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Santé

Hypertension : le tueur silencieux sous les paillettes de la saison festive

7 décembre 2025, 17:00

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Hypertension : le tueur silencieux sous les paillettes de la saison festive

À l’approche des fêtes de fin d’année, Maurice se prépare à renouer avec ses traditions : tables garnies, mets épicés, douceurs sucrées et soirées prolongées. Mais derrière ces moments de convivialité se cache un danger discret mais redoutable : l’hypertension artérielle, surnommée le «tueur silencieux». Cette pression sanguine trop élevée fatigue le cœur, fragilise les artères et met en péril les organes vitaux, souvent sans symptôme apparent. Avec les excès alimentaires, l’alcool, la sédentarité et le stress des fêtes, les risques de crises cardiaques, AVC et insuffisances rénales s’accroissent. Pour comprendre ce danger et savoir comment le prévenir, nous avons interrogé plusieurs spécialistes du C-Care.

Le Dr Muhammad Feizal Timol, Cardiologue au C-Care Wellkin

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◗Pourriez-vous expliquer, dans des termes accessibles au public, ce qui fait de l’hypertension un «tueur silencieux» particulièrement dangereux à Maurice ?

L’hypertension est qualifiée de «tueur silencieux» car ses complications surviennent souvent sans symptômes. Elle peut affecter plusieurs organes vitaux, notamment le cœur, le cerveau et les reins, entraînant des maladies graves avant même que le patient ne se rende compte qu’il est hypertendu.

◗Dans quelle mesure l’hypertension contribue-t-elle à la mortalité cardiovasculaire dans le pays ?

L’hypertension augmente le risque d’AVC, d’infarctus, d’insuffisance cardiaque, de fibrillation auriculaire, d’anévrisme de l’aorte abdominale et de démence vasculaire. Une large cohorte de 1,25 million de patients montre que les personnes hypertendues développent une maladie cardiovasculaire cinq ans plus tôt que celles ayant une pression normale, et présentent un risque à vie de 63 % contre 46 %.

◗ Quels sont les impacts physiologiques les plus préoccupants d’une tension non contrôlée ?

Au niveau du coeur, elle peut entraîner une hypertrophie du ventricule gauche, une insuffisance cardiaque ou un infarctus. Au niveau du cerveau, elle augmente fortement le risque d’AVC ischémique ou hémorragique. Aux reins, elle endommage les petits vaisseaux et peut mener à une maladie rénale chronique.

◗Les comportements festifs de fin d’année aggravent-ils réellement les risques ?

Oui. Un régime riche en sodium et pauvre en potassium, ainsi qu’une consommation excessive d’alcool, contribuent à l’élévation de la pression artérielle. Il est conseillé de ne pas dépasser 14 unités d’alcool par semaine, soit environ un verre standard par unité.

◗ Que recommandez-vous aux personnes hypertendues ou à risque pour traverser la saison festive en toute sécurité ?

Maintenir une bonne hygiène de vie : exercices réguliers, consommation modérée d’alcool, et modéra- tion alimentaire. Un petit écart est permis, mais la régularité et la modération restent essentielles.

◗Pourquoi observe-t-on encore autant de cas d’hypertension non diagnostiqués à Maurice ?

L’hypertension passe souvent ina- perçue car elle ne provoque pas de symptômes. Des visites régulières chez un médecin généraliste et la participation à des campagnes de dépistage permettraient de diagnostiquer davantage de cas.

◗Dans quelle mesure le stress, la sédentarité et le mode de vie moderne aggravent-ils la situation ?

L’obésité et la prise de poids sont des facteurs majeurs. L’hypertension labile est aussi fréquente chez les patients anxieux ou soumis à un stress aigu.


Aroushinee - diététicienne chez C-Care Wellkin Bitmap (2).jpg ◗ Comment expliquez-vous le lien entre alimentation mauricienne et l’hypertension élevée ?

