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Affaire Menlo Park
Aditi Boolell : «J’ai tout dit, je n’ai rien à cacher»
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Affaire Menlo Park
Aditi Boolell : «J’ai tout dit, je n’ai rien à cacher»
C’est dans les locaux de l’Anti-Money Laundering Unit (AMLU) du Central Crime Investigation Department (CCID) que s’est joué un nouvel épisode de l’affaire Menlo Park hier. Aditi Boolell, Company Secretary de la société, a été interrogée pendant presque quatre heures sur les rouages internes de l’entreprise, les enregistrements devenus publics, et les affidavits successifs déposés depuis janvier.
À sa sortie, elle s’est voulue apaisée : «J’ai dit toute la vérité, je n’ai rien à me reprocher… tout va bien.» Son avocat, Me Nirakar Hawoldar, parle d’une séance «satisfaisante et transparente», estimant que sa cliente a permis aux enquêteurs «de comprendre la chronologie et la nature exacte des opérations de Menlo Park». Les officiers de l’AMLU ont notamment soumis à Aditi Boolell la transcription complète de l’appel (déjà public et très connu) enregistré entre elle, Stéphane Adam et Tevin Sithanen.Sans hésiter, elle a confirmé l’authenticité du document et a accepté une éventuelle identification formelle de la voix de Tevin Sithanen.
Selon ses explications, cet échange faisait suite au refus catégorique par Stéphane Adam d’un prétendu Sithanen Deal, évoqué lors d’une rencontre au domicile de Rama Sithanen. Ce dernier aurait, selon l’affidavit de Menlo Park, juré en octobre de cette année, proposé un financement de 6,3 millions USD via la Mauritius Investment Corporation (MIC) en contrepartie d’un soutien politique à l’approche des élections générales de 2024.
Dans sa déposition, Aditi Boolell a aussi accusé Rama Sithanen, son fils Tevin, ainsi que Ziyad Bundhun et son épouse Dilshaad Bundhun d’avoir conspiré pour fabriquer un dossier contre Menlo Park, après la rupture du projet d’investissement. Cette audition intervient dans le sillage d’une série d’enquêtes croisées visant Menlo Park Ltd et la MIC.
La société, dirigée par Stéphane et Mary-Queenie Adam, avait obtenu un prêt de Rs 45 millions de la MIC le 17 octobre 2024, débloqué quelques jours plus tard. Une opération que les enquêteurs considèrent désormais comme un trigger point dans la chronologie des soupçons.
Peu après, un enregistrement vocal attribué à Tevin Sithanen, où il lançait : «MIC dan nou lame», a semé la controverse. Dans un affidavit, Mary-Queenie Adam a ensuite dénoncé des pressions politiques, affirmant que des commissions occultes avaient été réclamées. Rama Sithanen a, pour sa part, nié toute implication, qualifiant ces allégations de «mensonges absurdes».
L’audition d’Aditi Boolell confirme que le volet opérationnel de l’enquête entre dans une phase plus précise : identification des interlocuteurs, retracement des appels, et analyse des flux financiers entre Menlo Park, ses filiales, et la MIC.
Les enquêteurs veulent aussi comprendre les interactions entre la société et certains fonctionnaires de la Banque de Maurice à l’époque de la transaction. Aucun further statement n’est prévue à ce stade. En ressortant des locaux de l’AMLU, Aditi Boolell n’a pas cherché à fuir les caméras. «J’ai dit tout ce qu’il fallait dire, et tout va bien», a-t-elle répété.
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