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Plumes engagées
Là-bas où l’amour s’en va
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Plumes engagées
Là-bas où l’amour s’en va
Wash.
À l’heure du tout à l’image et du buzz sans suite, «l’express» souhaite faire découvrir la plume de poètes, de chanteurs, d’écrivains et de tous ceux qui jettent leur âme sur le papier, et qui mettent en mots des réflexions profondes.
Entre la mystique lueur du crépuscule
Et le crépitement des bûches
Un dernier ballet aérien pour les libellules
Sous le rituel symphonique des libres perruches
Une vivace flamme bohémienne
Farde la féerique virtuose du Kathak
Les gamakas saccadés du sarangi
En symbiose avec les ghungroos aux vibrations astrales
Courtisent les constellations rythmiques du Teentaal
Jeu de jambes céleste pour le Tatkar
Au son des battements foudroyants du tabla
Véritable œuvre d’art
Qui prend vie dans le tonnerre de ses pas
L’iris caramel aux scintillants éclats d’absinthe
Sa peau divinement basanée entraîne un parfum de jasmin et de patchouli
Virevoltant langoureusement sa chevelure frisée, un jardin de jacinthes
À chaque frou-frou subtilement sensuel elle s’épanouit
Sous la pleine lune des fleurs
Son inflorescence envoûtante est une dune de printemps
La reine de la nuit révèle sa plus intime splendeur
Je respire la pureté de sa pureté, je retiens mon souffle
D’un cliché Polaroïd, j’immortalise l’instant
Soudain, un vieux 33 tours grésille
La beauté mélodieuse
Do lafzon ki hai dil ki kahani
Éveil la nuit charmeuse
S’entremêlant au chant des alizés
Aux bruissements des cocotiers
Deux regards se croisent
Deux mondes s’entrechoquent
Le grand flambeur en moi s’embrase
Aphrodite susurre et elle croque
L’as des astres
Je lance ma dernière piastre
Aux antipodes du néant
Berceau de l’existence
Elle m’aime
L’essence de mon cœur béant
Attise la vierge flamme de l’abstinence
Elle-même
La légende raconte une vénérée reine créole
Fuyant son royaume englouti de la Lémurie
Les gens d’ici la surnomment Raat Ki Rani
Pour moi, elle est mon spleen, mon auréole
Dans les profondeurs de ma sagacité
Noyé dans un fleuve d’émeraudes brisées
Aux côtés de ma fée verte, ma luciole
Ce vague à l’âme m’entraîne chaque nuit dans les alizés
Chercher la septième vague, loin là-bas
Celle qui charrie le parfum de sa peau délicatement bronzée
Le tintement de ses ghungroos sanctifiant ce qui ne sera…
C’était il y a longtemps
Sur la plage de Khola à Goa
Là-bas où l’amour s’en va

Bio
Wash
Épicurien amoureux de linguistiques, de poésie, de philosophie, de l’océan et des jardins botaniques, ses inspirations, il les puise du vécu : autour d’une table en famille ou d’un bon dîner avec ses quelques amis authentiques ; lors de profondes conversations avec des inconnus aussi loufoques que lui ; des innombrables baffes de la vie et des ritournelles de la souffrance populaire. Diplômé en science politique, il renie la politique partisane après avoir croqué dans ce fruit maléfiquement alléchant, bourré d’asticots aux ego surdimensionnés. Mauricien jusqu’à la moelle, il vit son mauricianisme à fond, même par -40 °C à 15 000 km de son chez-soi : son «paradis lor later». Ce poème est inspiré par de vieilles conversations avec Sanedhip Bhimjee. Un pur génie, un artiste né, un patriote cultivé, un ami sans chichi doté d’une créativité fougueuse, un être exceptionnel. Un grand mauricien parti bien trop tôt.
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