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COP30 – Réponse à Kavy Ramano

Un vide leadership ? Faut arrêter de raconter n’importe quoi

18 novembre 2025, 02:43

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Un vide leadership ? Faut arrêter de raconter n’importe quoi

Il y a des critiques légitimes. Et puis, il y a celles qu’on rédige sans même vérifier les faits, probablement pour combler un grand vide médiatique non assumé. Alors, focalisons-nous sur l’essentiel : les faits. Pendant que ça critique, que ça méprise des hauts fonctionnaires légitimes, voilà ce qui se passe réellement à Belém.

Maurice est présente, pas en demi-teinte, pas comme figurante mais bel et bien présente, où se négocient les principaux enjeux pour la planète dont font partie les Petits États insulaires en développement comme nous.

La délégation officielle de haut niveau comme communiqué en long et en large dans la presse, est dirigée par le ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration régionale et du Commerce international, Dhananjay Ritish Ramful, et comprend, pour la première fois, Rodrigues en la personne du Chef commissaire, Franceau Grandcourt, ainsi qu’une équipe technique solide avec la cheffe de cabinet du ministère de l’Environnement, de la Gestion des déchets solides et du Changement climatique et point focal national, Jeanne Lan Hing Po, la directrice du département Changement climatique du même ministère, Sarita Meeheelaul, et le Minister-counsellor du ministère des Affaires étrangères, Parasram Gopaul.

Petite parenthèse : c’est bien une équipe de techniciens qui avait été réclamée deux fois dans ces mêmes colonnes, sous la rubrique «Confidentiels», pour s’aligner au choix responsable fait pour limiter les dépenses vu la distance et les contraintes d’hébergement, tout en assurant une présence utile et justifiée. Donc, oui, Maurice comme une seule équipe, est présente aux portes de l’Amazonie depuis l’ouverture officielle de la Conférence des parties sur le climat par le président Lula, le 10 novembre.

Lundi, le chef de la délégation, le ministre Dhananjay Ritish Ramful, a pris la parole lors d’un événement ministériel de haut niveau. Samedi, Jeanne Lan Hing Po, secrétaire permanente du ministère de l’Environnement et point focal national, a prononcé une allocution sur le financement climatique, concernant les informations devant être fournies par les Parties conformément à l’article 9, paragraphe 5, de l’Accord de Paris.

Maurice est aussi présente aux side events du NDC Partnership, dans les réunions de l’Alliance des petits États insulaires (AOSIS) et du Groupe africain des négociateurs (AGN) afin d’harmoniser les positions sur la mise en œuvre des articles de l’Accord de Paris.

Maurice a participé à un événement ministériel de haut niveau sur la gestion des déchets et l’économie circulaire. Les interventions ont mis en avant la success story du Brésil impliquant plus de 3 000 municipalités, la nécessité de renforcer les capacités opérationnelles, le dialogue, la formation, la réduction des pertes et gaspillages alimentaires, l’élaboration de directives, l’accès au financement, et des mesures de mitigation pour limiter l’enfouissement.

Maurice a également fait entendre sa voix lors d’un événement officiel sur le financement climatique inclusif, organisé par le Commonwealth Climate Finance Access Hub avec le Sri Lanka. La secrétaire permanente du ministère de l’Environnement, Jeanne Lan Hing Po, a présenté les ambitions de Maurice en matière de transition juste vers une économie bas carbone et résiliente, ainsi que les priorités nationales en matière d’adaptation, incluant les infrastructures résilientes, la gestion durable de l’eau et l’agriculture climato-intelligente. Les ministres de l’Environnement de la Somalie, du Rwanda et du Yémen étaient également présents.

Rien à Belém n’est improvisé. Le lancement du processus préparatoire le 5 mars par le Premier ministre adjoint Paul Bérenger, et la mobilisation de toutes les parties prenantes sous la co-présidence de moi-même et de Joanna Bérenger, ministre et junior minister respectivement de l’Environnement, de la Gestion des déchets solides et du Changement climatique, témoignent de la haute importance accordée par le gouvernement à cet événement planétaire.

Je rappelle juste que depuis novembre 2024, le pays a un ministre et une ministre déléguée de l’Environnement à plein temps. Nous avons suivi à la seconde près les préparatifs pour éviter un autre épisode de COP28 à Dubaï, où un ministre avait été refoulé à l’entrée du World Climate Summit pendant que les leaders mondiaux, eux, entraient. Tout ça, faute d’accréditation.

En amont de Belém, le pays a participé à plusieurs réunions régionales et internationales clés : AGN (Tanzanie, avril), Climate Week (Panama, mai), sessions techniques (Bonn, juin), AGN (Dar es Salaam, août), Africa Climate Week (Addis-Abeba, septembre) et pré-COP ministérielle (Brasilia, octobre), dernier rendez-vous diplomatique, consacré à la recherche d’un consensus politique et à la clôture des divergences sur le financement climatique, la transition juste et le bilan mondial.

Concernant sa Nationally Determined Contribution (NDC) 3.0, c’est une feuille de route climatique consolidée, ambitieuse et loin de la version avec des chiffres erronés que Maurice a soumis, dans les temps, le 29 septembre.

La préparation de cette NDC 3.0, validée par le Conseil des ministres, a reposé sur un processus de consultation inclusif, garantissant une appropriation nationale des solutions climatiques socialement acceptables et des engagements climatiques. Les institutions publiques, les organismes parapublics, le secteur privé, la société civile, les femmes et les jeunes ont contribué à travers des ateliers, des réunions virtuelles et des groupes de discussion ciblés. Une consultation nationale via les médias a également été menée pour recueillir les avis du public.

Ajoutez à cela un document de position nationale cohérent consolidée par l’AOSIS et l’AGN, une préparation diplomatique complète ; et une coordination EnvironnementAffaires étrangères qui fonctionne à plein régime. Quant aux quatre vidéos produites avec Air Mauritius, pour être diffusées pendant la conférence, elles ont capté l’attention du UK Guardian qui a indiqué souhaiter les intégrer dans sa couverture de la COP30.

À Belém, Maurice suit tout : l’initiative mondiale Beat the Heat Implementation Drive lancée par la présidence de la COP30 et le Programme des Nations unies pour l’environnement, visant à accélérer la mise en œuvre de solutions de refroidissement durable et de résilience à la chaleur dans les villes du monde entier. 185 villes ont rejoint cette initiative et 72 pays, dont Maurice lors de la COP28, ont soutenu le Global Cooling Pledge, qui vise à réduire de 68 % les émissions liées au refroidissement d’ici 2050 ; Loss & Damage (250 M USD déjà opérationnels) ; Mitigation Work Programme ; Adaptation ; Just Transition Work Programme; Global Goal on Adaptation et Gender Action Plan.

Maurice y est pour négocier, défendre méthodiquement les priorités nationales et les intérêts des PEID, tout en plaidant pour une solidarité mondiale accrue face à la crise climatique, une adaptation équitable, soutenue par la technologie et la participation des femmes et des jeunes, et une transition juste, créatrice d’emplois et d’opportunités économiques, qui ne laisse personne de côté.

Alors s’il existe un vide. Il n’est pas à Belém. Il est ici dans la critique sans fact-checking. Mais au fond, qui se souvient encore de Kavy Ramano comme ministre de l’Environnement ? Et avant de donner des leçons de leadership, pourquoi ne pas méditer sur le rapport de la cour d’investigation sur l’échouement du MV Wakashio plutôt, et faire enfin son mea culpa, dans ces mêmes colonnes ?

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