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Claque magistrale
Le verdict du comité d’appel présidé par Mᵉ Robin Ramburn en faveur du jockey chilien Roberto Perez, qui avait écopé initialement de 4 journées de suspension, couplées d’une amende de Rs 50,000, pour sa monte sur Quatro Five Six lors de la 4e journée, le 30 août dernier, constitue un véritable camouflet pour le board des commissaires de la Horse Racing and Integrity Division (HRID) et la Gambling Regulatory Authority (GRA).
Pour rappel, Perez avait fait l’objet de vives critiques car il s’était apparemment livré à une lutte sans merci aux avant-postes avec le favori Alpine Challenge (Mansour), une démarche qui avait non seulement été préjudiciable aux chances de son coursier, mais qui avait aussi nui aux chances du protégé de l’écurie Foo Kune.
L’état-major de cet établissement n’avait, d’ailleurs, pas caché son indignation à l’issue de cette épreuve, estimant que Perez avait délibérément gunned down Alpine Challenge.
D’emblée, il est important de préciser que le comité d’appel n’a en aucun cas dédouané Perez pour sa monte. Au contraire, il a estimé qu’il y avait suffisamment d’éléments pour l’interroger sur sa tactique pendant la course. Toutefois, compte tenu de plusieurs manquements des commissaires au niveau des procédures d’enquête, le comité a conclu à l’unanimité que le jockey Perez n’avait pas bénéficié d’un procès équitable.
Il est bon de souligner que l’enquête fut menée le 2 septembre par les commissaires Julia Keevy, Yahia Nazroo et Patrick Merven. Étant souffrant, le Chief stipe, Stephane de Chalain, n’était pas présent. De par son expérience, on peut penser, au vu des faits, que son absence s’est cruellement fait sentir lors de cette enquête.
Dans son verdict, le comité Ramburn a dénoncé clairement la manière dont l’enquête a été menée. Le paragraphe 18 souligne qu’au vu des questions adressées à Perez au cours de l’enquête, il leur a semblé que les RS (Racing Stewards) avaient déjà préjugé l’affaire, avant même d’avoir écouté les arguments du jockey !
«By their questioning style, it may also seem that the stewards came in the inquiry with an already made-up mind, therefore denying the jockey a fair hearing», peut-on lire dans le jugement.
L’ironie du sort est que la HRID a instauré une nouvelle pratique depuis le début de la saison, interdisant aux journalistes de poser des questions à l’issue d’une journée de courses, sous le prétexte que les RS ne souhaitaient pas être influencés en vue des futurs enquêtes.
Toujours est-il qu’à la lecture du jugement du comité d’appel, leur partialité au cours de l’enquête était flagrante et on souhaiterait qu’ils nous disent qui a bien pu les influencés sur ce coup-là ?
Le comité Ramburn a, par ailleurs, observé que l’enquête était centrée sur le fait que le jockey, selon les commissaires, «was urging» son cheval entre le 1000m et le 700m. Si Perez a nié cela en s’appuyant sur le film, le comité a noté que Julia Keevy et Yahia Nazroo lui ont adressé plusieurs questions (Ndlr : au moins 9 questions) à ce sujet, alors même, que le «footage confirmed the jockey’s version».
Selon le jugement, les commissaires n’ont pris en considération qu’une partie des explications de Perez, ignorant certains points essentiels de sa défense.
Pire, ils ont fini par «charge» le jockey «for failing to give his horse a breather» entre le 1000m et le 700m alors que cette question n’a JAMAIS été soulevée au cours de l’enquête !
«It was never put to him that he ‘failed’ to give his horse a breather. And yet he was charged with failing to to give the horse a breather...», note le rapport.
En résumé, Perez a été blanchi parce que le comité d’appel a jugé que les RS ont agi de façon arbitraire, en l’accusant d’un manquement qui ne lui avait jamais été soumis durant l’enquête !
Qu’on se le dise, le constat du comité d’appel est accablant pour les commissaires.
Les manquements flagrants relevés par le comité devraient interpeller les responsables de la GRA au sommet de la hiérarchie. Si Perez a échappé au couperet, c’est en grande partie grâce à l’amateurisme voire l’incompétence du board qui l’a sanctionné.
Il est évident qu’on ne peut plus continuer dans cette voie car la crédibilité de l’institution ainsi que celle de nos courses en dépendent. Il ne faut pas oublier que les membres du board actuel sont désormais grassement payés des deniers publics et dans ce contexte, il est impératif qu’ils nous rendent des comptes.
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