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Maurice et les énergies renouvelables : il est temps de sortir de l’illusion

16 février 2026, 11:00

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Maurice et les énergies renouvelables : il est temps de sortir de l’illusion

Pendant des années, l’énergie éolienne et solaire ont été présentées comme l’avenir évident : propres, bon marché et inévitables.

C’était la phase de hype. Aujourd’hui, la réalité a rattrapé le discours. Ces technologies ne sont plus révolutionnaires; elles sont matures, contraintes et de plus en plus coûteuses à intégrer à grande échelle. Pour Maurice, persister aveuglément dans cette voie n’est pas seulement discutable – cela peut devenir économiquement irresponsable.

Un pourcentage trompeur

Maurice aime mettre en avant une part relativement élevée d’énergies renouvelables. Mais regardons honnêtement ce qui se cache derrière ce chiffre : la bagasse. Ce sous-produit de la canne à sucre joue depuis longtemps un rôle central dans notre mix énergétique. Or, la production de canne diminue année après année, et tout indique que cette tendance va se poursuivre.

Il n’y a que mon ami Arvin Boolell qui pense le contraire ! À mesure que la canne disparaît, la bagasse disparaîtra aussi et, avec elle, une large part de nos «bons résultats» en matière de renouvelables. Faire comme si cela n’allait pas arriver relève du maquillage statistique.

Éolien et solaire : plus la panacée annoncée

L’éolien et le solaire sont par nature intermittents. Ils ne produisent pas d’électricité quand on en a besoin, mais quand la météo le permet. Cela impose de recourir à des capacités de secours, au stockage. Rien de tout cela n’est gratuit, même si le stockage permet d’alimenter le réseau pendant la pointe, il n’en demeure pas moins que quand il n’y a que peu de soleil, stockage ou pas, la production est très faible.

Dans un petit réseau isolé comme celui de Maurice, les coûts d’intégration élevés de l’éolien et du solaire sont disproportionnés. Les batteries restent extrêmement chères. Rappelons que la prise au sol du solaire nécessite plus de 1,5 hectare par MW installé. Mais comme le facteur de charge est de +/-20%, pour 1MW net moyen, il faut plutôt 6 à 10 hectares! Maurice n’est pas la Chine en termes de superficie disponible…

Le renforcement du réseau est inévitable et le résultat est simple : des factures d’électricité plus élevées pour les ménages et les entreprises.

Les alternatives : retour à la réalité

Avec le déclin de la bagasse, les options se réduisent.

• Les copeaux de bois font rêver sur le papier – renouvelables, naturels, politiquement corrects. En réalité, ils sont très coûteux, majoritairement importés, et entraîneraient inévitablement une forte hausse du prix de l’électricité. Je me suis laissé dire que la transformation d’une de nos centrales à charbon pour brûler des pellets coûterait Rs 4 milliards en plus aux consommateurs!

Le charbon, bien que mal vu dans le discours dominant, reste bon marché, fiable et pilotable. Il fait ce qu’un système énergétique est censé faire : fournir de l’électricité quand on en a besoin, à un coût prévisible. Je pense que l’état devrait sans hésiter assurer le renouvellement des contrats IPP Charbon sans hésiter.

Reste le nucléaire ! Vaste débat, il est vrai. Les petits réacteurs modulaires (SMR) définis généralement de 60à300MW devraient être considérés. Même si c’est un vaste débat, ça reste une alternative. La question n’est pas idéologique. Elle est économique.

Le changement climatique : Une question de proportion

Lutter contre le changement climatique est une cause noble, personne ne le conteste.

Mais est-ce une raison suffisante pour faire exploser les prix de l’énergie à Maurice ? Je ne le crois pas.

La contribution de Maurice aux émissions mondiales est infinitésimale, à peine mesurable. Même si l’île devenait neutre en carbone demain, l’impact sur la température mondiale serait nul.

Il n’est ni juste ni rationnel qu’une petite économie supporte des coûts proportionnellement bien plus élevés simplement pour afficher une posture vertueuse sur la scène internationale.

Que ceux qui polluent massivement en assument le coût.

Maurice d’abord

La politique énergétique n’est pas un concours de morale. Elle concerne la survie économique, la compétitivité et la stabilité sociale. Une électricité chère pénalise tout le monde : les ménages, les PME, les exportateurs, et au final l’emploi. Maurice n’a pas besoin de gestes symboliques.

Elle a besoin d’une énergie fiable et abordable. Il est temps de cesser de courir après les modes et de prendre des décisions fondées sur l’intérêt national, la réalité des chiffres et le pragmatisme.

Maurice d’abord.

À mon avis, uniquement.

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