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«School Certificate 2025»

Des résultats qui interrogent, un système éducatif sous la loupe

20 janvier 2026, 08:00

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Des résultats qui interrogent, un système éducatif sous la loupe

■ Mahend Gungapersad appelle à une analyse approfondie des résultats du SC 2025, plaidant pour une approche globale et concertée plutôt qu’un débat politisé. © Rishi Etwaroo

La cuvée 2025 du School Certificate (SC) continue de susciter débats et interrogations. Avec un léger recul de 3,7 % par rapport à 2024, les résultats sont jugés préoccupants par plusieurs pédagogues, d’autant plus que seuls 1 292 candidats ont décroché les trois credits leur permettant d’accéder au Higher School Certificate (HSC). Un chiffre qui relance la controverse autour des réformes éducatives, du niveau académique et du seuil d’accès au cycle supérieur.

Pour certains observateurs, la décision d’abaisser à trois credits le critère d’accès au HSC relève davantage d’un choix politique que pédagogique. Une lecture que rejette le ministre de l’Éducation, Mahend Gungapersad, appelant à la retenue et à l’analyse plutôt qu’aux déclarations à l’emporte-pièce. S’exprimant à l’issue d’une rencontre avec les responsables des écoles des Zones d’éducation prioritaire, hier, le ministre a insisté sur la nécessité de ne pas politiser ces résultats. «Il faut analyser les chiffres. C’est ce que nous allons faire avec les techniciens du ministère dans les prochains jours. Il faut remonter à 2022 et observer les tendances. Rien n’est arrivé du jour au lendemain», a-t-il souligné. Selon lui, une lecture globale des performances s’impose, au-delà du seul prisme des trois credits.

Mahend Gungapersad a également remis en question l’efficacité du Nine Year Schooling. «Ce sont les produits de ce système que nous observons aujourd’hui. L’objectif était d’améliorer les résultats, mais ce n’est pas ce que nous constatons», a-t-il admis, appelant à une évaluation en profondeur des politiques mises en œuvre ces dernières années. Pour le ministre, le «blame game» n’a pas sa place dans ce débat sensible. «Le plus important, ce sont les enfants. La vraie question est de savoir quelles mesures prendre pour la prochaine cuvée», a-t-il déclaré.

Dans cette optique, il souhaite mobiliser les chief examiners de plusieurs matières afin qu’ils travaillent de concert avec les techniciens du ministère pour identifier les failles du système et proposer des solutions concrètes. Plusieurs facteurs ont d’ores et déjà été relevés. Certains estiment que les examens du National Certificate of Education ne sont pas suffisamment exigeants, tandis que le système de notation du Primary School Achievement Certificate (PSAC) ne permet pas toujours d’évaluer correctement le potentiel réel des élèves. «Nous ne devons pas travailler en isolation», a insisté le ministre, soulignant l’importance d’une approche concertée avec l’ensemble des partenaires du secteur éducatif.

Le rôle des parents

D’autres constats, plus sociétaux, ont également émergé. Selon certains acteurs, les méthodes d’apprentissage des élèves ont évolué, au détriment parfois de la concentration et de l’effort. «On nous dit que les enfants ont aujourd’hui trop de facilités», a rapporté Mahend Gungapersad. Le rôle des parents a aussi été pointé du doigt, notamment en matière de suivi scolaire et de gestion des réseaux sociaux. «Quand les enfants rentrent chez eux, il devient difficile de contrôler leur environnement numérique», a-t-il reconnu, évoquant également des problèmes de comportement observés dans certains espaces publics.

Face à ce constat multifactoriel, le ministère entend adopter une approche globale. Des réunions sont prévues dans les différentes zones éducatives afin d’analyser le parcours de l’enfant dès le plus jeune âge et non uniquement à partir du Grade 11. Le ministre est également revenu sur sa visite à Cambridge en 2025, rappelant la nécessité d’aligner le curriculum du Lower Secondary, du Grade 7 au Grade 9, avec les exigences des examens de Cambridge. «Il faut que ces niveaux préparent réellement les élèves à ces examens. Tout cela doit être revu», a-t-il affirmé.

La question du marquage du PSAC reste également sensible. «Parfois, nous ne connaissons pas le véritable potentiel de l’enfant. Il faut s’asseoir, réfléchir et améliorer le système», a insisté Mahend Gungapersad, qui se veut clair. Il ne s’agit pas de critiquer pour critiquer, mais d’apporter des améliorations continues. «Même si le pourcentage augmente une année, nous ne devons pas nous en contenter. Il faut de l’assiduité et de la constance», a-t-il dit.

Interrogé sur une éventuelle révision du critère des trois credits, le ministre a appelé à la prudence. Il a rappelé qu’auparavant, de nombreux élèves sans cinq credits n’avaient pas accès au HSC, laissant des collèges sousutilisés et des jeunes sans perspectives claires. Il a également évoqué des drames humains survenus dans le passé, soulignant l’absence de solutions toutes faites. «Il faut laisser les personnes concernées faire leur travail et réfléchir à la meilleure manière d’aider ces enfants», a-t-il déclaré, tout en insistant sur l’accompagnement des élèves ayant du potentiel, sans les contraindre au-delà de leurs capacités.

De son côté, Suttyhudeo Tengur, négociateur de la Government Hindi Teachers Union, dresse un constat sévère. Pour lui, la baisse des performances académiques n’est pas fortuite. «Elle résulte de réformes successives mal consolidées, d’un abaissement progressif des exigences et d’un message ambigu envoyé aux élèves sur la valeur de l’effort», affirme-t-il. S’il reconnaît l’impact du contexte post-pandémie, il estime que celui-ci ne peut expliquer à lui seul la situation actuelle. Il se montre particulièrement critique à l’égard du seuil des trois credits. «Abaisser ce seuil envoie un mauvais signal. Cela banalise l’effort académique et encourage une logique du minimum acceptable plutôt qu’une recherche d’excellence», soutient-il. Selon lui, les élèves adaptent naturellement leur engagement aux exigences du système. «En réduisant ces exigences, on réduit la concentration et l’investissement. Or, le HSC et les études supérieures requièrent rigueur, constance et de solides bases, que cette approche risque de fragiliser», conclut-il.

Entre prudence ministérielle et inquiétudes syndicales, une chose est certaine : les résultats du SC 2025 ont ouvert un débat de fond sur l’avenir du système éducatif mauricien, un débat qui dépasse largement les chiffres pour interroger les choix, les méthodes et les valeurs que l’école souhaite transmettre aux générations futures.

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