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Patients sous dialyse

«Notre survie dépend de la securité des services»

8 février 2026, 11:00

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«Notre survie dépend de la securité des services»

■ Immunodéprimés et dépendants de la dialyse plusieurs fois par semaine, les patients de l’hôpital de Souillac réclament des protocoles stricts et uniformes pour garantir leur sécurité face aux risques d’infection.

Ils ne parlent ni en techniciens, ni en décideurs, encore moins en bureaucrates. Leur voix est celle de patients dont la survie dépend d’un traitement lourd, régulier et non négociable. Dans une lettre ouverte adressée au ministre de la Santé, Anil Bachoo, les patients sous dialyse à l’hôpital de Souillac lancent un appel pressant à renforcer et formaliser les protocoles de sécurité aux unités de dialyse, face aux risques accrus d’infections.

Immunodéprimés pour la plupart, contraints de se rendre à l’hôpital plusieurs fois par semaine, ces patients figurent parmi les plus vulnérables du système de santé. «Nous ne pouvons pas choisir de rester chez nous ou de reporter un traitement. Nous dépendons entièrement du système pour nous protéger», écrivent-ils avec gravité. Au cœur de leurs préoccupations : la proximité jugée dangereuse entre les unités de dialyse et les zones d’isolement mises en place dans les hôpitaux dans le cadre des mesures de contrôle des infections.

Pour ces patients, toute faille dans la séparation des espaces à haut risque constitue une menace directe pour leur vie. Ils demandent ainsi au ministère de la Santé d’établir un protocole national clair et strict, applicable à tous les hôpitaux publics, afin de garantir une protection maximale des services de dialyse. Dans leur lettre, les patients formulent cinq demandes précises. D’abord, une séparation physique absolue entre les services de dialyse et les zones d’isolement. Aucun patient, ni membre du personnel de dialyse ne devrait transiter ou travailler dans des espaces exposés à des risques infectieux élevés.

Ils réclament également un accès strictement contrôlé aux unités de dialyse, réservé uniquement aux patients concernés et au personnel essentiel. Les allées et venues inutiles, selon eux, augmentent inutilement les risques de contamination. Autre point crucial : le respect des distances de sécurité entre les patients. Lorsque l’espace manque, les signataires plaident pour des ajustements d’horaires plutôt que des compromis mettant en péril leur santé.

La formation du personnel figure également parmi leurs priorités. Les patients estiment que les infirmiers et techniciens en dialyse doivent bénéficier d’une formation spécialisée et prioritaire en prévention des infections, adaptée à cet environnement à haut risque. Enfin, ils insistent sur la nécessité de machines de dialyse dédiées aux patients placés en isolement, sans jamais déplacer ces équipements entre zones isolées et unités normales.

Traumatisme du Covid-19 en 2021

Les patients tiennent à le préciser : leurs revendications ne s’inscrivent nullement dans une logique de traitement de faveur. «Il s’agit de mesures fondées sur les meilleures pratiques internationales et sur des principes élémentaires de sécurité des patients », soulignent-ils. À travers cette démarche, ils lancent avant tout un appel à la responsabilité et à l’anticipation des autorités. Ils exhortent le ministère de la Santé à formaliser ces règles dans les plus brefs délais et à veiller à leur application rigoureuse sur le terrain. «Agir maintenant, c’est protéger des vies, prévenir des drames évitables et garantir la sécurité du personnel soignant», insistent-ils, rappelant que la sécurité des patients doit rester une priorité nationale.

Pour Bose Soonarane, secrétaire de la Renal Disease Patients’ Association, cette inquiétude est profondément ancrée dans un traumatisme encore vif. Les patients dialysés, en particulier ceux pris en charge à l’hôpital de Souillac, revivent les événements dramatiques de 2021, en pleine pandémie. «Ils revivent cette mauvaise expérience du 26 mars 2021. Peut-être que leur crainte n’est pas justifiée cette fois-ci, mais les faits sont là. Ils ont peur de revivre ce traumatisme lié au Covid-19», confie-t-il.

«Ils ont été arrachés à leur foyer et à leur environnement habituel pour être placés en quarantaine, dans un hôtel, loin de leur famille, sans toujours bénéficier des traitements adéquats», rappelle-t-il. Le ministère de la Santé se doit aujourd’hui de rassurer l’ensemble des patients dialysés, dans tous les centres et hôpitaux du pays, en communiquant de manière transparente et détaillée, plaide-t-il. «Il est essentiel de fournir un maximum d’informations sur ce virus, notamment sur ses modes de transmission. Cela permettrait de redonner confiance aux patients.» Il faut désormais espérer que cet appel ne restera pas lettre morte.

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