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De l’espoir à la désillusion

Le parcours brisé d’une travailleuse malgache

14 janvier 2026, 06:30

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Le parcours brisé d’une travailleuse malgache

[Photo d'illustration] Venue à Maurice pour assurer un avenir meilleur à sa famille, Lova a connu des conditions de travail difficiles et veut rentrer chez elle.

Elle avait quitté Madagascar avec l’espoir d’un avenir plus stable, portée par la promesse d’un emploi et d’une vie meilleure. Mais pour Lova, une jeune Malgache arrivée récemment à Maurice, le rêve a rapidement tourné en désillusion. Aujourd’hui, après quelques semaines passées sur le sol mauricien, son seul souhait est de rentrer chez elle.

Lova raconte qu’elle était venue à Maurice pour travailler comme femme de ménage chez un particulier vivant à Floréal. Son permis de travail, obtenu le 14 novembre dernier, lui permettait légalement de rester dans l’île jusqu’en 2028. Recrutée par une agence à Madagascar, elle croyait pouvoir subvenir aux besoins de sa famille, tout en mettant de l’argent de côté pour son retour. La réalité, affirme-t-elle, a été tout autre.

«Elle a très vite compris que son contrat de travail ne serait pas respecté», explique Guy*, un Mauricien qui l’héberge actuellement. C’est à l’ambassade de Madagascar à Floréal qu’il dit avoir rencontré Lova, alors qu’elle effectuait des démarches. «Elle était en pleurs. Elle m’a raconté ce qu’elle vivait depuis son arrivée. Avec l’accord de mon épouse, nous avons décidé de l’aider temporairement, jusqu’à son départ prévu le 14 janvier», confie-t-il.

Selon les informations communiquées, la jeune femme aurait été obligée de commencer ses journées de travail dès 5 heures et les terminer aux alentours de 22 heures. Son contrat stipulerait pourtant une durée de travail de huit heures par jour, soit entre 6 et 22 heures, excluant les pauses repas et thé. «Ce type de situation doit alerter. On ne peut pas fermer les yeux sur des pratiques qui s’apparentent à de l’exploitation, en particulier lorsqu’il s’agit de travailleurs étrangers», insiste Guy.

La situation se serait aggravée lorsque Lova est venue récupérer ses effets personnels au domicile où elle travaillait. Elle affirme avoir reçu la somme de Rs 15 000, un montant qui, selon elle, ne correspondrait pas au salaire prévu dans son contrat. Ses affaires auraient également été déposées à l’extérieur de la maison. Autre point soulevé : l’alimentation. «Elle n’avait droit qu’à des sandwichs. Or, la réglementation prévoit une allocation journalière lorsque les repas ne sont pas fournis par l’employeur», soutient Guy.

Une plainte a depuis été déposée auprès du ministère du Travail et à l’ambassade de Madagascar. L’affaire suit désormais son cours administratif. Pour Guy, ce cas est loin d’être isolé. «Il est important que les personnes victimes de ce genre de situation osent dénoncer ces pratiques. Elles nuisent non seulement aux travailleurs concernés mais aussi à l’image de Maurice», estime-t-il, craignant que d’autres personnes ne se retrouvent confrontées aux mêmes difficultés.

Fatiguée, déçue, mais déterminée à tourner la page, elle se prépare à rentrer chez elle, avec pour seul souvenir, une expérience douloureuse qu’elle n’est pas près d’oublier.

(*) prénom modifié

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