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«Child ill-treatment»

Loreto Junior School: L’enseignant de musique arrêté, les parents réclament des réponses

25 février 2026, 05:00

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Loreto Junior School: L’enseignant de musique arrêté, les parents réclament des réponses

L’enseignant de musique Frédéric Pavaday lors de son arrestation hier.

Nouvelle étape dans l’affaire des allégations d’attouchements présumés à la Loreto Junior School, à Curepipe. Frédéric Pavaday, ancien enseignant de musique de l’établissement, a été arrêté hier par la police. Âgé de 50 ans et domicilié à Riche-Terre, il s’est présenté dans la journée au poste de police de Curepipe, accompagné de ses avocats, Mᵉˢ Sanjeev Teeluckdharry et Sachin Boodhoo. Son nom avait été cité dans une plainte déposée la veille par une collégienne de 12 ans (voir hors-texte). Il a comparu devant le tribunal de district de Curepipe sous une accusation provisoire de Child Ill-treatment, avant d’être conduit en cellule policière.

Dans sa déposition, enregistrée en présence de sa mère, la jeune fille de 12 ans affirme que les faits allégués remonteraient à 2022, alors qu’elle était encore en primaire. Elle évoque des attouchements et des propos jugés inappropriés. Elle a indiqué aux enquêteurs être en mesure d’identifier formellement l’enseignant et se dit disposée à collaborer avec la police. Sollicité à sa sortie du poste de police, Mᵉ Sanjeev Teeluckdharry n’a pas souhaité faire de déclaration. L’enquête policière se poursuit.

Inquiétudes des parents

Depuis plus d’une semaine, la Loreto Junior School est au cœur d’une vive controverse. Des accusations de comportements déplacés visant l’enseignant ont été rendues publiques par une ancienne élève, aujourd’hui installée en Australie. L’affaire suscite de vives inquiétudes parmi les parents et mobilise plusieurs instances officielles. Parents, autorités scolaires et ministères tentent de reconstituer les faits et d’établir les responsabilités. L’atmosphère au sein de l’établissement est lourde, marquée par l’angoisse et l’attente de réponses concrètes.

Le samedi 21 février, lors du lancement du tournage du projet audiovisuel De femme à femmes : Échos de vie, dans le cadre de la Journée internationale des droits des femmes, la ministre de l’Égalité des genres et du Bien-être de la famille, Arianne Navarre-Marie (voir ci-contre), a tenu à rassurer le public : son ministère traite cette affaire avec le plus grand sérieux.

Selon les informations disponibles, la direction de l’école a officiellement signalé le cas au Family Support Service (FSS) de Phoenix. Deux élèves âgées de 11 et 12 ans, actuellement en Grade 7, devraient prochainement être entendues par des psychologues du ministère. L’une des familles concernées s’est déjà rendue à la Brigade pour la protection de la famille de Vacoas, le lundi 23 février, où l’enfant a été examinée par un psychologue, avant de consigner une déposition à la police de Curepipe. Les faits évoqués remonteraient à plusieurs mois, et les élèves concernées ont quitté l’école à la fin de l’année dernière.

Le ministre de l’Éducation, Mahend Gungapersad, suit le dossier de près et s’est entretenu avec le président de la Parent Teacher Association (PTA), Jean-Luc Rancier, pour assurer le soutien des autorités. Des rencontres entre représentants du ministère et parents sont prévues afin de faire le point sur la situation et répondre aux inquiétudes croissantes des familles, nombreuses à réclamer davantage de communication et de transparence.

Du côté des parents, la tension reste palpable. Jean-Luc Rancier, lui-même parent d’élève, affirme que les derniers jours ont été particulièrement éprouvants pour les familles. Selon lui, l’absence de communication officielle de la part de l’établissement après les réunions organisées la semaine dernière a contribué à accentuer l’inquiétude. «Les parents ont très mal vécu ces derniers jours parce qu’il n’y a eu aucun communiqué ni courriel pour les remercier de leur présence aux réunions ou pour expliquer les actions qui seront prises rapidement par l’établissement», explique-t-il.

Jean-Luc Rancier.jpg Jean-Luc Rancier, président de la PTA, affirme que les parents attendent des actions concrètes et des éclaircissements rapides pour assurer la sécurité des élèves.

