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Réseau transocéanique

La FCC sur la piste du maillon Franklin-Albert entre Maurice, Madagascar et La Réunion

24 janvier 2026, 09:01

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La FCC sur la piste du maillon Franklin-Albert entre Maurice, Madagascar et La Réunion

■ «Franklin», actuellement détenu à La Réunion pour trafic de drogue, est cité à plusieurs reprises dans l’enquête de la FCC.

L’enquête menée par la Financial Crimes Commission (FCC) sur un réseau présumé de trafic de drogue à ramification régionale révèle peu à peu l’ampleur d’une organisation structurée opérant entre Maurice, Madagascar et La Réunion. Au cœur de ce dossier tentaculaire, plusieurs noms reviennent avec insistance : Jean Hubert Celerine, alias Franklin, les cousins Jean Lino Albert et Jean Benjamin Albert, ainsi que Jérémy Décidé, alias Nono.

Selon nos informations, Franklin serait considéré comme l’un des individus disposant d’une connaissance approfondie des circuits de contrebande dans la région. Actuellement détenu à La Réunion, où il purge une peine de prison pour trafic de drogue, son nom continue de surgir dans plusieurs volets de l’enquête mauricienne. Les autorités soupçonnent que certaines méthodes logistiques utilisées par le réseau actuel s’inspireraient directement des pratiques développées par Franklin et son entourage.

L’enquête fait également état de liens anciens entre Franklin et plusieurs protagonistes aujourd’hui sous surveillance. Le cousin de Jean Lino Albert, arrêté en 2025 à Madagascar, aurait reconnu avoir travaillé pour le compte de Franklin par le passé. Il aurait notamment effectué des trajets entre Maurice et La Réunion à bord du Whitebird, (speed boat de Franklin depuis saisi par la FCC), dans un but présumé d’acheminement de drogue. Cet individu aurait aussi mentionné connaître Jérémy Décidé, alias Nono, présenté par les enquêteurs comme un intermédiaire actif dans certaines opérations.

Parmi les personnes à nouveau citées figure également un ancien prête-nom de Franklin, déjà arrêté dans une affaire précédente. À l’époque, son véhicule avait été saisi par les autorités. Aujourd’hui, son nom réapparaît dans les recoupements de la FCC, relançant les soupçons sur son rôle réel au sein du réseau.

L’affaire prend une dimension supplémentaire avec le dossier Wendip Appaya. Ce dernier serait impliqué dans une tentative d’importation de cocaïne remontant à février 2025. Une opération qui aurait échoué après la saisie de 16 kilos de drogue à Madagascar. À la suite de cette interception, six ressortissants malgaches, dont une femme, ainsi que trois Mauriciens ont été arrêtés par la police malgache.

Le 8 février 2025, un homme présenté comme le cousin de Jean Lino Albert a été interpellé avec sa compagne, Emmanuella Solomonesitina, au niveau du bypass d’Alasora, à Tananarive. Ils étaient en possession de 26 paquets de drogue. L’enquête a ensuite permis d’établir que 30 autres paquets avaient déjà été récupérés quelques jours plus tôt dans un hôtel de Tananarive.

Des soupçons persistants

Les regards se tournent désormais vers Jean Lino Albert, contre qui un mandat d’arrêt international a été émis. Avec son cousin Jean Benjamin Albert, ancien ouvrier métallurgiste à Maurice, ils sont soupçonnés d’avoir structuré une filière opérationnelle entre les deux îles. Jean Benjamin Albert, qui s’est établi àMadagascar durant la période du confinement après avoir obtenu un permis de résidence, y avait créé une entreprise de fabrication de blocs de glace. Une activité légale qui, selon les enquêteurs, aurait pu servir de couverture à des activités illicites.

Les autorités estiment que Jean Lino Albert, resté à Maurice, aurait coordonné certaines expéditions maritimes, tandis que Jean Benjamin aurait assuré la logistique locale pour le stockage, la manutention et l’acheminement vers les zones côtières. Des échanges réguliers entre les deux hommes auraient été interceptés par les services de renseignement.

Les enquêteurs ont également reconstitué un itinéraire maritime sophistiqué: départ depuis Manompana, escale vers Tromelin, retour à Manompana, puis transfert vers Tamatave avant embarquement sur un speed boat en direction d’un navire se rendant à Maurice. Lors de la dernière opération, une panne aurait contraint l’embarcation à dériver vers Fort-Dauphin, obligeant les trafiquants à emprunter une route terrestre jusqu’à Tananarive, où une partie de la drogue a finalement été saisie.

Aujourd’hui, la FCC travaille en étroite collaboration avec la gendarmerie malgache et les autorités françaises. Les enquêteurs parlent d’un réseau en mutation, où d’anciens groupes concurrents auraient progressivement fusionné autour d’un objectif commun : faire de Maurice une plateforme régionale de redistribution de drogue synthétique.

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