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«Shelters» à problèmes

Au Parlement, la ministre Navarre-Marie annonce des changements

13 décembre 2025, 17:00

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Au Parlement, la ministre Navarre-Marie annonce des changements

La ministre de l’Égalité des genres et du Bien-être familial, Arianne Navarre-Marie, est intervenue lors de la séance parlementaire d’hier pour faire une déclaration sur la situation au shelter Cap L’Espoir et au Child Day Care Centre de Baie-du-Tombeau, à la suite de ses réponses précédentes et des préoccupations soulevées à l’Assemblée nationale.

Revenant sur sa prise de fonctions en novembre 2024, la ministre a décrit une situation qu’elle a qualifiée de «profondément troublante». Selon elle, certains membres du personnel agissaient avec une impunité manifeste, abusant de leur position d’autorité. Au shelter, de la nourriture destinée aux enfants était emportée par des employés, tandis que des repas adaptés à l’âge des pensionnaires n’étaient pas servis. Les enfants auraient également été amenés à croire que leurs faits et gestes étaient filmés par des caméras, ce qui les aurait incités à les endommager.

Après la fugue de mineurs le 1ᵉʳ juin 2025, le gouvernement a été informé et a décidé la fermeture immédiate du shelter L’Oiseau du Paradis, et demandé une enquête interne.

Cette démarche a conduit à la suspension de certains membres du personnel du National Children’s Council (NCC). Parallèlement, des travaux de rénovation ont été menés et des formations dispensées aux caregivers par des officiers du ministère et des intervenants d’une ONG. Le shelter a rouvert ses portes le 5 décembre 2025 sous le nom de Cap L’Espoir, avec de nouveaux programmes et activités pour les enfants.

La ministre a également évoqué la situation au Child Day Care Centre de Baie-du-Tombeau, qu’elle avait déjà jugée préoccupante lors d’une réponse à une question parlementaire le 9 décembre 2025. Face aux lacunes constatées, son ministère a engagé une refonte du dispositif de prise en charge, tant pour les enfants en besoin de protection que pour les services de la petite enfance. Des mesures correctives immédiates ont été prises, notamment le remplacement de l’Officer-in-Charge par un Assistant Child Programme Officer du NCC, afin de renforcer la supervision opérationnelle dans l’attente de la nomination d’un manager dûment enregistré.

Mesures disciplinaires

Des sessions de renforcement des compétences ont également été organisées pour les caregivers du centre, entre le 24 octobre et le 3 novembre 2025, complétées par une formation pratique d’une demijournée dans une crèche voisine de Baie-du-Tombeau, le Centre d’éveil de Wi Nou Kapav. La ministre a par ailleurs confirmé qu’une enquête interne a été ouverte à la suite de graves allégations formulées par un député le 9 décembre, précisant que des mesures disciplinaires ou légales seront prises dès que les preuves documentaires seront officiellement déposées.

Sur le plan réglementaire, Arianne Navarre-Marie a rappelé que les Child Day Care Centre Regulations 2022 n’exigent pas qu’un manager détienne une qualification spécifique en garde d’enfants, mais imposent aux caregivers une qualification de base ou au moins trois ans d’expérience. Le règlement exige également une vérification rigoureuse des antécédents, avec la soumission obligatoire de certificats de moralité et médicaux lors de l’enregistrement, puis tous les deux ans.

Concernant la gestion du shelter, la ministre a souligné que le recours au National Children’s Council était la seule option possible à ce stade, une décision entérinée par le gouvernement. Un nouveau conseil d’administration du NCC, avec un nouveau président, est en place depuis mai 2025, tout comme un nouvel Officer-in-Charge par intérim. Le ministère poursuit également ses démarches pour externaliser la gestion du shelter à terme.

Enfin, la ministre a annoncé la mise en place prochaine d’un comité de pilotage réunissant des représentants du ministère, du NCC, des caregivers et des enfants eux-mêmes, afin d’assurer un mécanisme de suivi du bon fonctionnement des shelters. Elle a reconnu que de nombreux défis subsistent, soulignant qu’une situation qui s’est dégradée sur plus d’une décennie ne peut être redressée du jour au lendemain, tout en réaffirmant l’engagement de son ministère à œuvrer sans relâche pour la protection et le développement des enfants confiés à l’État.

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