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Éducation

Le MSM tire la sonnette d’alarme sur une réforme jugée chaotique

16 décembre 2025, 05:00

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Le MSM tire la sonnette d’alarme sur une réforme jugée chaotique

■ Hier, Leela Devi DookunLuchoomun et Joanne Tour ont vivement critiqué l’absence de vision des réformes éducatives. Photo: Daniel Cupidon.

Les réformes éducatives du ministre de l’Éducation, Mahend Gungapersad, ne sont pas au goût du Mouvement socialiste militant (MSM). Ce parti l’a fait savoir hier, lors d’une conférence de presse dans ses locaux. À cette occasion, Leela Devi Dookun-Luchoomun, ancienne ministre de l’Éducation, s’est livrée à une analyse sévère des réformes engagées par son successeur. Elle était accompagnée de Joanne Tour, ancienne députée et ex-Deputy Chief Whip.

D’entrée de jeu, l’ancienne ministre de l’Éducation n’a pas mâché ses mots. Un an après la prise de fonction du nouveau ministre, elle affirme qu’aucune vision claire, ni plan d’action structuré n’a été présenté. «Après un an, rien de concret n’a été proposé. Même après les Assises de l’éducation et les recommandations formulées, il n’existe toujours pas de blueprint détaillé.»

Selon elle, le ministère multiplie les consultations, sans jamais aboutir à des décisions cohérentes, traduisant une absence de direction. Leela Devi Dookun-Luchoomun estime que l’unique agenda de l’actuel titulaire du poste consisterait à démanteler un système éducatif mis en place et consolidé sur plus de dix ans.

Elle a particulièrement critiqué la décision initiale de mettre fin à la gratuité de l’enseignement préprimaire à partir de 2026, avant que le ministre ne fasse marche arrière sous la pression populaire, en maintenant le système jusqu’à fin 2026. Pour l’ancienne ministre, cette perspective constitue un coup dur pour les familles, surtout dans un contexte de cherté de la vie et de réduction des allocations sociales. «Ce sont les familles modestes, qui seront les plus pénalisées. Beaucoup devront s’endetter pour assurer l’éducation de leurs enfants», a-t-elle averti, dénonçant le risque d’une éducation à deux vitesses et la possible fermeture de certaines écoles pré-primaires.

Au niveau du primaire, Leela Dookun-Luchoomun qualifie les nouvelles propositions de «catastrophiques». Elle s’insurge contre la possibilité de faire redoubler un enfant de sept ans dès le Grade 3. Elle a également critiqué la suppression soudaine du Modular Assessment, qui avait permis de réduire la pression sur les élèves, ainsi que les changements apportés à la grille de notation du Private School Achievement Certificate. Selon elle, le nouveau système ramène l’éducation à une logique de compétition excessive, marquée par la course aux points et une pression accrue dès l’âge de dix ans. «On revient à une rat race, qui génère angoisse chez les enfants, les parents et les enseignants.»

Concernant le secondaire, l’ancienne ministre s’interroge sur le Foundation Programme annoncé et déplore l’absence de détails concrets sur son fonctionnement, son évaluation et les certifications prévues. «Quel avenir pour ces enfants ? Quel est l’objectif réel de ce programme ?», questionne-t-elle, évoquant un risque accru de décrochage scolaire.

Elle a également critiqué les décisions touchant les académies et la mixité, estimant qu’aucune étude sérieuse n’a été menée pour justifier ces changements. Même constat pour l’enseignement technique, qu’elle juge gravement fragilisé : absence de direction au Mauritius Institute of Training and Development, admissions retardées et universités devenues payantes pour les étudiants à temps partiel.

Enfin, Leela Devi Dookun Luchoomun a dénoncé l’influence excessive de certains conseillers au sein du ministère et des dépenses jugées excessives pour des formations sans réel impact. «Lorsqu’on apporte des changements, il faut d’abord mener des études sérieuses.»

De son côté, Joanne Tour a affirmé que la population reconnaît aujourd’hui les réalisations du MSM lorsqu’il était au pouvoir. «Sur le terrain, lors de nos réunions à travers l’île, nous sentons un fort mécontentement. Le système éducatif est en train d’être cassé», a-t-elle conclu.

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