Le régime mauricien est souvent riche en sel, en graisses saturées et en aliments ultra-transformés. Le sel augmente la rétention d’eau, les graisses rigidifient les artères et favorisent l’athérosclérose. La street food, les fritures et les fast-foods renforcent ce risque.

◗ En quoi les habitudes de la saison festive posent-elles un risque particulier ?

Les aliments très salés, les plats frits, les boissons sucrées et l’alcool entraînent des pics hypertensifs. La déshydratation liée à l’alcool et les portions excessives aggravent le risque.

◗ Quels conseils réalistes recommandez-vous pour réduire sel, graisses saturées et sucre ?

Cuisiner davantage à la maison, réduire progressivement le sel, utiliser herbes et épices locales, privilégier grillades et vapeur, choisir des huiles plus saines, lire les étiquettes, remplir la moitié de l’assiette de légumes et éviter de cumuler fast-foods et grands repas.

◗ 4.Comment repérer les aliments ultra-transformés ?

Ils contiennent plus de cinq ingrédients, des additifs (codes E…), la mention «instant» ou «ready-to-eat». Leur consommation doit rester occasionnelle.

◗ Quel rôle joue l’hydratation, surtout quand l’alcool circule ?

L’hydratation aide à éliminer l’excès de sodium. Avec l’alcool, elle est encore plus importante : un verre d’eau entre chaque verre d’alcool est recommandé.

◗ Quels signaux doivent alerter ?

Une consommation fréquente de snacks salés, fritures, charcuterie, boissons sucrées, alcool excessif, une prise de poids progressive, un tour de taille élevé, et parfois maux de tête ou palpitations.

◗ Quels changements alimen- taires progressifs recommandez-vous aux familles mauriciennes ?

Limiter les fritures 3-4 jours par semaine, ajouter un nouveau légume chaque semaine, cuisiner mines et biryanis maison avec moins d’huile, remplacer les soft drinks, réduire snacks industriels, mélanger riz blanc et riz brun, diminuer progressivement le sel, manger plus souvent à la maison.


Shivani - diététicienne chez C-Care Darné Bitmap (3).jpg Pourquoi l’hypertension estelle si répandue à Maurice ?

Selon la Mauritius Non Communicable Disease (NCD) Survey 2021, 35.2 % des adultes sont hypertendus. Cela s’explique par une alimentation riche en sel et en graisses, les fritures fréquentes, les aliments transformés et un apport excessif en sodium, lequel augmente la pression et endommage les vaisseaux.

◗ Pourquoi la saison festive estelle si risquée ?

Les buffets salés, fritures, desserts sucrés et l’alcool provoquent des pics de pression artérielle. La rétention hydrique et l’inflammation vasculaire augmentent.

◗ .Quelles recommandations simples pour réduire le sel, les graisses et le sucre ?

Réduire le sel ajouté, privilégier herbes et épices, opter pour grillades, vapeur ou four, choisir des huiles végétales, augmenter fruits et légumes, proposer des alternatives maison, limiter les boissons sucrées et offrir des options non sucrées.

◗ Quelles alternatives festives plus saines sans sacrifier le plaisir ?

Des salades colorées, légumes rôtis, viandes grillées, dips à base de yaourt, desserts aux fruits tropicaux et boissons maison peu sucrées.

Conclusion

La saison festive à Maurice rime souvent avec excès et convivialité, mais derrière les buffets garnis et les soirées animées se cache un ennemi invisible : l’hypertension, ce «tueur silencieux» qui fragilise cœur, cerveau et reins sans prévenir. Les experts du C-Care rappellent que sel, graisses, sucre, alcool et sédentarité transforment chaque excès en risque accru de maladies graves. Mais bonne nouvelle : avec vigilance, modération et quelques gestes simples – repas faits maison, hydratation, activité physique régulière et dépistage – il est possible de célébrer sans mettre sa santé en danger. Cette fin d’année, ne laissez pas la fête voler votre cœur : prenez soin de votre tension avant qu’elle ne prenne le dessus.

Y.R

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