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Les volcans mauriciens

Un passé actif, un futur à surveiller

29 novembre 2025, 14:00

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Un passé actif, un futur à surveiller

L’éruption du volcan Hayli Gubbi le 23 novembre en Éthiopie, après plusieurs milliers d’années de sommeil – 12 000 ans selon le programme mondial de volcanisme du Smithsonian Institute – a ravivé les interrogations sur le potentiel réveil d’autres volcans longtemps silencieux, y compris à Maurice.

Selon le géomorphologue Prem Saddul, la région d’Afar, en Éthiopie, se caractérise par une forte activité tectonique. Les volcans qui s’y trouvent sont de type strombolien, connus pour projeter d’importantes quantités de cendres volcaniques pouvant perturber le trafic aérien. Il affirme aussi que cette zone est traversée par une faille profonde de 2 400 mètres, qui s’étend jusqu’à Maputo, au Mozambique.

Interrogé sur la possibilité d’une activité volcanique à Maurice, Prem Saddul estime que l’hypothèse n’est pas à exclure : «Il faut savoir que Maurice s’est formée en sept épisodes volcaniques distincts, entre lesquels des périodes d’accalmies de cinq cent mille à un million d’années ont été observées. Si après cela une activité volcanique s’est produite sur l’île, car la plaque somalienne bouge vers l’ouest, en Éthiopie, après 12 000 ans, un volcan qui se réveille n’est pas surprenant. Ici la plaque somalienne se déplace à une vitesse de 3-4 cm par an, vers l’ouest, vers l’Afrique ce qui explique la formation des volcans à La Réunion, comme le Piton des Neiges et le Piton de la Fournaise. Donc, Maurice pourrait également connaître un regain volcanique.»

L’île compte 23 cratères ou sites volcaniques selon Prem Saddul, qui sont alignés du Mont Forbach, au Nord, jusqu’à Bassin-Blanc, au Sud. Ces structures reposent sur des failles, témoignant de la présence de zones tectoniques instables. Il souligne qu’il y a des plaques tectoniques instables qui se situent en dessous de Maurice, augmentant la possibilité d’un regain volcanique. Bien que cela ne soit pas imminent, l’instabilité géologique de la Terre suggère que cela pourrait se produire à l’avenir.

Le volcanisme mauricien est de type hawaïen, caractérisé par des coulées de lave fluides plutôt que par des explosions violentes. D’éventuelles éruptions seraient donc annoncées par des signes clairs : bombements du sol, fumées, émissions de dioxyde de soufre ou légers tremblements. Comme avant une éruption du Piton de la Fournaise, on observe de petites pulsations et des tremblements, indiquant que le magma monte. Les volcans mauriciens ont environ 500 000 ans, mais le plus jeune volcan mauricien, celui de l’Escalier, n’a que 23 000 ans.

Prem Saddul réfute par ailleurs l’idée selon laquelle les volcans de Maurice seraient reliés à ceux de La Réunion. Il affirme que chaque île possède son propre piédestal géo- logique. Alors que les cratères mauriciens s’alignent dans un axe nord-sud, ceux de La Réunion suivent un axe nord-nord-ouest vers sud-est. Toutefois, les mouvements de la plaque somalienne peuvent influencer la région. Selon lui, ce déplacement pourrait même provoquer une pause temporaire dans les éruptions du Piton de la Fournaise et entraîner, à très long terme, la formation d’une nouvelle petite île à l’est de La Réunion.

Si l’éruption du Hayli Gubbi rappelle l’imprévisibilité de la nature, Maurice demeure aujourd’hui dans une phase volcanique stable. Pour Prem Saddul, la vigilance et la compréhension des phénomènes géologiques restent toutefois essentielles. À noter que son nouvel ouvrage, Diversity of our Volcanic Geo-Heritage, sera officiellement présenté le jeudi 11 décembre au MIE, à Réduit, en présence du président de la République, Dharam Gokhool.

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