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Démêler le nœud financier de Metro Express Ltd, une priorité

24 janvier 2026, 18:00

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Démêler le nœud financier de Metro Express Ltd, une priorité

Le métro utilise un système de freinage régénératif : lors des phases de ralentissement, le véhicule ne consomme pas d’électricité mais en produit, réinjectant l’excédent dans le réseau d’alimentation.

Le Metro Express a profondément transformé les déplacements à Maurice depuis sa mise en service en 2020. Mais depuis, Metro Express Ltd (MEL) fait face à des difficultés financières. Avec l’arrivée du nouveau régime, le ministre du Transport Osman Mahomed est bien décidé à stopper les pertes et l’objectif affiché est d’optimiser l’ensemble des ressources.

MEL est donc à la croisée des chemins, avec des défis concernant le coût des opérations, les pertes liées aux personnes qui voyagent sans acheter leur ticket, la digitalisation et le recrutement du personnel, entre autres. Sur le volet personnel, justement MEL est en campagne de recrutement pour des postes comme IT Manager, Ticket Inspector ou encore Senior Accountant.

100 % mauricien. Vincent Ho Kam, Marketing and Communication Manager de MEL, nous explique que MEL compte un effectif de 366 employés, composé «de 100 % de talents mauriciens». Le département qui compte le plus grand nombre de travailleurs est celui des Opérations. «Ce pôle est névralgique puisqu’il regroupe les Train Captains, les Ticket Inspectors, les équipes du centre de contrôle, ainsi que le personnel technique dédié à la maintenance des infrastructures ferroviaires et des véhicules (LRVs). Il est important de souligner que les opérations de maintenance et d’inspection du réseau et des LRVs s’effectuent principalement de nuit. Ainsi, les opérations de MEL sont actives 24h/24, 7j/7 et 365 jours par an.»

Situation financière. Le gouvernement a renoncé au projet d’extension du tram entre Réduit et Côte-d’Or, une décision qui réduit les investissements à court terme, mais ne règle pas les problèmes internes de la compagnie. En 2025, les avoirs de Metro Express ont déjà été dépréciés de Rs 100 millions, signe tangible de la détérioration financière. Les comptes affichent un déficit persistant : recettes insuffisantes, coûts d’exploitation élevés et éventuelles inefficacités dans la gestion des actifs et des ressources.

Le ministre Osman Mahomed a cependant déclaré récemment que les coûts d’exploitation ont été réduits de Rs 76,2 millions en huit mois, sur l’année financière de juin 2024 à juin 2025. Pour Vincent Ho Kam, la réduction des coûts d’exploitation «découle directement de la vision stratégique conjointe du ministre, et de la direction de MEL, couplée à l’esprit d’équipe qui anime l’ensemble de l’entreprise. C’est la combinaison de cette direction claire et de l’effort collectif de nos collaborateurs qui a permis de rationaliser nos dépenses et de mener à cette réduction significative des coûts opérationnels».

«Crackdowns». Il est également question de réduire les pertes liées aux fraudeurs (Rs 60 millions annuels) et rationaliser les dépenses énergétiques, en misant sur le positionnement vert du réseau. Selon Vincent Ho Kam, «la fraude est une réalité opérationnelle que nous traitons avec la plus grande rigueur». La priorité absolue est d’assurer l’équité entre tous les passagers.

En complément des équipes de Ticket Inspectors déjà présentes en permanence sur les quais et dans les LRVs, MEL affirme qu’il poursuivra et renforcera dans les jours à venir ses opérations de contrôle (crackdowns), en étroite collaboration avec les forces de police. «Nous avons d’ores et déjà identifié les zones et créneaux horaires nécessitant cette vigilance accrue», tient encore à souligner Ho Kam.

Énergie. Pour ce qui est de rationaliser les dépenses énergétiques en misant sur le positionnement vert du réseau, MEL affirme avoir mis en place des mesures techniques avancées. Les trains utilisent un système de freinage régénératif. Lors des phases de ralentissement, le véhicule ne consomme pas d’électricité mais en produit, réinjectant l’excédent directement dans le réseau d’alimentation.

À cela s’ajoute la régulation de l’éclairage en station durant les heures de fermeture et, en interne, l’installation de capteurs de mouvement dans les bureaux ainsi que des consignes strictes sur l’utilisation de la climatisation. «Nous appelons à la coopération des passagers. Nous leur demandons de ne pas obstruer les portes lors des arrêts. Les ouvertures prolongées laissent échapper l’air frais, obligeant les systèmes de climatisation à surconsommer pour maintenir la température, ce qui impacte notre bilan énergétique.»

Digitalisation. Autre volet qui retient l’attention des usagers, est la digitalisation du mode de paiement. Les passagers peuvent utiliser la MECard, rechargeable directement aux bornes en station. Selon Vincent Ho Kam, l’intégration bancaire permet également la recharge via mobile avec la fonction sans contact. «De plus, notre partenariat stratégique avec Mauritius Telecom permet l’achat de tickets via l’application Mytmoney (QR Code) en station. Pour aller plus loin vers le cashless, Metro Express déploiera prochainement des terminaux de paiement (POS) sur ses automates afin de permettre le paiement direct des tickets via le standard QR code MauCAS.»

Sécurité. Le volet sécurité dans le métro est un autre aspect très important, avec des cas d’agression rapportés en 2025. Vincent Ho Kam assure que MEL a récemment engagé un nouveau prestataire de sécurité qui assure la surveillance des sites stratégiques ainsi que le long du tracé ferroviaire. Le dispositif de sécurité comprend : des patrouilles en uniforme à bord des métros ; des patrouilles mobiles véhiculées le long du tracé ; des agents armés dédiés à la sécurisation de la collecte des recettes.

Metro Express explore actuellement l’intégration de logiciels d’analyse intelligente à son système de surveillance existant, afin d’identifier automatiquement les comportements suspects sur les quais ainsi que les tentatives de resquillage. «Chaque rame dispose d’un bouton d’urgence reliant les passagers au Train Captain, lui-même en contact direct avec le Centre de Contrôle où siège une présence policière permanente. Nous travaillons en étroite collaboration avec la police locale.»

En conclusion, malgré l’abandon du projet d’extension et les efforts d’optimisation, la question de la viabilité à long terme de Metro Express demeure centrale pour les finances publiques et la mobilité urbaine. Ce constat souligne le défi pour le gouvernement : préserver l’accès au transport public tout en assurant la rentabilité et la soutenabilité du réseau à long terme.

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