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Mesure dite transitoire
Entre engagements internationaux et pressions locales, Maurice recule sur le plastique
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Mesure dite transitoire
Entre engagements internationaux et pressions locales, Maurice recule sur le plastique
Caractère Ltée produit déjà, depuis mi-2018, des boîtes alimentaires, pots de glace et de yaourt en papier, gobelets et contenants compostables.
La décision du Cabinet d’autoriser provisoirement le retour de certains produits en plastique non biodégradable pour l’emballage alimentaire suscite une vive controverse, plusieurs acteurs parlant d’un «recul honteux» dans la lutte contre la pollution plastique, cinq ans après l’entrée en vigueur des Environment Protection (Control of Single-Use Plastic Products) Regulations 2020.
Dans un communiqué diffusé le lundi 1ᵉʳ décembre, le ministère de l’Environnement a rejeté toute idée de revirement, affirmant qu’il ne s’agit pas d’un «déclic» ni d’un «recul», mais d’une mesure transitoire strictement encadrée. Pourtant, selon plusieurs observateurs, la décision contredit frontalement les engagements internationaux de Maurice, notamment ceux pris dans le cadre des négociations d’un traité mondial contre la pollution plastique.
Quelques jours seulement avant ce changement de cap, le ministre de l’Environnement présentait encore une feuille de route ambitieuse pour «éliminer la pollution plastique» sur dix ans. «Le contraste est brutal», confie une source environnementale. «Comment passer d’une rhétorique de tolérance zéro à la réintroduction de gobelets, barquettes et bols en plastique ?»
La composition du comité technique ayant recommandé cette mesure est également pointée du doigt. Plusieurs industriels et organisations non gouvernementales (ONG) s’interrogent : «Le ministère a-t-il été induit en erreur par son propre comité ?» Celui-ci ne compte aucun représentant des producteurs locaux d’alternatives durables, alors même que plusieurs entreprises mauriciennes proposent depuis des années des solutions viables. Parmi elles, Caractère Ltée produit déjà des pipettes en papier, boîtes alimentaires, pots de glace et de yaourt en papier, gobelets, coupoles et contenants compostables, autant de produits disponibles depuis mi-2018.
Ces acteurs rappellent que les investissements nécessaires pour fabriquer ces alternatives sont lourds et reposent sur une stabilité réglementaire. «Comment voulez-vous amortir des machines à plusieurs millions si l’État réintroduit le plastique au moindre coup de pression ?», déplore un producteur. L’express a pu photographier plusieurs échantillons de ces alternatives, confirmant que l’offre locale existe bel et bien et qu’elle peut répondre à la demande du marché.
Pour les ONG et les acteurs du secteur, la décision du Cabinet risque non seulement de fragiliser une filière naissante, mais aussi de brouiller le message de Maurice à l’international. «Le pays ne peut pas défendre un traité mondial ambitieux et rouvrir la porte au plastique à domicile», estime un expert en politiques climatiques. Le ministère affirme que la mesure sera limitée à un an et encadrée par un permis. Les écologistes, eux, redoutent qu’un provisoire devienne permanent. Les industriels, eux, ne comprennent pas comment suivre des zigzags.
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