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Silence brisé après 20 ans

Sous couvert de prières, il lui vole son enfance

1 novembre 2025, 13:00

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Sous couvert de prières, il lui vole son enfance

Photo d'illustration.

C’est un témoignage bouleversant, une plaie rouverte après deux décennies de silence. Une femme, aujourd’hui âgée d’une trentaine d’années, a trouvé le courage de dénoncer ce qu’elle aurait subi alors qu’elle n’était qu’une enfant. Les faits remontent à 2004. À l’époque, elle avait 14 ans. Sous prétexte de prières destinées à «chasser le malheur» de sa famille, un homme s’est introduit dans leur vie – et aurait profité de la crédulité et de la détresse d’un père sans emploi pour commettre l’irréparable.

Le témoignage de la jeune femme, au poste de police de sa localité, rappelle avec force que les violences sexuelles n’épargnent aucun milieu et que la religion, la confiance ou la pauvreté sont trop souvent utilisées comme armes de domination. Derrière les discours mystiques, les soi-disant prières et les autels se cachent parfois les pires abus. En brisant le silence, cette femme ne parle pas seulement pour elle – elle parle pour toutes celles et tous ceux qui ont été trompés, manipulés et blessés par des individus se prétendant «guidés par Dieu». Elle réclame justice, mais aussi reconnaissance, respect et réparation.

Tout a commencé lorsqu’un prétendu «homme de foi» s’est présenté comme capable d’apporter chance et bénédictions grâce à des rituels spirituels. À cette époque, son père ne travaillait pas. Il a alors fait la connaissance de cet individu. Gagnant la confiance du père, il s’est d’abord rendu au domicile familial, installant un autel dans la chambre de l’adolescente. Puis, il a proposé de poursuivre les séances chez lui. C’est là que les abus auraient commencé.

Un jour, alors qu’elle se retrouvait seule avec lui dans une pièce de prière, l’homme lui aurait dit qu’il avait reçu «un message divin». Selon lui, elle seule pouvait sauver sa famille de la malchance. S’en sont suivis des gestes monstrueux. Sous l’autorité de la peur et de la manipulation, l’adolescente aurait subi des actes sexuels répétés, contraignants, dissimulés derrière des rituels soidisant sacrés.

«Purification», «stade spirituel», «épreuve divine»

Ce calvaire se serait étalé sur plusieurs mois. À chaque «séance», le prédateur aurait trouvé une nouvelle justification pseudo-religieuse, «purification», «stade spirituel», «épreuve divine». À chaque fois, la peur, la honte et la culpabilité muselaient l’enfant. Elle pensait que son silence était nécessaire pour protéger les siens. Jusqu’au jour où la douleur a pris le dessus sur la peur. Des années de cela, elle a eu le courage d’en parler à sa mère.

Vingt ans plus tard, cette femme a décidé de dénoncer son agresseur. De dénoncer ce qu’elle a tu pendant toutes ces années. De briser le silence qui étouffe tant de victimes. De dénoncer, enfin, ceux qui se servent de la foi pour détruire.

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