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De St-Julien d’Hotman aux chantiers immobiliers

La «reconversion réussie» de Toshan Gunness

31 décembre 2025, 18:00

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La «reconversion réussie» de Toshan Gunness

À 35 ans, Toshan Gunness a déjà vécu plusieurs vies. Mauricien originaire de St-Julien d’Hotman, ancien défenseur professionnel, il est aujourd’hui un investisseur, qui affirme gagner des millions grâce à l’immobilier mauricien. Entre les terrains de football du Canada et les chantiers de construction à Maurice, son parcours est celui d’une reconversion assumée, bâtie sur les revers autant que sur les succès.

Né le 7 juin 1990, Toshan grandit dans un village rural où le ballon rond est vite devenu son meilleur allié. «Je suis un enfant de St-Julien d’Hotman», aime-t-il rappeler. À 13 ans, sa vie bascule une première fois lorsqu’il quitte l’île pour l’Angleterre, où il passera quatre années formatrices. C’est là que se structurent ses rêves de carrière, avant un nouveau départ : le Canada, où il vit aujourd'hui depuis 20 ans.

En 2013, son rêve de professionnel se concrétise. Invité pour un essai de deux semaines au Kingston FC, club évoluant dans le championnat canadien, le défenseur convainc. À 22 ans, il signe un contrat professionnel de deux ans. Pour le jeune homme venu de St-Julien d’Hotman, c’est l’aboutissement d’un long sacrifice : entraînements à répétition, exil, adaptation à de nouveaux pays. ll y avait dans la composition de l'équipe de Kingston FC, des joueurs issus de I'Europa League et de la Major League Soccer, le championnat dans leque évolue actuellement Lionel Messi. Il y avait également un joueur provenant de l'équipe réserve du club de Premier League anglaise, le Liverpool FC.

Mais la belle histoire se brise avant même le coup d’envoi de la saison. Pour des raisons extra-sportives, son contrat est suspendu et sa carrière stoppée net. S’ouvre alors une longue bataille juridique avec son club pour faire respecter les termes de son contrat. Pendant près de trois ans, Toshan et son avocat se battent devant la justice. Il finira par obtenir le versement intégral de ses deux années de salaire.

image.png Le président de Kingston FC, Lorne Abugov, avec Toshan Gunness.

Plutôt que de s’accrocher à un rêve brisé, Toshan choisit d’y voir un capital de départ. Il décide d’investir cet argent à Maurice, dans l’immobilier. «J’ai cherché une autre voie pour lancer ma carrière et créer des opportunités», explique-t-il. Pierre après pierre, projet après projet, il se construit une nouvelle identité : celle d’entrepreneur. Il affirme avoir déjà développé une dizaine de projets immobiliers sur le territoire mauricien et se positionne désormais comme un acteur à part entière de ce marché.

Son histoire reste pourtant intimement liée au football. Le vestiaire, la discipline et la pression des matchs lui ont appris la rigueur et la gestion du stress, deux atouts précieux lorsqu’il s’agit de négocier des terrains ou de coordonner des chantiers. Et s’il ne foule plus les pelouses en professionnel, il continue à suivre de près la scène mauricienne.

Aux jeunes joueurs de l’île, son message est clair : «Mon conseil aux footballeurs mauriciens, c’est de garder les pieds sur terre et de ne pas se laisser distraire par la gloire ou l’argent.» Derrière cette mise en garde, l’ancien défenseur sait de quoi il parle : la carrière peut s’arrêter du jour au lendemain. Mais avec lucidité, un revers peut aussi devenir le point de départ d’une autre réussite.

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