Publicité
Bonus de fin d’année
«Kot inn arive bizin ser lame aster»
Par
Partager cet article
Bonus de fin d’année
«Kot inn arive bizin ser lame aster»
À l’approche des fêtes de fin d’année et ses dépenses associées, la question de l’utilisation du «bonus» refait surface. Entre envies personnelles et impératifs du quotidien, comment les citoyens comptent-ils le gérer ? Hier, au China Mall, à Riche-Terre, nous avons interrogé des consommateurs aux profils variés, mais confrontés à une même réalité : la cherté croissante de la vie.
Pour Krishen Kaurooa, la prudence est de mise. Selon lui : «Nous bizin panse bien avan servi nou larzan», soulignant l’importance d’établir un budget clair avant de se lancer dans les achats. Si les fêtes de Noël et du Nouvel An impliquent inévitablement certaines dépenses, il estime toutefois qu’il faut d’abord se concentrer sur l’essentiel parce que «lavi inn vinn bien dir», rappelant ainsi que le contexte économique actuel oblige de nombreux ménages à revoir leurs priorités.
Un constat partagé par Swasti Bhurtun, qui évoque sans détour la flambée des prix : «Kot inn arive bizin ser lame aster.» Pour les parents et les couples avec enfants, la gestion du budget est devenue encore plus délicate. Bien que l’éducation soit gratuite, les dépenses annexes telles que les manuels scolaires, les uniformes et les livres pèsent lourdement sur les finances. Elle souligne également l’augmentation significative du coût des courses mensuelles: «Un Caddie de Rs5000 avant est passé à Rs10000 aujourd’hui».
Penser au long mois de janvier
Rajessen partage cette approche mesurée. S’il admet n’avoir pas encore planifié l’utilisation de son bonus, il affirme être conscient de la nécessité de «ser nou lame». Pour lui, se faire plaisir n’est pas interdit, mais les priorités doivent primer. «Si ou anvi fer ou plezir, wi ! Me si ou ena lezot proze dan ou lavi, ou bizin met priorite an avan», explique-t-il, évoquant l’équilibre à trouver entre satisfaction personnelle et responsabilités à long terme.
Du côté des parents, Margarette insiste sur l’importance de l’anticipation, notamment en vue du mois de janvier, souvent considéré comme long et financièrement exigeant. «Il faut économiser pour les enfants qui vont à l’école, pour les ménages et tout ce qui concerne la maison», précise-t-elle. En tant que mère, elle a déjà mis de côté une partie du bonus pour les besoins scolaires et les nécessités de la cuisine, privilégiant la sécurité financière à court terme.
Randhir, accompagné de sa fille Nishtee, met également l’accent sur la hiérarchisation des dépenses. Les besoins primaires, tels que l’alimentation et les produits de première nécessité, doivent passer avant tout le reste : «Si on continue à dépenser sans compter, il ne restera rien avant la fin du mois.» Sa fille abonde dans son sens, estimant qu’il faut privilégier l’essentiel et éviter les achats inutiles, dans un contexte où les prix ne cessent d’augmenter.
Enfin, Steven Rughen adopte une approche résolument tournée vers l’épargne.* «Normalement, pour moi, c’est plus du côté des savings et de la bonne dépense»*, explique-t-il. Chaque année, il établit un budget précis des besoins essentiels de la maison et de la famille, faisant du bonus un levier de stabilité plutôt qu’un simple moyen de consommation.
Au fil des témoignages, une tendance claire se dessine : face à la hausse du coût de la vie, les Mauriciens adoptent la prudence, la planification et les dépenses essentielles, reléguant le plaisir au second plan. Un signe révélateur d’un changement de mentalité, dicté par les réalités économiques actuelles.
Publicité
Publicité
Les plus récents