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Écoutes téléphoniques

L’ACP Deal toujours hospitalisé, son passage en cour reporté

11 décembre 2025, 06:30

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L’ACP Deal toujours hospitalisé, son passage en cour reporté

■ Lilram Deal est déjà suspendu de la police depuis sa première arrestation, dans l'affaire «Reward Money».

L’assistant Commissaire de police (ACP), Lilram Deal, devait comparaître en cour, hier, mercredi 10 décembre. Mais son transfert tard dans la soirée vers l’hôpital Dr A. G. Jeetoo, après un premier passage dans une clinique privée de Port-Louis, a bouleversé le calendrier. Les médecins ont jugé préférable de le garder sous observation, rendant incertain tout déplacement avant l’amélioration de son état. Son passage en cour dépend désormais strictement de l’avis médical.

Cette nouvelle étape intervient au moment où l’enquête sur les écoutes téléphoniques, révélées par les Moustass Leaks – la fuite explosive des écoutes téléphoniques qui avait secoué la campagne des législatives de 2024 – s’accélère. Les investigations portent précisément sur les interceptions réalisées sous l’ancien gouvernement Mouvement socialiste militant (MSM). Les écoutes téléphoniques, selon la Constitution et les dispositions encadrant la surveillance électronique, ne peuvent être effectuées que sur la base d’un Judge’s Order et uniquement dans le cadre de menaces terroristes ou de dossiers majeurs de trafic de drogue. Le principe est clair : une communication privée doit rester privée, sauf décision judiciaire exceptionnelle.

Or, les enregistrements révélés sous le pseudonyme Missie Moustass racontaient tout autre chose : des conversations interceptées dans des affaires politiques, administratives, policières, privées – parfois intimes – couvrant divers milieux sociaux et professionnels. La publication sauvage de ces bandes, largement partagées sur les réseaux sociaux, a ouvert un champ d’interrogations inédit sur les pratiques de surveillance au sein de l’appareil d’État à cette époque.

Appareil indien PertSol

C’est dans ce contexte que Lilram Deal, suspendu après une première arrestation par la Financial Crimes Commission (FCC) dans l’affaire Reward Money, a été de nouveau appréhendé mardi aprèsmidi par le Central Crime Investigation Departement (CCID). Après plusieurs heures d’audition, il a été informé qu’il était arrêté sous l’Official Secrets Act, dans une affaire désormais pilotée par la Special Cell du CCID. Les enquêteurs lui reprochent de ne pas avoir restitué l’ensemble des codes d’accès d’un appareil d’écoute de marque PertSol, équipement de surveillance sophistiqué, dont il avait la responsabilité lorsqu’il dirigeait la Counter Terrorist Unit (CTU).

Il a bel et bien remis une partie des codes, mais s’est dit incapable de se souvenir des autres, une version que les enquêteurs ont jugée peu crédible. Selon eux, cet appareil pourrait avoir servi à capter les conversations, dont des extraits se retrouvent dans les Moustass Leaks. Face à ces accusations, Lilram Deal a affirmé qu’il n’utilisait pas lui-même l’appareil en question. Il a déclaré aux enquêteurs que cet équipement, fourni et installé par l’Inde dans le cadre d’une coopération sécuritaire, était principalement manipulé par des membres de l’ADSU et du National Security Service (NSS).

Cette ligne de défense ouvre désormais un nouveau volet à l’enquête. Parallèlement, une vingtaine d’officiers ayant travaillé avec ou sous ses ordres à l’époque des faits ont reçu, ces derniers jours, des convocations comme témoins. Le CCID souhaite ainsi retracer précisément la chaîne d’accès, d’utilisation et de supervision de cet appareil d’écoute. Lors de son audition mardi, l’ACP Deal était assisté de Mᵉ Roshi Bhadain et devrait être représenté par Mᵉ Yash Bhadain lors de son passage en cour.

Son état de santé, signalé juste après l’annonce de son placement prévu en cellule, a toutefois suspendu le processus. À l’heure où nous mettons sous presse, aucune confirmation n’avait encore été donnée quant à son futur passage en cour et une éventuelle détention policière. L’affaire, désormais au cœur d’un débat national sur les limites de la surveillance étatique et le respect des droits constitutionnels, semble loin d’avoir livré une partie de ses secrets. Les prochains développements seront scrutés de près.

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