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Préjugé indéboulonnable ?
Pourquoi sommes-nous tous de couleurs différentes ?
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Préjugé indéboulonnable ?
Pourquoi sommes-nous tous de couleurs différentes ?
Si tous les humains avaient la même couleur de peau… hélas, les origines de l’homme sont responsables de ces différences de couleur de peau apparues, pas en un jour, mais après des centaines de milliers d’années. Essayons de résumer grâce à de grands sauts dans le temps et l’espace. La diversification des couleurs nécessite un très long voyage dans le passé.
Le berceau de l’homo sapiens est l’Afrique. Ça ne se discute plus. La diversité des couleurs provient de plusieurs pigments comme la mélanine qui foncent la couleur. Ce pigment est codé par des gènes. Un gène est un fragment d’ADN qui produit des protéines. Cet ADN dépendra de la personne – son degré de bronzage, son environnement, son alimentation. Ça suffit pour la théorie scientifique.
?Transmission familiale
Dans la préhistoire africaine, tous les hommes avaient la peu noire. L’Afrique – très ensoleillée – égale peau de couleur foncée qui protège des effets néfastes du soleil. Moins de soleil égale une peau plus claire parce que le corps fabrique moins de vitamine D. Au fil du temps, soit plusieurs dizaines de milliers d’années, les premiers Européens, ceux qui ont laissé des dessins dans la grotte de Lascaux (France), avaient tous une peau foncée.
La génétique s’adapte à une modification: environnement avec moins de soleil égale carences en vitamine D. En quelques milliers d’années, moins de mélanine, une peau plus claire. Cela s’étale sur des temps longs, mais les hommes descendent tous d’une seule et même espèce.
Saut dans la préhistoire pour passer d’un continent à l’autre. L’homo sapiens veut toujours aller plus loin, se déplacer d’où la migration. Le point de départ reste l’Afrique comme l’attestent les premiers fossiles en Afrique. Ça prendra longtemps avant que les espèces ne se croisent. L’homo sapiens qui prendra le dessus est un homine, mais existe aussi le Neerdental, dont on retrouvera des traces chez l’Européen. Entretemps, les gènes se sont acclimatés. Ne pas confondre gène au masculin – une partie de l’ADN – et gêne au féminin, synonyme d’embarras.
On quitte donc l’Afrique du moins certains en allant toujours vers l’est. Cet homine qu’est l’homme est la seule espèce invasive. C’est cet homo sapiens qui procède à une expansion de l’occupation des terres. Ça va prendre des milliers et des milliers d’années avant qu’un certain nombre ne devienne des chasseurs cueilleurs.
Écoutons le paléontologue, celui qui étudie les fossiles. L’homme ne descend pas du singe, un primate, parce qu’il est lui-même un singe, un primate. 99 % des chromosomes de notre ADN sont identiques à ceux du chimpanzé. En cours de route au temps très long, les couleurs s’éclaircissent.
?La bipédie
Ce primate nomade lève ses deux pattes avant pour cueillir ce qui est plus haut. Avec le temps, ces deux pattes deviennent ses mains. Il se dresse de plus en plus pour utiliser ses deux pattes arrière, ses pieds, pour marcher. Les fouilles prouvent qu’il fabrique des outils rudimentaires puisque son cerveau se développe. Il dispose alors d’une meilleure mobilité.
Pourquoi cette envie de bouger ? Curiosité ? En raison du climat ? Sous la pression démographique ? Tout change quand il découvre l’agriculture. De nomades, beaucoup vont devenir sédentaires, qui s’installent pour cultiver et récolter. Les changements de climat avec la montée des eaux les poussent à s’adapter. On peut retracer des traces de ces immigrations sur le long terme.
Après 300 000 ans, il atteint la Chine, l’Indonésie… il se laisse guider par le climat et n’avance pas en ligne droite. Au bout d’un certain temps, il perfectionne les outils qui taillent même le bois pour en fairedes abris. Il avance toujours vers l’est. Il mettra 35 000 ans pour atteindre l’Europe, mais 600 000 pour poser le pied sur l’Australie. Tous ces recoupements figurent dans des magazines scientifiques. Avec l’apparition des glaciers d’une blancheur éclatante, on comprend peut-être alors les yeux bridés.
?La race et les couleurs
Nouveau grand saut dans le temps pour atterrir à la fin du 17e siècle de notre ère. On s’exprime alors en races et en couleurs. On se réfère au physique. Apparaît l’usage du mot «blanc», celui de «nègre» qu’on va réduire en esclavage tout comme des marchands arabes. Les divisions en lignage et en sang noble ou pas enfoncent le clou. Dès 1724 aux Antilles, on fait la distinction entre blancs, noirs et mulâtres. Le discours racial prend tout son essor au 19e siècle.
Avec toutes ces migrations pendant un temps extrêmement long, on commence alors à comprendre, vu l’environnement naturel entre autres, que nous naissons de différentes couleurs. Des préjugés historiques en découlent. Sur le plan physiologique, tout comme le chimpanzé qui n’a plus de queue avec le temps. Le coccyx de l’homme est le vestige de cette queue tout comme chez les grands singes.
Il aura fallu passer par toutes ces pérégrinations très résumées pour arriver au constat que nous ne sommes pas tous nés de la même couleur. Venons-en à notre île en affrontant la vérité en face. Le racisme antinoir a longtemps subsisté et fait d’énormes dégâts qui se ressentent encore aujourd’hui. Nos historiens ont démontré que l’esclavage fut aussi dur qu’ailleurs. La situation a engendré un complexe d’infériorité chez les Afro-mauriciens auxquels on va attribuer tous les vices. Ils sont généralement cantonnés dans le sudouest de l’île où, comme par hasard, on compte le plus grand nombre de citoyens vivant en dessous du seuil de pauvreté. Mal nourris, mal éduqués, tout juste bons pour des tâches ingrates. Mais cette réalité bouge même trop lentement.
Depuis quelques années, ces damnés de la terre se débarrassent de ce complexe imposé dès la naissance et clament fièrement leur négritude. Ça découle de la réussite de quelques-uns sur le plan professionnel, de meneurs sur le plan culturel (Kaya pour la musique et les paroles, le statut de la langue créole, le théâtre, une réhabilitation progressive…). Mais ça n’a pas suffi pour diminuer les échecs scolaires. Or, l’éducation est primordiale alors qu’on tente de rendre l’école maternelle payante. Quelle bourde pour ne pas dire connerie ! Ça va enfoncer un peu plus la tête de leurs enfants sous l’eau.
«Eta to piti finn ne kler!» Le serpent est encore dans le fruit. Pas de leader charismatique à la Rozemont, pas de modèle à émuler, pas de cadre de vie familial pour tirer vers le haut. Noir, c’est noir : il reste l’espoir qui pointe à l’horizon.
Un peu d’humour noir pour en sourire. Dans le monde, le noir, qui veut réussir, n’a qu’à être un as au football, au basket, en sprint, en boxe, au cinéma (ça, c’est récent), en musique ou en danse… et les portes vont s’entrouvrir. True colors chante Cyndi Lauper et Gainsbourg de répliquer : Couleur café.
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