Cette situation a plongé de nombreux parents dans l’angoisse. «Ils exigent que des actions soient prises correctement et convenablement et en concertation avec eux», ajoute-t-il. Plusieurs parents s’interrogent notamment sur la chronologie des démarches entreprises. Selon le président de la PTA, la direction aurait indiqué, le jeudi 19 février, qu’une plainte avait été déposée auprès des instances concernées, alors que le signalement au FSS n’aurait été effectué que le lendemain.

Pour de nombreuses familles, la priorité demeure la sécurité des élèves. «La sécurité de mon enfant passe avant tout», insiste Jean-Luc Rancier, qui prévient que les parents suivront de près les développements avant de décider des actions à entreprendre. «Les parents ne vont pas rester les bras croisés. Nous attendons les événements majeurs de cette semaine et nous prendrons des décisions en conséquence», prévient-il. Certains parents issus du domaine juridique évalueraient également les démarches entreprises et leur conformité aux procédures.

Il en ressort que l’enseignant mis en cause avait été suspendu en 2025 avant d’être licencié cette année, sans que les circonstances exactes soient précisées officiellement. Sollicitée pour une réaction, la direction de l’établissement n’a pas été en mesure de répondre, ses responsables étant retenus par des réunions. En attendant les conclusions de l’enquête et les procédures en cours, cette affaire continue de susciter de vives préoccupations au sein de la communauté scolaire de Curepipe, où parents et autorités s’accordent sur un point : toute la lumière devra être faite pour garantir la sécurité et le bien-être des élèves.

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Une collégienne de 12 ans dénonce les gestes déplacés

Une habitante de Curepipe a signalé à la police des gestes jugés inappropriés subis par sa fille, aujourd’hui âgée de 12 ans, lorsqu’elle fréquentait la Loreto Junior School. Les faits remonteraient à 2022, lorsque l’adolescente était élève primaire. L’enseignant de musique Frédéric Pavaday aurait touché ses épaules et ses cheveux à plusieurs reprises, saisi sa hanche par-dessus son uniforme, et, après un cours, déclaré qu’il l’aimait avant de la serrer dans ses bras. En 2023, il aurait également posé la main sur sa cuisse dans le hall de l’établissement. En 2025, il aurait envoyé des messages contenant des compliments, la mettant mal à l’aise. Accompagnée de sa mère, la mineure a signalé les faits et peut identifier l’enseignant. Les services spécialisés de la police, notamment la Brigade pour la protection de la famille et la «Child Development Unit», ont été informés.

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Arianne Navarre-Marie insiste sur l’importance de dénoncer

La ministre de l’Égalité des genres et du Bien-être de la famille, Arianne Navarre-Marie, s’est dite profondément préoccupée par les allégations d’abus survenues dans cet établissement scolaire. «Ce que nous avons entendu de ce qui s’est passé dans cette école est extrêmement choquant. Lorsque des adultes utilisent leur pouvoir pour abuser des enfants et que des personnes en position d’autorité, censées les protéger, ne jouent pas leur rôle comme il le faut, cela nous interpelle et soulève de sérieuses questions sur notre société», a-t-elle déclaré.

La ministre a rappelé l’importance de dénoncer les abus et a salué le courage des parents qui ont déjà entrepris des démarches. «J’ai toujours encouragé les victimes à parler. Je suis satisfaite qu’un parent ait porté plainte. Je comprends aussi qu’un autre parent ne l’ait pas fait parce que son enfant n’a pas été victime. Tant mieux si cet enfant n’a pas subi d’abus. Mais j’encourage toutes les familles dont les enfants ont été victimes à venir de l’avant et à témoigner afin que ces actes cessent.»

Elle a également souligné que la peur du regard des autres ne doit pas freiner les démarches. «Parfois, nous craignons que cela ne salisse la réputation de notre famille ou de notre enfant. Mais l’intérêt de l’enfant prime sur toute autre considération.»

La ministre a tenu à rappeler que les professionnels de l’enfance et les responsables d’établissements scolaires ont une obligation légale de signaler tout cas d’abus, qu’il soit physique ou psychologique. «Toute personne qui ne rapporte pas ces cas ne respecte pas la section 34 de la Children’s Act.» Enfin, elle a invité le public à utiliser les services d’aide disponibles. «Les lignes téléphoniques 113 et 139 sont à la disposition du public pour demander de l’aide. Il ne faut pas hésiter, car une intervention rapide peut éviter des drames.»

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