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Conflit Israël - Palestine

Sous les tentes glaciales de Gaza, l’hiver tue en silence

11 janvier 2026, 15:00

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Sous les tentes glaciales de Gaza, l’hiver tue en silence

Angelina Jolie s’est rendue au point de passage de Rafah, côté égyptien pour faire le point sur la situation humanitaire des habitants de Gaza, territoire palestinien ravagépar plus de deux ans de guerre.@ AFP

L’hiver s’installe avec une brutalité implacable dans la bande de Gaza. Un froid glacial qui transperce le corps, s’infiltre jusque dans les os, et frappe de plein fouet les plus vulnérables, les enfants. À la pluie froide qui s’abat sans relâche, s’ajoute la détresse de familles entières réfugiées sous des tentes de fortune, impuissantes face à des conditions de vie devenues inhumaines. Ici, le cessez-le-feu tant espéré tarde toujours à se concrétiser, aggravant jour après jour une situation déjà critique.

Sur le terrain depuis près d’un an et demi, le Mauricien Abdool Nasser Hosenally, directeur de SSP Humanitarian Global Aid, vit cette réalité au plus près. Loin de sa famille, il a choisi de s’engager au cœur du conflit pour venir en aide aux populations sinistrées. «L’entrée de l’hiver a rendu notre mission encore plus difficile. Les Gazaouis vivent dans des abris précaires. Dès que le vent souffle, l’air glacial pénètre de partout. Nous ne savons même plus combien d’enfants ont succombé depuis le début de cette saison froide», confie-t-il, la voix lourde.

La proximité de la mer n’arrange rien. Les rafales venues du large balaient sans répit les camps improvisés. Certaines tentes s’envolent sous la violence du vent, laissant des familles entières sans le moindre abri. Dans ce contexte, chaque couverture devient vitale. «Perdre une tente ou une bâche, c’est parfois perdre la seule protection contre le froid et l’humidité», explique-t-il.

À cette urgence humanitaire s’ajoute un nouvel obstacle : le blocage des vivres aux frontières. Alors que des discussions diplomatiques ont été évoquées ces derniers mois, la situation reste extrêmement fragile. «La paix demeure éphémère. La guerre se poursuit, et ce sont les civils, les réfugiés, qui en paient le prix», déplore Abdool Nasser Hosenally.

Malgré tout, les organisations humanitaires redoublent d’efforts pour acheminer l’aide. «Aujourd’hui, à peine 35 % de l’aide parvient à franchir les barrières. Près de 37 organisations, dont la Croix-Rouge et Médecins sans frontières, rencontrent d’énormes difficultés pour entrer dans Gaza. Mais nous continuons à chercher toutes les voies possibles. L’essentiel est que la population puisse manger», insiste-t-il.

« Tout se fait au jour le jour»

Dans ce contexte tendu, l’aide turque joue un rôle déterminant. Des tonnes de denrées sont acheminées sans blocus majeur. «Les colis sont préparés en Turquie, envoyés par bateau jusqu’en Égypte, puis pris en charge par le Croissant-Rouge égyptien, qui les redistribue vers les points stratégiques. Quand une porte se ferme, une autre peut s’ouvrir, à condition de savoir s’organiser», explique le Mauricien.

Pour 2026, toutefois, l’incertitude demeure totale. «Nous ne pouvons plus planifier l’aide à l’avance. Tout se fait au jour le jour», confie-t-il. Une lueur d’espoir est néanmoins apparue en ce début d’année : l’annonce possible de l’ouverture des deux côtés du point de passage de Rafah, côtés égyptien et palestinien. «Cette perspective serait le résultat de pressions exercées par plusieurs pays arabes. Peu importe les discussions exactes, l’essentiel est que Rafah puisse s’ouvrir», souligne-t-il.

La mobilisation internationale semble également reprendre timidement. La récente visite de l’actrice et envoyée humanitaire Angelina Jolie à Gaza a attiré l’attention des médias et des chancelleries. Elle s’est rendue auprès de Palestiniens blessés et a observé de près les conditions d’acheminement de l’aide humanitaire, accompagnée d’une délégation américaine. «Sa présence a envoyé un message fort. Grâce à cela, plusieurs camions bloqués à la frontière ont pu entrer et soulager des familles démunies», affirme Abdool Nasser Hosenally.

Malgré l’épuisement et les obstacles, l’espoir demeure. «J’espère sincèrement qu’une solution sera trouvée cette année pour mettre fin à cette guerre qui fauche tant d’innocents», conclut le Mauricien. À Gaza, sous les tentes battues par le vent et la pluie, cet espoir reste aujourd’hui la seule source de chaleur.

Gaza.jpeg **Présent à Gaza depuis près d’un an et demi, leMauricien Abdool Nasser Hosenally poursuit son engagement humanitaire malgré des conditions de plus en plus extrêmes.

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