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Archipel des Chagos

Manifestations à Londres avant la troisième lecture du texte

9 janvier 2026, 08:00

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Manifestations à Londres avant la troisième lecture du texte

■ Des manifestants opposés à l’accord sur les Chagos rassemblés devant le Parlement britannique, à Londres, le mercredi 7 janvier. (Credit photo : Carl Court/Getty Images)

Des manifestants opposés à l’accord conclu entre le gouvernement britannique et Maurice sur l’archipel des Chagos se sont rassemblés devant le UK Parliament, le mercredi 7 janvier 2026 à Londres. Cette mobilisation intervient alors que le calendrier parlementaire autour du projet de loi encadrant le transfert de souveraineté a été modifié : initialement prévue ce jour-là, la troisième lecture du texte a été reportée au lundi 12 janvier.

Sur place, les manifestants ont exprimé l’espoir que le gouvernement prenne enfin en considération les voix critiques, non seulement au sein de la Chambre des Lords, mais aussi celles des Chagossiens présents dans la rue. Le report de la troisième lecture est perçu par les opposants comme une fenêtre de mobilisation supplémentaire, dans un contexte politique déjà fragilisé par les revers subis par l’exécutif à la Chambre haute.

Plus tôt cette semaine, l’accord du gouvernement visant à transférer les îles Chagos à Maurice, en échange du maintien de l’utilisation conjointe américano-britannique de la base militaire stratégique de Diego Garcia, a essuyé plusieurs défaites sous forme d’amendements adoptés par la Chambre des Lords. Ces modifications ont ravivé le débat sur les implications juridiques, sécuritaires et humaines de cet accord.

Depuis la signature du deal l’an dernier, des instances internationales, dont les Nations unies, ainsi que plusieurs organisations de défense des droits humains, estiment que l’accord «ne garantit pas» les droits du peuple chagossien. Une critique reprise avec force par les manifestants, qui dénoncent un processus décidé sans consultation directe des principaux concernés.

Parmi les voix les plus virulentes figure celle de Vanessa Mandarin, Chagossienne installée au Royaume-Uni. Elle a accusé le Premier ministre britannique de «céder sa patrie» sans le consentement de sa communauté, affirmant que les Chagossiens «ne se sentent pas protégés» au Royaume-Uni. Selon elle, la majorité des Chagossiens britanniques souhaitent rester sous souveraineté britannique et considèrent que l’archipel appartient au territoire britannique. Elle a également dénoncé ce qu’elle qualifie de menace pour la sécurité nationale, estimant que la relation stratégique entre le Royaume-Uni et les États-Unis serait fragilisée par ce transfert.

Vanessa Mandarin a par ailleurs exprimé une profonde défiance à l’égard de Maurice, affirmant que son pays d’origine ne disposerait ni des moyens ni des ressources nécessaires pour protéger l’environnement et les populations des îles. Elle a évoqué des persécutions subies par des Chagossiens à Maurice, expliquant que beaucoup avaient fui pour chercher protection au Royaume-Uni, avant de se sentir aujourd’hui abandonnés par leur propre gouvernement.

Les capacités de Maurice remises en question

Pour sa part, Misley Mandarin, dit Premier ministre intérimaire du gouvernement chagossien en exil, a lancé un appel solennel aux autorités britanniques. Il affirme croire encore au sens de l’équité et des responsabilités du Royaume-Uni, tout en mettant en garde contre un transfert qu’il juge irréversible. Selon lui, l’archipel, composé de 60 îles dont 59 inhabitées, constitue un trésor naturel mondialement reconnu, préservé grâce à la gestion britannique en tant que sanctuaire marin.

Il soutient que Maurice, située à plus de 1 000 miles de l’archipel, ne disposerait pas des capacités navales, institutionnelles et financières nécessaires pour assurer cette protection. Il évoque le risque d’exploitation, de pêche illégale et de dégradation environnementale une fois la souveraineté transférée, ainsi que des menaces pour la sécurité britannique liées à la perte de contrôle stratégique sur Diego Garcia.

Misley Mandarin souligne également le coût financier de l’accord, estimé à plus de 30 milliards de livres sterling pour les contribuables britanniques, sur une période pouvant dépasser un siècle. Il mentionne des inquiétudes croissantes liées à des intérêts géopolitiques étrangers dans l’océan Indien et rappelle que les Chagossiens ont été déplacés de force entre 1968 et 1973 pour permettre l’installation de la base militaire. Selon lui, une procédure de judicial review est en cours devant les tribunaux britanniques, contestant la légalité du processus et maintenant le dossier ouvert sur le plan judiciaire et politique.

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