pourrait se faire de manière progressive afin de permettre des ajustements si nécessaire.

Le linguiste Arnaud Carpooran est revenu sur l’évolution du kreol dans la société mauricienne et sur le travail accompli au fil des années pour lui donner une reconnaissance institutionnelle. Il a rappelé que les premières discussions autour de l’introduction du kreol au Parlement remontent à plusieurs années, avant de connaître un regain d’intérêt récemment. Ce projet a notamment bénéficié d’un financement de la Higher Education Commission, permettant la mise en place d’une première phase de recherche et de concertation.

Selon lui, cette démarche s’inscrit dans un processus d’aménagement linguistique par lequel une langue passe d’un usage essentiellement oral à un statut plus formel. Le kreol, aujourd’hui langue écrite et enseignée à l’école, a progressivement évolué vers une reconnaissance institutionnelle. «Nous avons fait passer le kreol d’une langue non institutionnelle à une langue institutionnelle, et peut-être qu’elle deviendra demain une langue technique et administrative», a-t-il expliqué.

D’autres intervenants ont également salué ce travail de longue haleine. Jasmine Toulouse a notamment rendu hommage à la persévérance des chercheurs engagés dans ce projet, évoquant un héritage important qui sera transmis aux générations futures.

La publication finale du rapport est attendue prochainement. Elle devrait contribuer à alimenter les discussions sur l’introduction du kreol dans les institutions et marquer une nouvelle étape dans l’évolution de cette langue au cœur de l’identité mauricienne.

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