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Défilé de mode
Niticha Parsand, de l’art prêt à porter
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Défilé de mode
Niticha Parsand, de l’art prêt à porter
Parcourir le monde pour ensuite restituer les images sur des vêtements taillés dans la matière des rêves. C’est le pari de Niticha Parsand, qui présente ce soir le défilé de mode «Cerulean», au Flying Dodo de Bagatelle.
Passer de la toile des tableaux aux tissus des vêtements. Et en faire la toile de fond de ses nouvelles œuvres. Un art renouvelé. Un art qui vise les cieux. Cerulean est le thème du défilé de mode aux allures d’exposition, proposé par Niticha Parsand. Ce fashion show est prévu ce soir, à 19 heures, au Flying Dodo de Bagatelle.
Cerulean, c’est ce bleu dans lequel on baigne, de l’azur du ciel aux nuances des lagons. À force d’arpenter des art fairs, de Madrid à Londres, de Paris à Venise, en passant par Tokyo, le regard de l’artiste s’est déporté des œuvres, qui y sont montrées, vers les gens rencontrés.
Dans la capitale japonaise surtout, Niticha Parsand a été frappée par les façons créatives de s’habiller d’anonymes croisés dans la rue. Des mélanges de styles qui osent tout, qui ne s’arrêtent pas aux frontières. Au final, c’est dans ce que portent les gens dans la rue que l’artiste a observé l’art en mouvement. *«Il y a une excentricité qui leur plaît. C’est une forme de liberté aussi, parce que là-bas, personne ne les regarde fixement ni n’est choqué.» *Une bouffée d’air frais pour celle qui comptabilise 25 ans de vie artistique, où elle a «l’impression d’avoir fait le tour, d’avoir touché à tout».
Alors, pour se renouveler, rien de mieux que de revenir aux grands maîtres. De se «prendre des claques» pendant les visites dans des musées partout où elle est passée. Le retour aux sources ajouté au ressenti face aux gens dans les rues, tout ce bouillonnement ne pouvait pas rester lettre morte. N’être que d’éphémères jeux de regards durant des voyages, puis s’en vont. Comme l’une des conditions de la tournée mondiale des art fairs qu’à entamée Niticha Parsand est d’exposer en terre natale, l’occasion était trop belle pour ne pas donner corps à la somme de matériaux humains collectée. D’où l’idée, pour celle qui a d’abord étudié la sculpture, avant de choisir la peinture par impératif économique, de tenter l’aventure du stylisme.
«Quand je suis rentrée de Paris en début d’année, j’ai fait 25 croquis en deux jours. Il fallait vraiment que ça sorte», raconte l’artiste. Comme elle maîtrise «très mal» la couture, elle s’est associée aux talents d’aiguille de Poonam, pour matérialiser tout ce qu’elle a imaginé. «C’est une galère de trouver des couturières», reconnaît l’artiste, qui sait gré à Poonam de l’avoir accompagnée. Une fois les vêtements réalisés, elle a peint dessus, comme sur des toiles.
Cela donne, par exemple, «un kimono espagnol, orné d’un taureau dans le dos». Et encore, «je me suis un peu retenue dans cette exploration. Cela aurait pu aller plus loin», confie l’artiste. Elle a modéré ses efforts parce qu’il s’agit d’un essai. L’expérience lui ayant montré qu’«il est compliqué d’attirer le grand public à des expositions». Le stylisme a été comme une (ré) création dans ce quotidien d’artiste pas toujours rose.
Couleur dominante de la collection de vêtements qui sera montrée ce soir : le bleu, aux vibrations apaisantes et inspirantes, qui est récurrent dans les tableaux de l’artiste. Car ses œuvres sont des vecteurs d’émotions. Rien que du positif, souligne-t-elle.«Je représente le chaos en beauté», ajoute-t-elle. Tout un programme. «Ceux qui regardent mes tableaux disent souvent que mes œuvres sont tristes. Pourtant, ce sont des compositions toujours très colorées. C’est parce qu’au milieu des couleurs, il y a toujours un petit bouleversement.»
Idem pour les portraits. L’artiste ne les veut pas «polis», mais y met l’accent sur l’expression toute particulière du modèle. Au-delà de la ressemblance, c’est l’âme du modèle que l’artiste tente de saisir. Ou encore sa «fatigue», son «âge». Cette recherche d’authenticité pourrait bien déboucher à l’avenir sur une ligne de vêtements appelée Cerulean.
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