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Leonardo Pillay, 22 ans, premier Mauricien à rejoindre la Garde suisse
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Leonardo Pillay, 22 ans, premier Mauricien à rejoindre la Garde suisse
■ Leonardo Pillay (au milieu) en compagnie de ses grands-parents et du pape Léon XIV. ( Photo : Vatican News)
À 22 ans, Leonardo Pillay est entré dans l’histoire. Le jeune hallebardier est devenu, le 4 octobre, le premier garde suisse d’origine mauricienne à prêter serment au Vatican. Une consécration encore inimaginable il y a quelques années. La fierté se lit avant tout dans les yeux de son grand-père, Faizal Koosanny. Ce dernier évoque sans détour les obstacles traversés par sa famille avant même que Leonardo ne rêve d’enfiler l’uniforme de la Garde suisse. «À l’époque, ce n’était pas facile.»
Son récit mêle pudeur et fierté. Pour lui, la réussite de son petit-fils trouve racine dans cette détermination familiale. «Il y a eu beaucoup de sacrifices, beaucoup de volonté. Leonardo a tout donné pour en arriver là. Pour un Mauricien devenu Suisse, ce n’est pas simple.»
La cérémonie d’assermentation, initialement prévue le 6 mai, mais retardée par la mort du pape François, s’est finalement tenue le 4 octobre dans la cour Saint-Damase. Devant le pape Léon XIV, Leonardo a prononcé, en allemand, les mots engageant sa vie entière : «Moi, hallebardier Pillay, jure de servir fidèlement, loyalement et de bonne foi le Souverain pontife régnant, Léon XIV, et ses légitimes successeurs, de me dévouer pour eux de toutes mes forces, sacrifiant, si nécessaire, ma vie pour leur défense.»
Pour son grand-père, ces phrases ont résonné comme une promesse sacrée. «Quand il dit loyauté, c’est loyauté pour la vie. Il m’a dit : ‘‘Grand-père, si je fais ça, c’est pour défendre le pape et c’est pour toujours.’’» Dans cette aventure hors du commun, Faizal Koosanny a lui aussi vécu un moment qu’il n’oubliera jamais. Invité au Vatican pour la cérémonie, il a été reçu par le pape Léon XIV. Encore bouleversé, il raconte : «Pour un Mauricien, être invité par le pape, ce n’est pas donné à tout le monde. Nous avons eu cette chance dans notre vie.» Il évoque les 15 minutes d’entretien, simples mais inestimables, avec le souverain pontife. «Je lui ai dit : ‘Je viens de l’île Maurice. Je vis en Suisse. Il faut prier pour l’île Maurice.’ Il m’a dit : ‘‘Oui, nous allons prier.’’» Sa voix tremble. «On a eu un bon moment, vraiment un bon moment.»

Habitant de Grand-Baie, Faizal Koosanny répète, presque comme un mantra, cette phrase qui résume tout : «Un vrai Mauricien. C’est le premier Mauricien dans la Garde suisse. C’est le vrai sang qui coule là.» Il raconte avec fierté comment, ce jour-là, il a été emmené «partout» dans le Vatican, jusque dans les endroits les plus symboliques. «Ils m’ont emmené dans les escaliers, dans les caves. C’était magnifique.» Aujourd’hui, ce grandpère qui a quitté Maurice il y a 48 ans regarde le parcours de Leonardo comme un accomplissement qui dépasse leur famille. Il y voit un symbole : celui du mauricianisme, de la coexistence heureuse des religions et des cultures, loin des frontières.
Une fierté qui traverse les générations, les pays, les religions et qui, en ce jour d’assermentation, a ému jusqu’aux larmes un homme qui n’aurait jamais pensé qu’un jour, son petit-fils prêterait serment devant le pape.
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