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Accusation contre Tevin Sithanen

La fiabilité de la preuve numérique disséquée à Curepipe

18 décembre 2025, 07:15

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La fiabilité de la preuve numérique disséquée à Curepipe

Tevin Sithanen, provisoirement inculpé, lors de son passage devant la cour de district de Curepipe, où la fiabilité de la preuve numérique a été longuement débattue

La cour de district de Curepipe a longuement entendu hier, mercredi 17 décembre, les débats entourant la motion visant à rayer l’accusation provisoire de breach of Information and Communication Technologies Act (ICTA) logée contre Tevin Sithanen. Au cœur des échanges : la valeur juridique d’un rapport technique étranger, l’absence de l’enregistrement audio original et la question fondamentale de l’existence – ou non – d’une reasonable suspicion justifiant la poursuite.

Tevin Sithanen, fils de l’ancien gouverneur de la Banque de Maurice, avait été arrêté le 28 novembre par l’Anti-Money Laundering Unit (AMLU) du Central Crime Investigation Department. Il est provisoirement inculpé pour des propos jugés menaçants, qui auraient été adressés à Aditi Boolell ainsi qu’à Stéphane Adam, directeur de Menlo Park Ltd, dans un climat déjà tendu autour du dossier MIC–Menlo Park. Il avait été libéré sous caution, assortie notamment d’une prohibition order lui interdisant tout contact avec la plaignante.

À la barre hier, l’Enquiring Officer Balmick Dussoye, haut gradé de l’AMLU, a été appelé à témoigner sur le rapport d’expertise numérique de Quintel Intelligence, firme britannique mandatée par la défense. Ce document, déjà versé au dossier policier, conclurait à l’absence de traces de communications reliant Tevin Sithanen aux protagonistes cités, selon l’interprétation de la défense.

Dans un premier temps, l’officier Dussoye a indiqué que le rapport contredisait la version d’Aditi Boolell et de Stéphane Adam. Il est toutefois revenu sur cette affirmation, précisant devant la cour que si le rapport est hautement technique et détaillé, son authenticité n’a pas encore été formellement établie et qu’il ne permet pas, à lui seul, d’innocenter le suspect. Selon lui, le document ne tranche pas définitivement sur la réalité des faits reprochés.

La défense a saisi cette nuance pour appuyer sa thèse : aucune preuve directe, aucun élément matériel irréfutable ne viendrait étayer l’accusation provisoire. Les avocats ont souligné que l’enregistrement audio original, sur lequel repose l’enquête, n’a jamais été remis à la police par la plaignante. Les enquêteurs se seraient appuyés sur un fichier audio déjà diffusé sur les réseaux sociaux, dont l’origine, l’intégrité et la chaîne de conservation restent inconnues.

Selon la défense, ce type de support est hautement susceptible d’altération, de montage, voire de manipulation par des outils d’intelligence artificielle, un risque qui, à leurs yeux, fragilise considérablement la base légale de l’arrestation et de l’inculpation provisoire.

Pour rappel, l’affaire trouve son origine dans la diffusion en ligne d’une bande sonore controversée, attribuée à une conversation impliquant Tevin Sithanen, Stéphane Adam et Aditi Boolell. Si certains protagonistes ont publiquement reconnu leur voix, Tevin Sithanen a, dès le départ, contesté l’authenticité de l’audio, évoquant un montage ou une falsification.

La cour devra désormais déterminer si, en l’état du dossier, les éléments réunis par la police suffisent à maintenir l’accusation provisoire ou si celle-ci doit être rayée. Le ruling est attendu le 22 janvier 2026.

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