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Agressions à la prison de Melrose

Trois gardiens suspendus avec effet immédiat

5 novembre 2025, 05:30

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Trois gardiens suspendus avec effet immédiat

Trois officiers pénitentiaires ont été suspendus avec effet immédiat, à la suite du rapport accablant publié par la National Human Rights Commission (NHRC) concernant l’intervention musclée menée le 17 juillet à l’Eastern High Security Prison (EHSP) de Melrose. Une procédure disciplinaire a été enclenchée contre eux. La nouvelle est tombée hier après-midi.

Selon les conclusions de la NHRC, l’opération, menée par des unités spécialisées ce jour-là, a été marquée par un usage disproportionné de la force et un manque total de protocole de désescalade avant l’assaut. L’enquête souligne que des détenus pourtant obéissants ont été frappés, piétinés, contraints de se déshabiller et de s’allonger face contre terre – une pratique jugée humiliante et dégradante. Dans un cas particulièrement choquant, un prisonnier aurait même été rasé de force.

La commission estime que ces actes constituent une violation flagrante de l’article 7 de la Constitution mauricienne, qui interdit tout traitement inhumain ou dégradant, ainsi qu’une transgression des normes internationales relatives aux droits humains.

Le rapport fait également état de blessures légères infligées à plusieurs détenus, tout en soulevant des soupçons de contrebande impliquant certains gardiens. Il appelle à des réformes urgentes au sein du système carcéral, notamment à l’instauration de procédures claires, transparentes et respectueuses des droits humains, et à une lutte renforcée contre la corruption dans les établissements pénitentiaires.

L’incident à Melrose avait suscité une vive émotion, plusieurs vidéos ayant circulé sur les réseaux sociaux. Des familles avaient eu vent que leurs proches incarcérés avaient été tabassés injustement s’étaient rendus devant la prison dans le but de les rencontrer. Ils avaient denoncés le cas et ce qui a conduit à une enquête interne et à l’ouverture d’une enquête indépendante par la NHRC.

Sur le plan médical, la NHRC avait en effet reçu plusieurs plaintes de familles de détenus signalant des blessures graves à la suite de l’intervention. Le 17 juillet, quatorze détenus se sont présentés au médecin de la prison en se plaignant de douleurs corporelles généralisées et ont reçu des antidouleurs. Le Principal Nursing Officer a déclaré avoir examiné quarante détenus et constaté chez certains des ecchymoses et abrasions mineures. Le rapport mentionne également le cas d’un détenu, identifié comme R., qui avait prêté serment, affirmant avoir subi de multiples fractures. Cependant, l’examen médical effectué à l’hôpital Jawaharlal Nehru a infirmé ces allégations, ne révélant qu’un kyste bénin au poignet gauche.

Avec la suspension des trois gardes-chiourmes, les conclusions de la commission viennent confirmer les dérives dénoncées par les associations de défense des droits humains et remettent en lumière la nécessité d’une réforme profonde du système carcéral.

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