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Vallée-des-Prêtres

Risques d’inondations à Morcellement Ramlagan : Des promesses politiques qui tombent à l’eau

21 janvier 2026, 12:00

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Risques d’inondations à Morcellement Ramlagan : Des promesses politiques qui tombent à l’eau

(Photo d'illustration)

Classé en zone à haut risque par le Land Drainage Masterplan, le Morcellement Ramlagan, situé à Vallée-des-Prêtres, continue de vivre dans la précarité. Malgré les engagements publics et les visites répétées des autorités, les habitants demeurent exposés aux inondations, encore marqués par les épisodes dévastateurs de 2022 et 2024. Dans ce quartier officiellement identifié comme vulnérable, la peur d’une nouvelle montée des eaux reste omniprésente. Depuis plusieurs années, promesses politiques et descentes sur le terrain se succèdent, mais les mesures concrètes tardent à se matérialiser. Les résidents dénoncent une situation figée, où les annonces ne se traduisent pas par une amélioration réelle de leur sécurité.

Les habitants rappellent que des engagements ont été pris publiquement par des élus et des ministres lors de visites sur place. Pourtant, selon eux, ces promesses n’ont apporté aucun changement tangible à leurs conditions de vie. «Ziska ler zero», résument-ils, exprimant leur lassitude face à ce qu’ils perçoivent comme une inaction persistante malgré des assurances répétées.

Les inondations de 2022 et de 2024 restent gravées dans les mémoires. Elles ont causé d’importants dégâts matériels et entraîné des pertes économiques considérables pour les familles du quartier. Ces épisodes ont surtout mis en lumière les failles des dispositifs de prévention et de gestion des crues. Aujourd’hui encore, à chaque période de fortes pluies, les habitants redoutent une nouvelle catastrophe, se disant insuffisamment protégés.

Hassen, résident du Morcellement Ramlagan, ne cache pas sa frustration face à ce qu’il qualifie d’inaction des autorités. Malgré ses démarches auprès de ministres et de députés, il affirme n’avoir constaté aucune réaction concrète, notamment de la part de la Road Development Authority (RDA), pour résoudre les problèmes récurrents. «Après les inondations de 2022, le Premier ministre de l’époque, Pravind Jugnauth, avait effectué une visite et fait de nombreuses promesses qui ne se sont jamais concrétisées», déplore-t-il.

Il rappelle qu’en 2023, la National Development Unit (NDU) a entrepris des travaux d’assainissement, lesquels auraient, selon lui, eu des effets néfastes sur l’écosystème local, en particulier sur les berges des rivières. Depuis 2022, souligne-t-il, la région subit presque chaque année des inondations, illustrant un cycle de catastrophes sans réponse adaptée. En janvier et avril 2024, de nouveaux épisodes ont été enregistrés, tandis que, selon lui, aucun véritable plan d’action gouvernemental n’a été mis en place.«Il n’existe aucune mesure efficace pour gérer les eaux pluviales, alors que les promesses de développement restent lettres mortes», affirme-t-il.

Hassen dresse également le portrait d’un manque d’infrastructures adéquates. Il explique avoir proposé la construction d’une muraille temporaire afin de limiter les dégâts, une initiative qui n’a toutefois pas été approuvée par la RDA. Il critique par ailleurs des visites politiques qu’il juge essentiellement symboliques, se limitant à des prises d’images, alors que la situation sur le terrain demeure préoccupante. Il attire aussi l’attention sur l’état du pont Terminus, adjacent au Morcellement Ramlagan, qu’il décrit comme «enn depotwar», dépourvu de main courante et représentant un danger pour les habitants.

Face à cette accumulation de frustrations, Hassen rappelle que la population a voté pour un changement et attend désormais des réponses concrètes. Lors de réunions, il a réitéré ses préoccupations et proposé des solutions telles que des murs de soutènement temporaires. Toutefois, après plus de trois ans sans actions substantielles, les habitants se disent abandonnés à leurs craintes, sans garantie que les promesses gouvernementales se traduiront enfin par des mesures efficaces.

Il convient également de rappeler que le Land Drainage Masterplan, publié en août dernier, identifie 16 sites à haut risque d’inondation à Maurice : Nouvelle-France, Bel-Ombre, Grand-Baie–Pereybère, Flic-en-Flac, plusieurs régions de Port-Louis, Henrietta–Malakoff, Pointe-aux-Sables, Coteau-Raffin, Clémencia– Pont-Lardier, Mapou, Piton, Cottage, Vacoas, Quatre-Bornes, Flacq et Camp-Caval–Curepipe. Ces zones ont été réparties en deux catégories : la «zone interdite», où toute construction est proscrite sauf après des travaux spécifiques en amont, couvrant 11 % de la superficie de l’île (218,33 km2), et la «zone sans extension», où la construction verticale peut être autorisée, représentant 4,5 % du territoire (94,01 km2). Au total, les zones inondables représentent 15,5 % de la superficie totale du pays.

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