Publicité
Parlement
Navin Ramgoolam : «Le blocage des réseaux sociaux était une manœuvre électorale»
Par
Partager cet article
Parlement
Navin Ramgoolam : «Le blocage des réseaux sociaux était une manœuvre électorale»
Le député Roshan Jhummun a interrogé le Premier ministre, Navin Ramgoolam, hier au Parlement lors de la Prime Minister’s Question Time (PMQT), sur les raisons ayant conduit à la suspension des réseaux sociaux le 1ᵉʳ novembre 2024 ainsi que sur les impacts économiques et sociaux de cette décision. Le chef du gouvernement a accusé l’ancienne administration d’avoir agi de manière «irrationnelle» et «politiquement motivée», quelques jours avant les élections générales.
Selon Navin Ramgoolam, la veille de Diwali 2024, alors que le pays célébrait la fête de la lumière, le gouvernement sortant aurait mis le pays «dans l’obscurité» en ordonnant le blocage des plateformes sociales. Cette directive aurait été transmise par l’ancien secrétaire du Cabinet, Premode Neerunjun, à la suite d’un rapport du Deputy Director General du National Security Service, Hurrydeo Ramdany. Ce rapport évoquait un risque pour la sécurité nationale à la suite de la diffusion d’enregistrements audio compromettants impliquant des figures politiques du régime de l’époque. Le Premier ministre a affirmé que ces fuites étaient «extrêmement accablantes» et avaient suscité une onde de choc dans la population.
Le conseil d’administration de l’Information and Communication Technologies Authority, présidé alors par Dick Ng Sui Wa, aurait ensuite ordonné aux fournisseurs d’accès internet de bloquer les réseaux sociaux jusqu’au 11 novembre 2024, date correspondant à la proclamation des résultats des élections. Navin Ramgoolam a qualifié cette mesure de «manœuvre désespérée» visant à éviter une déroute électorale, affirmant que la décision avait été prise sans tenir compte des besoins des travailleurs, des étudiants en pleine période d’examens ou de l’impact sur l’économie numérique. Le Premier ministre a rappelé que l’ancien régime avait également ignoré l’avis du National Security Adviser indien, qui n’aurait pas soutenu un tel blocage. Pour Navin Ramgoolam, cette décision avait provoqué un tollé national et un «niveau d’indignation inimaginable». Il estime que le gouvernement précédent avait «appuyé sur son propre bouton d’autodestruction», citant l’adage «Jupiter rend fou ceux qu’il veut détruire».
Concernant les impacts, le Premier ministre a évoqué des conséquences économiques «dévastatrices» : pertes de revenus pour les entreprises dépendantes du marketing en ligne, perturbation des petites et moyennes entreprises utilisant les réseaux sociaux comme vitrine principale, difficultés majeures pour le secteur de Business Process Outsourcing et atteinte à la réputation internationale de Maurice comme pays respectueux des libertés et attractif pour les affaires. Il a conclu en assurant que son gouvernement «ne permettra jamais» qu’une telle mesure attentatoire aux libertés fondamentales soit répétée, tout en indiquant qu’une enquête est toujours en cours sur l’ensemble de l’affaire.
Publicité
Publicité
Les plus récents