Publicité

Cour suprême

La justice malgache gèle les comptes de Mamy et ordonne la saisie de son patrimoine immobilier

23 novembre 2025, 05:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

La justice malgache gèle les comptes de Mamy et ordonne la saisie de son patrimoine immobilier

Énième secousse judiciaire pour Mamy Ravatomanga. Quelques jours après son arrestation à Maurice le 24 octobre 2025, par la Financial Crimes Commission (FCC), la Cour suprême de Madagascar a, par une décision rendue le 12 novembre, ordonné le gel intégral de ses avoirs et comptes bancaires.

Le dossier de l’homme d’affaires visé par une procédure pour blanchiment d’argent, prend désormais une ampleur exceptionnelle. Pour un personnage longtemps perçu comme incontournable et quasiment intouchable dans les sphères économiques et politiques malgaches, cette décision représente un tournant majeur. L’influence qu’on lui imputait, largement associée à l’ancien régime, semblait jusqu’ici le protéger de toute action musclée de la justice.

Le jugement, émanant du Pôle Anti-Corruption (PAC) d’Antananarivo, dresse une liste précise des biens et comptes concernés par cette mesure. La Cour ordonne la saisie de l’ensemble de son patrimoine immobilier ainsi que le blocage d’une vingtaine de comptes ouverts auprès de plusieurs établissements bancaires, parmi lesquels BMOI, SBM, BNI, ABM et BRED. Aucun type de compte n’échappe à l’ordonnance : courant, épargne, dépôts à terme ou dépôts de garantie. L’Agence de recouvrement des avoirs illicites est chargée de l’exécution du gel.

Cette décision, adoptée en Chambre du Conseil, intervient alors que Ravatomanga fait déjà face à d’importantes difficultés judiciaires hors de la Grande île.

À Maurice, il est impliqué dans une enquête majeure portant sur un vaste mécanisme présumé de blanchiment de capitaux, un dossier qui suscite l’attention des au- torités régionales et de l’opinion publique.

L’alignement des procédures mauriciennes et malgaches place désormais l’homme d’affaires au cœur d’un scandale politico-financier d’une ampleur inédite dans l’océan Indien.

L’ordonnance considère la requête du Doyen des juges d’instruction comme «recevable et justifiée», en se fondant sur la loi malgache encadrant la confiscation des avoirs illicites. Le procureur de la République, de son côté, a soutenu la démarche avec un réquisitoire particulièrement ferme.

Le gel complet des biens d’une personnalité aussi influente constitue un précédent rare à Madagascar. Reste à savoir si ce geste fort marquera le début d’une série d’actions similaires dans un contexte où la lutte contre la corruption, les réseaux d’influence et l’impunité représente l’un des enjeux essentiels du renouveau politique du pays.

Publicité